B u h e z U r V a l a f e n n

Le blog d'un journaliste repenti

20 décembre 2007

DE L'IMPACT DU NATURISME SUR LE PIB/HABITANT

Pour parfaire l'inclination naturelle de ce blog (cf mes recherches par mot clef les plus récurrentes), je voudrais aborder avec vous l'impact du naturisme sur le Produit intérieur brut par habitant.

Indiscutablement, cette thématique n'a été que trop négligée par les principales organisations internationales de tous poils.
Considérant d'abord que le premier effet macro-économique du naturisme est de ne pas recourir à la production et encore moins à la consommation de vêtements, on peut d'ores et déjà déduire que le secteur habillement compterait pour 0 % du PIB contre environ 3 % dans une économie occidentale dite ouverte (à tous vents). De ce point de vue, on enregistrerait déjà un impact de -3 %.

L'économie naturiste accuserait-elle le coup pour autant ? Pas si sûr. Car une telle propention nécessiterait un recours accru au chauffage domestique. Résultat : le secteur de l'énergie s'en trouverait sérieusement boosté. Or, nous touchons là un pan de l'économie à forte valeur ajoutée, alors que le textile est l'exemple type d'une activité de main d'œuvre à faible coût.
Néanmoins, on peut raisonnablement penser que cette surconsommation énergétique ne compenserait pas les pertes totales du secteur textile. Nous tablerons donc plutôt sur un impact culmulé de -3+2=-1 % sur le PIB.

D'une manière plus marginale, d'autres effets macro-économiques pourraient être de toute évidence constatés :
- Une chute de 100% du marché des serviettes féminines...
- Une compensation par le marché des tampons.
- Une chute du marché des couches culottes.
- Une hausse du marché de la maroquinerie (sacs à main, bandanas... pour compenser l'absence de poches).
- Une hausse de la fréquentation des salons d'esthétisme et de la consommation de produits épilatoires.
- Une baisse du marché des déodorants (réduction substantielle des pieds qui puent dans les chaussettes, notamment).
- Une forte hausse du marché des crèmes solaires.
- Une suractivité des services dermatologiques.
- Une hausse de la consommation de médicaments contre les rhumes, les coups de froid, compensée par une baisse des ventes de viagra (quoi que cela peut dépendre du type de public fréquenté - une étude danoise a ainsi observé une forte surconsommation de viagra auprès des salariés naturistes mâles en milieu gériatrique) voire d'antidépresseurs.
On peut également s'interroger sur l'impact du naturisme sur les naissances. Nous touchons là du doigt l'une des principales variables. On peut globalement suputer un sensible pic. Les démographes les plus au fait sur la question tablent ainsi sur un impact à la hausse de l'ordre de quelques pourcents. Or, toute augmentation de la natalité a, dans les économies occidentales, tendance à augmenter le dynamisme économique sur le moyen et le long terme, principalement en raison de la hausse du nombre de consommateurs.

Au vu de tous ces paramètres, il est raisonnable de penser qu'au bout du compte, le naturisme aurait une incidence légèrement positive, de l'ordre de 1 voire 2 % du PIB.
Ce qui équivaudrait à la bagatelle de 250 000 à 500 000 emplois. Le voilà, le fameux choc de croissance...

Sur ces considérations, je vous souhaite à toutes et à tous un joyeux Noël !


papanoel_poil


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18 décembre 2007

BAS LES CARTES !

Août 98.
Voilà deux jours que je suis rentré de Bourgogne. Fin de mon CDD de trois mois, qui fait lui-même suite à un an et demi de piges à Paris. Je reviens d'un remplacement de secrétaire de rédaction dans un quotidien, où j'aurais bien fait mon trou. Peine perdue. Les promesses de contrat indéterminé n'étaient qu'un leurre pour motiver les remplaçants d'été. Je m'y voyais tellement bien que j'y ai cru. Forcément.

Et puis, le job avait plutôt de la gueule. J'étais chargé de la mise en page des locales d'une édition de l'Est du département. Le travail avait ceci de particulier que la mise en page avait été scrupuleusement partagée entre des journalistes et des ex typographes du syndicat du Livre. Chacun gardant jalousement ses prérogatives. Vu de la rédac, le "Plateau" [surnom du pool de travail du syndicat du Livre] avait un côté camp retranché. Une citadelle imprenable où les derniers représentants d'une espèce en voie de disparition semblaient jouer leur survie à coup d'accords improbables. Ainsi, avait-il été convenu sur un nombre bien défini de pages de confier le montage aux journalistes sur un simili de X-Press maison. Mais au lieu d'envoyer lesdites pages au flashage, nous nous contentions de faire des sorties imprimante et de les transmettre au Plateau... quelques bureaux plus loin. Là-bas, les ouvriers du Livre remontaient nos pages, exactement de la même manière, mais avec leurs techniques ancestrales bien à eux.

Condamné à une mort prochaine pour cause de non renouvellement des départs, le Plateau était assiégé. Un journaliste n'était-il pas préposé tous les soirs à la clôture, au cul des rotatives, dans le fief même du Livre ? N'était-il pas chargé de vérifier chaque page, de signer tous les BAT [bons à tirer] ? Inutile de dire que l'humiliant contrôle entérinait la primauté d'un monde sur un autre. Se voir avaliser ce travail séculaire par un jeune SR saisonnier n'était pas un enchantement. On m'avait d'ailleurs prévenu : " Fais gaffe. Il arrive que des pages soient "oubliées" et envoyées directement sur les rotos. "
Je m'étais beaucoup plu dans cet univers. Mais je n'avais pas encore goûté véritablement au terrain. Pigiste, je n'avais fait que du desk, à quelques exceptions près (un article à l'IUT de Champs-sur-Marne et quelques conférences de presse).
Le terrain, au fond, je ne l'avais approché qu'à l'occasion des journaux-école, à Toulouse. Quelques sujets sur l'église Saint-Cyprien, sur le trafic de stupéfiants place Wilson. Quelque tentative infructueuse sur les femmes à barbe de Gimont.

Août 98, donc. Voilà deux jours que je suis revenu à Paris, où ma future femme travaille. L'actuelle instit bretonnante est alors responsable de production dans la confection, dans le Sentier, et a davantage l'occasion de travailler avec des Nipons qu'avec des Bretons. Elle n'a pas encore pris la direction de Lorient.
Je trouve sur mon répondeur le message d'un rédacteur en chef pour un CDI dans un hebdo breton, où j'ai postulé dès le début de mon contrat à Dijon (j'avais bombardé Paris et la Bretagne de CV). Le poste de rédacteur est conditionné par une période d'essai de quinze jours. Il me parle de Plo****l. Je comprends Plou*****l.

Plou*****l, à côté de Carnac et de Quiberon ! Je me vois les pieds entre deux thalassos !
Je fonce.
Tant pis pour la vie de couple qui s'annonçait de nouveau sous les toits de Paris. On fantasme déjà depuis pas mal de temps sur la Bretagne. Message le lundi. Arrivée en gare d'Auray le mercredi matin. Gîte suranné loué pour 15 jours la demi-heure qui suit mon entrée en gare, sur le chemin du centre ville. Le mercredi à 14 h, je rencontre mon futur patron au nom de famille prédestiné.

Il m'avait bien gardé de dire que j'étais en concurrence avec trois autres jeunes journalistes. Mais qu'importe. Je vais remporter la mise à l'issue d'une période d'essai transformée au fil du temps en 4x15 jours (soit beaucoup de CDD). Fin octobre arrive vite, dans mon gîte sans chauffage. Mais je suis motivé comme jamais. J'ai pris goût au terrain. En deux mois, j'ai déjà sillonné tout Quiberon, Carnac, Auray, Etel. Allumé un projet de faux chantier ostréicole-vrai appartement avec vue sur mer dans la bande des 100 mètres. Retissé les liens avec une asso importante de la région qui ne voulait plus entendre parler du journal pour cause d'animateur accusé à tort d'être membre d'une secte*. Séparé Quiberon du continent. Dévoilé une affaire de détournement de fonds... Mon rédac-chef qui n'a pas d'atomes crochus avec moi et n'apprécie pas tellement mes origines pays-de-loiriennes [je crois qu'il m'a longtemps tenu personnellement responsable de la séparation du 44 de la Bretagne] le reconnaît le premier :
" Il pisse la copie. "
De sa propre bouche. Jusqu'à 5 articles/jour. Ma vessie n'a d'ailleurs plus jamais égalé ce rythme frénétique.
Dans les tous derniers jours d'octobre, le rédac chef Cédédo-compulsif prend sur lui pour rompre la série en m'octroyant le poste tant convoité à Plo****l. Bien évidemment, j'ai entre temps appris que Plo****l n'était pas à confondre avec Plou*****l et distant de 60 km de la mer. Mais qu'importe, je suis aux anges.

* NDLR : il est intéressant de noter que le journaliste de l'époque avait une fâcheuse tendance à voir des fidèles partout. Son licenciement en août 98 était d'ailleurs précisément à l'origine du poste à pourvoir. Non pas, toutefois, en raison de ses visions secto-addictives, mais bien d'une tendance affirmée au harcèlement sexuel et au lancer de cendriers.

L'harceleur sera donc remplacé par un harcelé.

(à suivre)

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07 décembre 2007

L'HISTOIRE TIRÉE AU CORDEAU

Des pans occultés, méconnus, en particulier de l'histoire officielle, celle des livres scolaires notamment.
Ainsi, la francophonie en Afrique-du-Sud, composante non négligeable de la population afrikaaner. Environ 20 % de la population blanche sud-africaine porte un pseudonyme francophone. On se souvient du dernier président de l'apartheid : Frederik de Klerk (descendant direct des Le Clercq). Pas très flatteur, n'est-ce pas ?
Plus glorieux : l'équipe de rugby, lors de la dernière coupe du monde, est un autre exemple avec ses de Villiers, du Plessis, de Klerk...
Fourie, du Toit, Marais, Fouche, Hugo, Joubert sont également des patronymes répandus. C'est qu'une proportion non négligeable de Huguenots français s'expatrièrent après la révocation de l'Edit de Nantes en Afrique du sud via les Pays-Bas. La colonie francophone (178 familles au départ) y a fait souche entre 1688 et 1691. Les administrateurs de la Compagnie d'Afrique du sud firent appel aux huguenots pour développer l'agriculture et la viticulture. Des terres leur furent allouées, essentiellement dans une région située à une soixantaine de kilomètres au nord-est du Cap, entre Paarl et Franschhoek (litt. le « coin des Français »).
Relativement bien accueillis au départ, les francophones d'Afrique du sud furent assez vite priés d'abandonner leur culture. Méthodes non sans rappeler ce qui s'est passé par la suite dans certaines régions de France. Il leur fut interdit de recourir à des instituteurs ou des pasteurs français. En moins de deux générations, vers 1730, la langue française avait disparu.

Par cette note, je n'entends pas abonder dans la culture de la repentance tant décriée par certains politiques... Montrer un quelconque côté obscur de la francophonie. De grâce, je n'entends pas non plus louer les liens franco-afrikaans, encore moins !

Je suis simplement, à chaque fois que l'occasion se présente, interpellé par cette vision quelque peu monolithique de l'Histoire de France. Monolithique, implacable, qui déroule une sorte d'évolution irréversible et linéaire depuis l'homme de Cro-magnon jusqu'au Français (un et indivisible, cela va de soit), en passant par les Gaulois et la civilisation romaine.
J'avoue avoir un faible pour les itinéraires méconnus, anecdotiques, pour les allers et venues, les détours, les travers, les circonvolutions ou les mélanges improbables. On m'objectera que ce creuset, justement, forme un tout. Je répondrai : oui, il forme un tout. Mais le tout ne doit pas faire oublier chacune de ses composantes. Je retiendrais autant l'allure générale de l'arbre que chacune de ses branches, qu'elles soient éloignées ou proches du tronc, maîtresses ou secondaires, si d'ordinaire je considérais que la France est un arbre. Mais en réalité, cela serait me contredire : la France n'est déjà qu'une branche parmi d'autres. En aucun cas le tronc ou les racines.
Du reste, oublions la métaphore de l'arbre. On en trouvera toujours qui diront : " Il faut savoir tailler un arbre pour le fortifier. "
Le danger guettera tant que l'homme aura du mal à laisser faire la nature...


arbre_mort

Posté par ar valafenn à 15:28 - MAIN MENU - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2007

CQFD, BB

Dans quelques mois, ses premiers pas à l'école.
J'y pense. L'échéance approche. L'enjeu m'apparaît plus important, plus crucial, plus déchirant qu'il ne le fut pour son frère aîné. Je ne m'étais pas tellement posé la question. Travaillant à l'extérieur, la coupure avait été faite depuis longtemps, depuis la fin de mon congé paternité de 11 jours. Alors, qu'il aille à l'école... Ca ne changeait pas grand chose pour moi.
Là pas.
Le syndrôme est tout trouvé. Le syndrôme post-congé paternel : je l'ai gardé pendant plus de 2 ans et demi. Depuis sa naissance.

Les six premiers mois furent d'ailleurs assez particuliers : n° 2 a grandi en étant élevé par ses deux parents ensemble. Moments un peu coupés du monde. Le rythme frénétique s'était arrêté brutalement, le jour même de sa naissance. La veille, nous travaillions encore, chacun à notre bout opposé du département.
Le jour J, tout s'est donc arrêté net. Ma femme a accouché avec un mois d'avance, interrompant là une formation de six mois heureusement parvenue presque à son terme. Il ne lui restait plus qu'à passer ses oraux - ce qui fut fait 2 semaines après la naissance.
Pendant toute la grossesse, jusqu'au jour-même de l'accouchement, elle n'aura donc pas cessé un seul jour de travailler. Ou plutôt, d'étudier. Car notre deuxième enfant a grandi dans le ventre de sa mère, baigné par dans les leçons de sa formation intensive à la langue bretonne.

L'été 2005 fut assez exceptionnel. Tous les quatre ensemble. Avec l'impression de passer des vacances de huit semaines au bord de la mer. Nous y avons d'ailleurs pris goût, en renouvelant l'expérience les deux étés suivants.

Dans quelques semaines, une nouvelle page va donc se tourner.
J'ai du mal à imaginer ce gros bébé de près de trois ans sur les bancs de l'école. Il va lui falloir lâcher son baigneur, qu'il traîne partout. Il est fasciné par les baigneurs. Dans les catalogues de Noël, il entoure ou coche tous les bébés qui lui tombent sous le stylo. Il adore également les accessoires : poussettes, tables à langer... Tout ça.
Nous nous sommes interrogés sur cette passion puéricultrice dévorante. Une explication retient notre attention : "élevé" en bonne partie par son père, il n'a pas intégré le schéma plus classique : ce sont les mamans qui élèvent les bébés. Donc, s'occuper d'un bébé est une affaire de fille. CQFD.

Non, pour lui, c'est une affaire de garçon comme c'est une affaire de fille. Je pense qu'il ne fait pas de différence.


cata_b_b_


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02 décembre 2007

TEMPÊTE DE L'INTÉRIEUR


Première tempête de l'année. Quelques photos prises ce midi - sans flash !


miz_kerzu_1


Décembre, miz kerzu en breton (litt. : le mois très noir). Pas faux.


miz_kerzu_2


Histoire de changer un peu, voici quelques clichés pris de l'intérieur de chez nous. Nous ne sommes pas sortis ce matin. On aurait pu, car la tempête n'est pas ici à son paroxysme : elle devrait davantage toucher le Finistère, les Côtes d'Armor, le Cotentin et la Picardie.


miz_kerzu_3


Posté par ar valafenn à 13:37 - MAIN MENU - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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