Je m'étais pourtant bien juré de faire une pause dans les notes sur la Bretagne... Parce que n'oublions pas que les Bretons représentent ici moins de 50 % de mes visiteurs (et de mes blogs amis aussi d'ailleurs). Peut-être seulement 1/3. Je ne voudrais donc pas abuser des bonnes choses et saouler mon auditoire... :)))

Mais là, c'est plus fort que moi. Je suis très remonté.

Voici une petite réponse à un certain nombre de recherches Google qui aboutissent sur mon blog (tels que 'patois breton', 'sale mentalité bretonne', etc).


Si pour vous, le breton est un patois,

Si vous considérez que les Bretons donnent dans le communautarisme et menacent la République,

Que "pour eux, les autres cultures c'est de la merde" (vu aussi en remontant mes stats Google !),

Alors lisez au moins ceci :

En remontant mes fameuses stats, je suis tombé sur des choses vraiment... affligeantes. Mais pas des choses provenant d'extrémistes ou qui sais-je. Non, de gens soi-disant intelligents, même des Français vivant à l'étranger (un Parisien en Suède par exemple).

Du genre ?

> " Ca ne m'intéresse pas de rétablir les langues de trou-perdu ou de trifouilli les oies. Ca ne m'intéresse pas de revenir à la France féodale où d'une région à l'autre on ne se comprenait pas. Ceci, même après François Ier qui avait fait un effort d'unification. Unification que certains veulent détruire. Le but des langues, c'est d'être compris, de faciliter la communication, que chacun se renferme dans son petit clocher, je ne trouve vraiment pas ça positif. Je suis allé au Luxembourg, certains se plaignent que la langue française soit si envahissante. Moi, j'ai envie de leur dire : "Qui comprend le luxembourgeois, à part le petit Luxembourg ?"

Mais là, c'est encore soft.

J'ai trouvé ça, aussi :

> " Avec le français on va dans des pays comme la Belgique, la Suisse, le Québec, l'Afrique francophone, etc. Où va-t'il aller le Breton-bretonnant avec son breton chéri-adoré ? Nulle part ! De toute façon, comme à part la Bretagne tout le reste c'est de la m***e, il s'en fiche. "

Ou bien encore ça :

> " Comme je vois que tout le monde veut revenir à la France du moyen-âge, je n'ai plus qu'à m'en aller (...) Je n'ai pas dit qu'apprendre le breton empêchait d'apprendre le français, seulement il y en a qui aimeraient bien que l'on ne parle plus français en Bretagne, à l'image de ces Bretons qui remplacent les panneaux écrits en français par des panneaux en breton. "

Ca :

> " De toute façon, à l'heure de la mondialisation, c'est une perte de temps. Il vaut apprendre au moins le français et l'anglais. Des personnes douées peuvent aussi apprendre l'allemand et anticiper avec le chinois, là c'est utile si elles veulent partir en voyage ou s'expatrier. Si elles veulent aussi apprendre des langues mortes comme le breton si ça les amuse, mais qu'elles ne viennent pas les imposer. "

Et enfin :

> " Qu'est-ce que c'est 1,5 million, par rapport à 6 milliards d'habitants ? Qu'est-ce que ça représente, la Bretagne, sur un globe terrestre ? "

C'est fort, tout ça. Je pensais que les mentalités avaient évolué...

Si considérer que 1,5 million de personnes à l'échelle de 6 milliards (en réalité 3,1 ou 4,3 millions d'habitants en Bretagne sans ou avec la Loire-Atlantique) ne justifient pas que l'on reconnaisse leur culture, leur langue, alors c'est la porte ouverte à toutes les extrêmes... Que valent alors 3,4 millions d'Arméniens, 3 millions de Kurdes turcs, 500 000 Francophones du Val d'Aoste ou 200 000 Lapons ? Il y a un seuil minimum pour avoir droit au respect de sa culture ?

Et que dire des arguments très méprisants sur les locuteurs de ces langues ? Ils sont passéistes, arriérés ? De quel droit les nier, les empêcher de vivre leur culture ?

Et que dire encore de ce type de raccourcis : personne attachée à sa culture régionale = régionaliste = indépendantiste considèrant les autres comme de la merde ? On croit rêver.

C'est oublier que, si seulement 20 % des Bretons parlent le breton (et environ 30-40% qui ont des notions), 90 % d'entre-eux (sondage TMO) se disent attachés à la langue bretonne et que 90 % également d'entre eux se disent opposés à l'indépendance de la Bretagne ! Il n'y a pas de lien nécessaire, systématique, entre être attaché à une langue régionale et vouloir quitter la France !

La grande majorité des parents qui inscrivent leurs enfants dans une école bilingue ne sont pas des militants, ni des indépendantistes.

Ils aspirent simplement à transmettre une culture originale, millénaire, vivante (et pas morte, contrairement à ce que certains laissent penser).

Ils refusent l'idée d'une soit-disante inéluctable uniformisation. Ils sont d'ailleurs très très souvent aussi bien attachés au français et au maintien du français face à l'uniformisation par l'anglais.

Le bilinguisme breton ne veut pas dire remplacement du français par le breton. Il veut dire français ET breton (et vice-versa). D'ailleurs, toutes les études ont prouvé que l'acquisition d'une langue conforte une autre. Ils sont d'ailleurs beaucoup, dans ces écoles, à apprendre en même temps l'anglais dès la maternelle (et à être donc trilingues).

J'ai l'impression de me répéter. Mais voilà... Mon blog est visiblement visité par pas mal de personnes qui pensent comme cela et ça me chagrine. J'espère au moins que certaines d'entre-elles liront cette note, éventuellement viendront débattre.

Et j'espère que certains, dans leurs recherches sur le net sur le patois breton ou sur leur sale mentalité aboutiront ici, même si je doute que cela change leur opinion bien arrêtée sur la question...


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Et longue vie aux panneaux bilingues !