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EDIT DU 12 SEPTEMBRE. Avec 645 voix pour, 26 contre et 29 abstentions, la motion déposée par le député François Alfonsi pour la reconnaissance des langues régionales au patrimoine de l'Union européenne a été largement adoptée au Parlement de Strasbourg. Il a fallu moins de deux minutes en séance plénière pour obtenir un tel résultat. Pour cela, un long travail de lobbying a été mené (deux ans de travail et 174 amendements !) par l'intergroupe des cultures traditionnelles et des langues régionales, composé d'une quarantaine de députés. Parmi les votes contre, ceux des députés du Front national et celui de Jean-Luc Mélenchon.

Le rapport se veut très offensif. " Il va, très loin, dans la recherche du consensus tout en faisant des propositions solides. On s'attendait à des oppositions, à devoir accepter un texte affaibli par le jeu des amendements. Au bout du compte, toutes les oppositions sont tombées, le texte a gardé toute sa force. C'est une double surprise qui montre bien que la construction de ce rapport a permis de faire progresser les idées et que nous avons été compris".

En s'appuyant sur le Traité de Lisbonne, il prône 38 mesures, dont bien évidemment la ratification de la charte européenne, qui reste cependant du ressort des Etats membres. Ce rapport d'initiative qui est un signal fort - mais ne reste qu'un signal fort... - va sortir l'Union européenne d'une longue période de diète à l'égard de ses langues régionales : les crédits avaient même été coupés ces dernières années. Désormais, la valorisation des ressources culturelles, qui inclut la sauvegarde et le promotion des langues menacées, va pouvoir s’ouvrir aux fonds européens, dès la prochaine période de programmation 2014-2020, notamment les fonds FEDER, FSE (Fonds social européen), FEADER et de coopération transfrontalière. Ces ouvertures de fonds ont déjà été actées et seront, à priori, votées à la deuxième session d’octobre.