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 Photo : compte twitter d'emmanuel macron

Les Bretons aiment Macron. Macron le leur rend bien : déjà deux déplacements en Armorique sont à son actif. Après les Côtes d'Armor en mai - et sa présence aux obsèques de Corinne Erhel - cap sur Saint-Nazaire, Vannes, puis Étel et Lorient début juin. Emmanuel Macron s'est notamment rendu au Crossa d'Étel, l'un des trois centres de surveillance maritime de l'Hexagone, qui couvre en l'occurrence l'ensemble du Golfe de Gascogne. Au caractère militaire donné à sa visite, qui l'a ensuite menée à la base des fusiliers marins et commandos de Lanester, s'ajoutait un autre volet, économique : le chef de l’État a rencontré de nombreux acteurs de la pêche au port de Keroman, le premier de France en valeur et le deuxième après Boulogne en volume. Une première depuis 1985.

Aux côtés du ministre des Affaires étrangères, le Lorientais Jean-Yves Le Drian, le président du port de Keroman, Maurice Benoish ou encore le président du comité régional des pêches, Olivier Le Nezet, ont évoqué les intérêts français à l'heure du Brexit.

La sortie du Royaume-Uni rebat les cartes, les Britanniques entendant renégocier les droits de pêche dans leurs eaux territoriales. Emmanuel Macron a rappelé que le rattachement de la pêche au ministère de l’Agriculture était un signe de la volonté de mieux défendre la filière : à Bruxelles, un ministre français de l’Agriculture pèse davantage qu’un secrétaire d’État aux Transports. Il a rappelé son intention de défendre à Bruxelles des quotas de pêche pluriannuels plutôt que chaque année, dans un souci de visibilité. Si la pêche est désormais du ressort du ministère de l'Agriculture, la mer incombe au ministère de la Transition écologique et solidaire de Nicolas Hulot, rétorquent les pêcheurs qui redoutent d'importants tiraillements entre ministères et, à l'arrivée, une moindre prise en compte de leurs intérêts vitaux. Et d'aller vers une prise en compte des enjeux de la mer par un haut-commissariat directement rattaché au Premier ministre.

Autre problématique : le renouvellement de la flottille, âgée de 25 ans en moyenne. Le rajeunissement des navires et de la profession doivent être facilités, a défendu le président. Les quotas de pêche de certaines espèces ont été assouplis, au vu des efforts accomplis et du meilleur renouvellement de la ressource. Les pêcheurs français et notamment bretons (50 % de la capture dans l'hexagone) ont rappelé la nécessité d'une plus grande visibilité économique et d'outils à la mesure des enjeux de modernisation. Loin de s'opposer systématiquement aux questions environnementales, les pêcheurs avancent d'ores et déjà sur la voie d'une réduction de la consommation de carburants depuis plusieurs années. Un mouvement qui ne demande qu'à pouvoir être amplifié.