Daïk, chapitre 30 - Ran niver daou

DAOU – 2 –

 

 

L’ENFANT.
—Chante-moi la série du nombre deux.

LE DRUIDE.
— Deux bœufs attelés à une coque ; ils tirent, ils vont expirer ; voyez la merveille !

 

lettre typo celtique D

ES PAS CLAQUENT DERRIERE LUI. DAÏK EST SURPRIS par une présence : un homme vient de sortir du troisième édifice, à côté des voitures estampillées « GB ». Il sort une petite tige de sa poche qu’il porte à sa bouche.

"Attention, présence de propylène glycol, glycérine végétale, alcool, oxygène, hydrogène !", songe l'extraterrestre.

L’individu est pris d’une quinte de toux et manque de s’étouffer avec ce qui apparaît être, en fait, un vapoteur d’un autre âge. Au nom des quatre univers ! La grande Loi est enfreinte par d’autres hommes que les derniers des béleks !

-Oh ! Da… Da… Darling !, couine le terrien britannique (mais Daïk ne le sait pas encore).

Il appelle les renforts ennemis avec son accent d’un autre monde à la barbe du repère vénète ! Daïk ne s’attendait pas à tomber sur un intrus si près du but. Il découvre le pot aux roses atomique terrestres, déjoue l’attention de ses parents, brave le formalisme dévot de sa cousine, entre en contact avec un ermite méprisé de tous qui lui dégotte des rushs de collecteurs et de bardes bretons, traverse les galaxies et les trous noirs, survit à des émanations hyper protéinées et lipidiquo-saturées, évite les tirs des armées de César de justesse, obtient la confiance de deux béleks égarés (et condamnés d’avance) qui lui révèlent la cache des onze derniers représentants dotés de pouvoir bardique. Il est à deux doigts de comprendre la signification du chant des Séries aux portes du royaume de Bel, et là, surgit un espion à la solde des anciens ennemis héréditaires des Bretons insulaires : un ANGLO-SAXON !

Daïk doit le faire taire sur le champ.

-Oh ! Darling ! Please believe me !, entonne-t-il, blanc comme la lune. Une femme à demi nue avec une chevelure de lionne plus large qu’une porte fermière surgit à son tour et prend le relais de son incantation démoniaque :

 

Oh ! Darling, please believe me

I’ll never do you no harm

Believe me when I tell you

I’ll never do you no harm…

 

Daïk s’attendait à tout sauf à cela ! Elle chante une conjuration ! Une chance qu’elle ne puisse passer la porte. L’homme au vapoteur s’emporte dans la langue des Grands bretons, lui révèle une rapide méta-recherche. Langue du reste aisément reconnaissable, parce qu’elle s’est imposée sur la Terre entière et est même inscrite au programme des AAP option langues anciennes exo-universelles. Cette Terrienne anglaise chante une incantation d’un célèbre quatuor d’anciens dieux de l’époque nucléaire - précisément ! - et c’est un signe qui ne trompe pas. Sa tenue est aussi étrange que les circonstances. Daïk est choqué de voir une Terrienne ainsi (dé)vêtue. Il en ressent une impression bizarre à l’entrejambe…

NON ???

ET SI !

Il ressent… ce que les anciens décrivent comme un artéfact de… pulsion sexuelle terrestre. Une grosseur invisible sourd au creux de sa combinaison, tandis que la femme aux seins nus fredonne sans vergogne, un verre à la main :

 

When you told me

You didn't need me anymoooooore

Well you know I nearly broke down and cried

When you told me

You didn't need me anymoooooore

Well you know I nearly broke down and died !

 

Et la sensation enfle comme une possession. Plus moyen de penser, d’anticiper la réaction de l’Anglo-saxon qui s’évertue, en vain, à taire le chant de l’ensorceleuse mélomaniaque. Comment croire une seconde de plus qu’il n’y a pas de sang humain qui coule dans les veines de Daïk, absolument sidéré par la révélation. Oui, cette humaine l’excite... Il vit ce que les adolescents potaches évoquaient en riant sous cape - et sous la combinaison - par artéfacts interposés dans des bocaux, sitôt que les parents avaient le dos tourné, à quelques années-lumière de distance. Et il se dit même que telle était la raison pour laquelle l’école collective fut supprimée un jour et remplacée par des formations à distance, en isolant chacun des adolescents sur des lunes ou des astéroïdes distinctes et en jurant les grands Dieux que cela faisait partie du cheminement méta-logique ! Non de non, un conditionnement de plus ! Un terrible conditionnement aux limites de la folie et de la contre-nature. Et voilà qu’il se souvient de ces allusions potaches, comme passées au travers des contrôles parentaux.

Ils appelaient ça des EXSI pour Expériences de sexe imminentes (Near sex experience*).

Le premier grand frisson de l’adolescence...

Daïk touche son entrejambe et songe à ce qu’il a longtemps ressenti, avant de se faire une raison, de chasser pour de bon cette intuition subversive : il a longtemps ressenti ce qui se rapproche de la sensation d’un membre fantôme amputé ! Exactement !

Mais c’est grave ! Haaan, un membre fantôme !

Oui, l’impression qu’un organe ou un appendice amputé, s'avérant toujours relié au corps et interagit avec d'autres parties. Presque aussitôt après la perte d'un membre, les patients ressentent de tels fantômes. La fréquence d'occurrence augmente d'autant plus si la perte est due à un traumatisme fort ou s'il existait une douleur pré-amputatoire, que s'il s'agit d'une amputation chirurgicale d'un membre non douloureux. Il a longtemps ressenti un manque.**

C’est un nouveau choc que reçoit Daïk en pleine figure : toute ette histoire de reproduction asexuée et génétique est une imposture ! Daïk est sans doute le produit d’une éprouvette, mais de là à découvrir que ses damnés d’aïeux ont retiré ses organes reproducteurs…

Daïk frise l’apoplexie : car il vient de découvrir le véritable secret de la grande Loi.

 

Bouleversé, l’extradolescent palpe l’entrejambe et retient, à la seule pensée d’une telle opération, un cri, une sorte de glapissement jacksonien.

Oui, avec certitude, il peut l'affirmer : les humains sont bien ses ancêtres.

Il n’est pas un être asexué. Il ne ressentirait pas de tel membre fantôme s’il n’était passé un jour sur une table d’opération.

Quel choc…

Les jambes coupées, sidéré par toutes ces découvertes terrifiantes, Daïk ne voit pas le couple britannique en alerte s’approcher de lui. Bob tient une guitare électrique à la main pour le frapper de toutes ses forces. Une Gretsch, man, comme celle de George Harrisson ou d’Eddie Cochran ! 

Mais Daïk ne s’y connaît pas en guitares terrestres et n’y voit qu’une dangereuse arme de guerre. Quand il revient à lui, la femme a enfin daigné se couvrir la poitrine avec un chandail façon gypsie. L’extradolescent rampe, mord la poussière et l’herbe fraîche, tandis que l’ombre de Robert Smith se fait plus menaçante que jamais.

Sans se poser de questions, Daïk s’enfonce dans les profondeurs du jardin, traverse le faisceau de lumière créé par la lampe halogène à déclencheur de mouvement qui est fixée sur la façade de la longère des Bellec. Il se sait désormais traqué.

Le piège terrestre se referme sur lui et pourrait bien l’enterrer à jamais... avec son secret.

-Here ! Darling ! Look at him ! He’s scaring !, crie l'Anglais.

Daïk se prend les jambes dans d’étranges korrigans minuscules. Il écrase une caricature extraterrestre en trois dimensions toute bleue avec un bonnet phrygien blanc sur la tête. Il y a aussi de petits humains miniatures (et sans sexe, est-ce prémonitoire ?) qui jonchent une vaste étendue sablonneuse. L’extradolescent marche dans le sable comme s’il était à la plage. Il y a aussi des vestiges en tous genres : constructions anarchiques, ponts, tipis, totems… Même lui a l’impression d’être un géant au milieu de toutes ces reliques improbables.

Et là, tout à coup, il comprend à qui il a affaire ici : il est entré dans le royaume de Bel.

L’enfant est là, devant lui, sérieux comme un pape, fier comme un Dieu au milieu de sa création et de son armée de sujets. Le Bel enfant est un peu plus grand que lui, il porte des lunettes rondes et défend l’entrée d’un château cerné de douves humides comme s’il s’agissait d’une antichambre vers le pays des druides.

-Aide-moi ! Au secours ! Bel enfant ! Tu nous dois la vérité !

Mais c’est trop tard. L’Anglais fait irruption et hurle :

-NATHAN, FAIS ATTENTION ! IL Y A UNE… UN EXTRATERRESTRE ! THERE !

Surpris, le Bel enfant relève la tête, écarquille les yeux. Il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche ni de proférer le moindre son que Daïk bondit comme l’éclair. Plutôt que de rester exposé à la lumière du projecteur qui trahirait plus longtemps sa présence, il rampe jusqu’aux ténèbres…

L’Anglais ajuste sa guitare comme un club de golf et frappe un grand coup.

Mais se trompe de cible !

 

_____________________________

*Expérience de sexe imminente (EXSI) est une expression désignant un ensemble de « visions » et de « sensations ». Ces expériences correspondent à une caractérisation récurrente et spécifique contenant notamment : la décorporation, la vision complète de sa propre sexualité, la rencontre avec des entités sexuelles, la vision d’une lumière, un sentiment d'amour infini, de paix et de tranquillité, l'impression d'une expérience ineffable et d’union avec des principes divins ou supranormaux. Cependant, rares sont les EXI qui associent tous ces éléments. Plusieurs patients ayant vécu cette expérience en infèrent la possibilité pour la conscience de survivre, au moins quelque temps, à la petite mort physique. Les neuroscientifiques constatent pour leur part dans ce phénomène une altération de la conscience cérébrale où elles reconnaissent des mécanismes physiologiques largement étudiés. Quelques neuroscientifiques se penchent cependant à tout hasard sur les hypothèses envisageant l'existence d'une conscience indépendamment de l'activité sexuelle. D'autres expressions sont parfois utilisées, comme « expérience aux frontières de la petite mort », « expérience de petite mort approchée » (EPMA) ou, plus trivialement, d’expérience de MVADDAL » (« Maman-va-avoir-des-draps-à-laver »).

 

**Bien que les fantômes soient la plupart du temps rapportés après amputation de la main ou de la jambe, il a déjà été observé dans des cas d'amputation du sein, sur des parties du visage, avec une possibilité que seules les liaisons des composants du système nerveux aient été coupées sans autre ablationou même quelquefois pour les viscères ou les organes génitaux.

Posté par ar valafenn à 19:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


D'où viennent les Bretons : nom de code R1b L21

 

haplogroups L21

 

A mesure que la recherche génétique progresse, émergent de nouvelles cartographies des haplogroups les plus représentés à travers le monde. Ainsi en est-il du tronc commun entre Bretons insulaires et Bretons continentaux qui apparaît nettement au travers d'un sous groupe d'haplogroupe baptisé R1b L21.

Si vous effectuez des tests génétiques et que vous trouvez trace de ce nom de code, alors vos ancêtres sont typiquement des celtes insulaires et de l'Ouest de l'Europe (celtes atlantiques).

En Bretagne, 40 à 50 % de la population qui a effectué ces tests détient le marqueur R1b L21. La proportion est de 55 à 70 % en Irlande, de 50 % dans l'ouest de l'Ecosse, de 40 à 50 % au pays de Galles ou encore de 30 % en Cornouailles britannique... Des sous-sous groupes s'avèrent typiquement "R1b L21" comme les Vénètes et leurs descendants du sud de l'Armorique. J'invite en l'occurrence à consulter l'inventaire à la Prévert publié sur wikipédia qui lie notamment celtes insulaires et ménapiens (actuelle Belgique).

 

df 27 l21

 

Des cartographies comparatives (comme ci-dessus) permettent d'identifier ces grands couloirs de migration. Ils recoupent souvent la géographie des ères linguistiques : c'est vrai de l'Europe du sud où un continuum se dessine entre la péninsule ibérique et le sud de la France, dans une vaste zone romane, certes, mais où l'ancrage celte et/ou celtibère est aussi présent. Clin d'oeil à l'actualité, on notera que, selon les cartes, le patrimoine héréditaire des Catalans semble tantôt lié à celui des voisins français (plus que d'avec le reste de l'Espagne) alors que d'autres critères de comparaison rapprochent à l'inverse Franças et Espagnols. On mesure la complexité de l'exercice et à quel point il est difficile - et vain - de tirer de grandes conclusions ethniques.

En l'occurrence, la première map ci-dessus cartographie les sous groupes d'haplogroups les plus fréquemment rencontrés, tandis que la seconde carte compare deux haplogroups très présents en Europe de l'Ouest : R1b L21 (celtique) et R1b DF 27 (branche gasconne et ibérique de l'âge de bronze atlantique)*. Le sous-groupe R1b U152 (nord de l'Italie, Alpes - italic p-celtic) remonte à l'âge de bronze moyen : il est italo-celtique, c'est le marqueur typiquement des gallo-romains, à ne pas confondre avec les celtes insulaires britanniques. Il s'agit parfois de peuples celtes inféodés et déplacés par les Romains apparentés, quant à eux, aux haplogroups J2, G2a (et partiellement R1b U152 puisqu'on estime que le sous-groupe U152 a splité entre proto celtes et proto italics) et dont le foyer se trouve plus au sud, dans le centre et le sud de la péninsule italienne. Le sous groupe U 152 s'est largement diffusé dans toute la Gaule romaine.

Plus au nord, les chevauchements entre l'ère celtique (L21) d'un côté, et l'ère germanique (U106) de l'autre, traduisent d'autres nombreuses réalités historiques :  les germaniques U106 se sont mélés aux haplogroups scandinaves I, plus anciennement implanté en Europe du nord et mieux adapté à l'ère de la glaciation.

On retrouve le marqueur des haplogroups U106 dans les invasions vikings (raids), lors de la colonisation de la Normandie par les vikings, constitution du royaume anglo-normand. A noter que 20 % des Islandais possèdent un haplogroup celte L21 qui remonte aux raids des années 800 organisés par les Vikings en Ecosse et en Irlande du Nord : ils organisèrent de nombreux rapts de femmes en Irlande et jusqu'en Bretagne armoricaine pour servir d'épouses, de concubines ou d'esclaves...

Autant d'événements historiques que les tests génétiques révèlent eux aussi un peu plus chaque jour, à mesure que se constituent les banques de données haplogroups.

___________________

 *Il semble que l'haplogroupe R1 soit originaire de l'Altaï dans lequel R1a et R1b se seraient scindé il y a 20.000 ou 16.000 ans. Il y a 12.000 à 8.000 ans environ, une population dont l'haplogroupe principal est R1a, aurait migré et serait arrivée au nord de la Russie Européenne, au nord de la zone steppique. Au même moment, une population dont l'haplogroupe principal est R1b, aurait migré à son tour vers l'ouest, et serait arrivé dans les steppes. Plusieurs millénaires plus tard ces populations, après avoir été néolithisées, auraient formé les premières cultures Kourganes. Selon la théorie Indo-Européenne des Kourganes, ce peuple dont l'haplogroupe majoritaire est R1b, serait donc porteur de la culture proto Indo-Européenne. Il existe cependant une thèse différente sur l'origine des haplogroupes R1a et R1b. Ainsi, Maciamo sur le site Eupedia pense que l'origine de l'haplogroupe R1b se situe en Asie centrale entre la Mer Caspienne et l'Hindou Kuch. Jean Manco sur son site sur le peuplement de l'Europe, pense que l'origine de R1a est dans les steppes entre la Volga et l'Oural, et que l'origine de R1b est au sud de la mer Caspienne. (extrait du site http://bsecher.pagesperso-orange.fr/Genetique_R1b.htm).

 

Posté par ar valafenn à 21:54 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

Sport d'hiver breton à la station Kerhillio 0

 

 

L'hiver, en Bretagne, y'a quand même moyen de faire du sport à la plage.

Et je ne parle pas que du kitesurf.

Tenez, toujours à Erdeven, Il y a aussi des sports nautiques à Kerminihy, la plage d'à côté.

Souvenez-vous du TK Bremen et ses figures de haute voltige...

 

tk bremen 1

 

 

Posté par ar valafenn à 11:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,