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Discussion en Bretagne sud. Pas très loin de la Loire Atlantique. Avec de la famille. Belle famille angevine, en l'occurrence. Au détour de la conversation, ils disent :

" J'ai pas compris pourquoi on n'a pas fait une région Grand Ouest."

Je creuse. Me rends compte qu'en fait, ils auraient bien vu Angers rallier la Bretagne, où ils ont des attaches, une maison de vacances. Ils adorent sortir en mer...

Je les croyais Bretagne, je les découvre Grand-Ouest. Et je m'interroge, un peu sur le cul. Qu'est-ce qui fait que de fins connaisseurs de la Bretagne plaident pour une région Grand-Ouest ?

Ils disent qu'ils trouvent que les Bretons sont "non inclusifs" sur ce point. Qu'ils se sentent repoussés, rejetés par les Bretons. Angers avec la Bretagne, ce serait cool... Parce qu'ils aiment la Bretagne, y passer leurs vacances...

J'ai trouvé ça... comment dire... Décalé. Proche de l'absurde. J'aime passer mes vacances en montagne, alors tiens : on ferait bien une région Atlantique-Pyrénées !

Ben...

Et l'histoire, les différences culturelles, linguistiques... On fait quoi de tout ça ? On s'en balance ! Hop !

Les Bretons ne seraient donc pas inclusifs... Voilà le reproche que nous adresserait donc en réalité les Nantais, Angevins, Mayennais ou Vendéens qui verraient un Grand Ouest d'un bon oeil...

Je suis d'autant plus interloqué que la Loire-Atlantique a été détachée arbitrairement de la Bretagne, rappelons-le. Et en somme, on nous objecterait, aujourd'hui, que le meilleur moyen de récupérer le morceau serait d'en accepter d'autres...

Qu'il ne faudrait pas faire ses fiers...

Ah ben les Bretons, ' faut être souple avec ses frontières ! (Enfin... Tant qu'on ne remanie pas celles de la France, hein).

Puis, la conversation dévie. Mes Angevins inclusifs me parlent de leurs dernières vacances en Hongrie et lâchent :

"C'est pas vilain à l'oreille, le hongrois. C'est moins dur que l'allemand, c'est curieux...

-Ben, c'est pas une langue germanique, non plus, dis-je. Ni slave. C'est une langue finno-ouralienne..."

Regards interloqués.

Et là je me dis que si on ne parle pas les langues d'un pays ou d'une région, un pan de la réalité nous échappe. Les raisonnements deviennent excessivement réducteurs.

Et l'incompréhension demeure.