03 mars 2007
BREIZH ECONOMY ?
L'équivalent d'une grosse usine. Ou du nombre d'employés d'un petit conseil général. Selon une toute récente étude de l'Office de la langue bretonne (Ofis ar brezhoneg), le breton a généré à ce jour plus de 1 000 emplois directs et équivalents temps pleins.
En toute logique, près de 74 % de ces emplois sont tenus par les enseignants bilingues des filières Diwan, Div Yezh et Dihun (qui scolarisent en tout plus de 11 000 élèves) et par les enseignants des formations pour adultes.
La gestion de structures concernant la langue bretonne (personnels administratifs des filières d'enseignement, salariés de l'Office de la langue bretonne, certains personnels techniques rattachés à des collectivités ou des associations...) représente 10 % des effectifs, devant la culture (4,6 % des emplois, essentiellement dans le milieu associatif). Suivent les médias (4,1 %), les arts et spectacles (1,3 %), l'industrie, l'artisanat et le commerce (0,7 %), la santé et les services à la personne (0,6 %) et les administrations (0,3 %, c'est-à-dire... 3 personnes !).
Par département, le Finistère arrive en tête (48,8 % des emplois bilingues) devant le Morbihan (21 %), les Côtes d'Armor (15,7 %), l'Ille-et-Vilaine (11,4 %) et enfin la Loire-Atlantique (3,2 %).
Toujours selon l'Office de la langue bretonne, ce nombre devrait atteindre en 2010 entre 1 250 et 1 650 équivalents temps pleins, soit en réalité près de 2 000 salariés, au vu du nombre des enseignants suppléants à temps partiel.
Voilà qui est loin d'être négligeable et apporte une touche d'optimisme. La langue bretonne ne se cantonne plus à un petit cercle restreint d'initiés et s'avère créatrice d'emplois avec une croissance de l'ordre de 10 % par an. Les formations d'apprentissage du breton assureront d'ailleurs encore dans les années à venir des débouchés quasi certains aux apprenants.
Toutefois, un léger ralentissement se dessine, lié directement à la moindre croissance des créations de filières bilingues. Il est déjà certain que l'objectif fixé par la Région Bretagne d'atteindre le seuil des 20 000 élèves bilingues en 2010 ne sera pas atteint. Dommage quand on sait que ce niveau est tout juste un minimum pour stabiliser le nombre de locuteurs et donc sauver la langue.

25 janvier 2007
LA FRANCE, ENCORE ET TOUJOURS SEUL ÉTAT NON SIGNATAIRE...

Bon, trève de plaisanteries.
Encore une fois, la France a raté le coche.
L'amendement du député UMP des Côtes d'Armor Marc Le Fur déposé ce mercredi et visant à reconnaître enfin les langues régionales dans l'article II de la Constitution a été rejeté par l'Assemblée nationale. Un tel amendement aurait enfin permis de ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, dont la France demeure le seul pays non signataire. En Europe, seule la Turquie ne reconnaît pas non plus ses langues régionales.
Les plus optimistes pourront objecter que la cause progresse : l'amendement n'a été rejeté que par 7 voix contre 25 lors du précédent amendement, soumis par ce même député Marc Le Fur en 2004...
Alors, peut-être que dans quelques années, la France abandonnera-t-elle enfin ses vieux réflexes d'un autre âge.
Hélas, d'ici là, des milliers de locuteurs auront encore disparus emportant avec eux des trésors de l'humanité.
ICI, un lien vers l'excellent article du linguiste Pierre Encrevé paru dans Libé ce mercredi.
Petit ajout. Tout ça me rappelle un site très intéressant sur lequel j'avais posté il y a quelques mois...
Le premier commentaire que l'on peut lire LÀ vaut vraiment le détour. C'est du lourd. Du trèèèèèèèèèèès lourd.
Petit ajout =2. Allez, avant de prendre mon calmant et de passer à autre chose demain, un autre petit lien AMAN sur le compte rendu des délibérations à l'assemblée nationale. Ca permet de juger un peu des arguments des pour et des contre. Edifiant...
DISTRO-SKOL : +6% NEMETKEN

Gant war-dro 11.000 e skolioù divyezhek a c'horreka kresk niver skolidi e 2006 (+6 %). An distro-skol gwashañ eo ar bloavezh-mañ, dreist-holl evit Dihun gant teir lec'hienn nevez nemetken siwazh. C'hwec'h klas nevez 'oa bet digoret warlene e skolioù Dihun.
Er bloaz-mañ e vez digoret 10 lec'hienn disheñvel (pemp er skolioù publik, div er skolioù Diwan ha teir e Dihun).
La croissance des effectifs dans les écoles bilingues ralentit en 2006 avec environ 11.000 élèves (+6 %). C'est la plus mauvaise rentrée scolaire, en particulier pour Dihun (enseignement catholique) avec hélas seulement trois nouveaux sites. Six nouvelles écoles avait été ouvertes l'an dernier chez Dihun
Cette année, dix sites différents sont ouverts (cinq dans le public, deux chez Diwan et donc trois chez Dihun).
Ci-dessus : une carte instructive publiée tout récemment par l'Office de la langue bretonne/Ofis ar brezhoneg. Elle permet de visualiser les communes disposant de filières en breton (en jaune) ainsi que les zones situées à moins de 10 km d'une école bilingue (en vert clair). En vert foncé : les zones d'enseignement unilingue exclusif, qui sont essentiellement situées en Haute-Bretagne (zone globalement non bretonnante).
18 août 2006
REVENU MÉDIAN : LA BRETAGNE AU 6e RANG SUR 22 EN FRANCE
Contrairement à une idée reçue, le niveau des revenus en Bretagne est plutôt bien placé en France. Le revenu médian s'élevait en 2002 - derniers chiffres exploités par l'Insee - à 14 300 euros par an et par unité de consommation. Ce seuil est inférieur de 300 euros à celui de l'ensemble de la France métropolitaine mais supérieur de 200 euros au revenu de la seule France de province.
Surtout, il place la Bretagne administrative au 6e rang en France, derrière l'Ile-de-France, l'Alsace, le Rhône-Alpes, le Centre et Paca (Provence Alpes Côte-d'Azur). Si l'on inclut la Loire-Atlantique, la Bretagne est 5e devant Paca, région réputée pourtant très riche.
En l'occurrence, les revenus médians par départements placent en tête l'llle-et-Vilaine avec 14 805 euros, suivi par la Loire-Atlantique, le Finistère, le Morbihan et enfin les Côtes-d'Armor.
Revenu médian et revenu moyen
Rappelons que le classement par revenu moyen place la Bretagne en bien moins bonne situation (16e rang), mais que ce mode de calcul est de plus en plus souvent écarté au profit de celui par revenu médian : il s'agit en fait de la ligne de partage séparant la population en deux groupes égaux : 50 % des Bretons gagnent plus que le revenu médian, 50 % moins.
Ce mode de calcul, qui devient la référence dans toute l'Union européenne, est plus juste car il gomme l'effet trompe l'œil d'une minorité de revenus très élevés (milliardaires, millionnaires) qui gonfle le revenu moyen. C'est ainsi que la région Paca se situe au niveau de la Bretagne en terme de revenu médian alors que son revenu moyen est le 2e de France : aux côtés d'une frange importante de ménages pauvres, cohabite une minorité très aisée qui suffit à faire augmenter fortement le revenu moyen.
LA BRETAGNE A LE TAUX DE PAUVRETÉ LE PLUS FAIBLE DE FRANCE
La Bretagne est moins touchée par la pauvreté que les autres régions de France, en dépit de certaines idées reçues. Outre le fait qu'elle jouit du plus faible taux de chômage selon Eurostat (2e plus faible taux selon l'Insee, lire la note sur ce sujet dans cette même rubrique), elle est également la région de France à présenter la plus faible proportion de ménages sous le seuil de pauvreté.
Selon les derniers chiffres disponibles (1er janvier 2003) concernant les minima sociaux, 5,7 % des ménages bretons sont touchés contre 6,7 % au niveau national. Le taux de RMI (1,8 % des ménages) est par ailleurs le 2e plus faible de France, juste après l'Alsace.
Autre indicateur de l'Insee : la mesure monétaire classique de la pauvreté, qui dénombre 98 700 ménages allocataires dont les revenus par unité de consommation sont inférieurs au seuil de bas revenus français (50 % du revenu médian, soit 698 euros mensuels). Ces ménages correspondent à une population couverte de 210 000 personnes représentant 8,7 % de la population bretonne âgée de moins de 65 ans. " Avec 3,6 points de moins que la valeur métropole, la Bretagne affiche en 2002 le taux de pauvreté le plus faible de France ", souligne l'Insee Bretagne dans sa dernière publication sur le sujet, éditée l'été dernier.
Les inégalités de revenus les plus faibles de France
Autre particularité régionale : le plus faible niveau d'inégalité entre les 10 % de revenus les plus élevés et les 10 % les plus faibles. Un phénomène dû au fait que la Bretagne compte peu de ménages très pauvres, mais aussi peu de ménages très riches. La classe moyenne y est donc plus importante que dans les autres régions de France.
C'est ainsi que le revenu médian breton se place à égalité avec celui de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) alors que cette dernière présente un nombre bien plus important de grandes fortunes. L'explication ? La région Paca est aussi l'une des plus inégalitaires avec une proportion de ménages vivant sous le seuil de pauvreté deux fois plus élevée qu'en Bretagne.
Rappelons que ces chiffres concernent la région administrative, sans la Loire-Atlantique, mais que la structure sociale de cette dernière est proche de celle des autres départements bretons.
LE DEGRÉ D'AUTONOMIE ÉCONOMIQUE DE LA BRETAGNE EST L'UN DES PLUS ÉLEVÉS DE FRANCE
Selon une étude très instructive de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), la Bretagne est l'une des régions de France les plus autonomes économiquement. " La région est nettement moins dépendante de l'étranger que les autres régions de France et cette forte autonomie résulte d'une densité importante de groupes bretons ", explique cette étude, synthétisée dans la revue Octant n° 100 (site Insee Bretagne).
Sur 550 000 salariés employés dans le secteur marchand non agricole, 330 000 travaillent pour une entreprise ayant son centre de décision en Bretagne, contre 152 000 en Ile de France (28 %) et 36 000 à l'étranger (6,5 % contre 12 % en province).
Les grands groupes privés ou coopératifs bretons emploient à eux seuls près d'un salarié sur 5 et sont même très présents dans les autres régions de France, comme les Pays de la Loire, l'Ile-de-France et Rhône-Alpes. Les entreprises bretonnes emploient 55 600 personnes dans les autres régions, ce qui la place au 5ème rang des régions au plus fort rayonnement économique extérieur.
Si l'on y ajoute la Loire-Atlantique, la Bretagne est même au 3ème rang.
Les autres régions fortement autonomes sont Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Auvergne, le Languedoc-Roussillon et le Poitou-Charentes. A l'inverse, la Haute-Normandie, l'Alsace et la Picardie sont les trois régions les plus dépendantes des autres (Ile-de-France surtout) et de l'étranger.
LE CHÔMAGE DANS LES RÉGIONS FRANçAISES
L'observatoire de l'Anpe (cliquer ici) présente tous les derniers chiffres du chômage par région (1er semestre 2005).
Le classement est en l'occurrence le suivant :
1. Limousin : 7,9 %
2. Bretagne : 8,3 %
3. Pays de la Loire : 8,4 %
4. Auvergne : 8,6 %
5. Bourgogne : 8,8 %
6. Alsace : 8,9 %
6. Rhône-Alpes : 8,9 %
8. Centre : 9,0 %
9. Framche-Comté : 9,2 %
10. Poitou-Charentes : 9,4 %
11. Basse-Normandie : 9,6 %
12. Ile-de-France : 9,8 %
13. Midi-Pyrénées : 9,9 %
14. Aquitaine : 10,1 %
15. Lorraine : 10,2 %
16. Champagne-Ardennes : 10,5 %
16. Corse : 10,5 %
18. Haute-Normandie : 11,1 %
18. Picardie : 11,1 %
20. Provence-Alpes-Côte d'Azur : 11,8 %
21. Nord-Pas de Calais : 13,4 %
22. Languedoc-Roussillon : 13,7 %
Moyenne nationale : 10,1 %.
Si l'on raisonne Bretagne à cinq départements, le taux de chômage est non plus de 8,3 mais de 8,6 %. Il reste alors à la deuxième place (les Pays de la Loire n'existant plus) à égalité avec l'Auvergne.
En l'occurrence, le taux de chômage par département en Bretagne est le suivant :
1. Ille-et-Vilaine : 7,4 %
2. Côtes d'Armor : 8,2 %
3. Morbihan : 8,7 %
4. Finistère : 8,9 %
5. Loire-Atlantique : 9,3 %
REACTUALISATION 3e trimestre 2006
1. Limousin (=) : 7,1 %
2. Bretagne (=) : 7,3 %
3. Pays de la Loire (=) : 7,4 %
4. Rhône-Alpes (+2 places) : 7,6 %
4. Bourgogne (+1) : 7,6 %
6. Auvergne (-2) : 7,7 %
6. Centre (+2) : 7,7 %
8. Alsace (-2) : 8,0 %
9. Ile de France (+3) : 8,2 %
10. Poitou-Charentes (=) : 8,3 %
11. Basse-Normandie (=) : 8,4 %
11. Franche-Comté (-2) : 8,4 %
13. Aquitaine (+1) : 8,5 %
14. Midi-Pyrénées (-1) : 8,9 %
15. Lorraine (=) : 9,0 %
16. Champagne-Ardennes (=) : 9,1 %
17. Corse (-1) : 9,3 %
18. Haute-Normandie (=) : 9,6 %
19. Picardie (-1) : 9,9 %
20. Provence Alpes Côte d'Azur (=) : 10,5 %
21. Languedoc-Roussillon (+1) : 12,1 %
22. Nord-Pas de Calais (-1) : 12,2 %
CROISSANCE ÉCONOMIQUE ENTRE 1990 ET 2003 : LA BRETAGNE EN TÊTE
Selon une étude de l'Insee parue la semaine dernière, la croissance économique de la Bretagne sur la période allant de 1990 à 2003 a été la plus forte de France après les Pays de la Loire avec respectivement 2,51 % et 2,78 % de moyenne annuelle contre 1,9 % en France.
Si l'on raisonne Bretagne réunifiée, avec la Loire-Atlantique, la Bretagne passe même en tête avec 2,80 %. Un taux de croissance égal à celui du Royaume-Uni sur la même période !
Avec un PIB de 95,9 milliard d’euros, la Bretagne entière participe pour 6,15% du PIB métropolitain, ce qui la place en 4e position ( Bretagne officielle = 7e), derrière l’Ille de France (28,3%) Rhône-Alpes (9,4) et PACA (7,1), devant le Nord et l’Aquitaine.
Le taux de croissance de la Bretagne s'avère par ailleurs sur cette période de 54% supérieur à celui de l’Ille de France, 37 % au dessus de Rhône-Alpes, et 43% supérieur à PACA qu’elle peut espérer rattraper.
Il est par ailleurs intéressant de constater la progression du PIB/habitant de la Bretagne, réputée à faible valeur ajoutée. En l'espace d'une dizaine d'année, la Bretagne est passée du 18e au 13e rang et devrait doubler la Bourgogne courant 2006 pour rejoindre la 12e place. Mieux : si l'on raisonne Bretagne réunfiiée, la région se hisse à la 7 ou 8e place.
Le classement des régions selon leur croissance économique
1. Bretagne + 2,80 (+2,51 sans la Loire-Atlantique)
2. Languedoc-Roussillon 2,41
3. Pays de la Loire 2,39 (+ 2,78 avec la Loire-Atlantique)
4. Aquitaine 2,30
5. Midi-Pyrénées 2,29
6. Poitou-Charentes 2,24
7. Rhône-Alpes 2,04
8. Franche-Comté 1,99
9. Provence Alpes Côte-d'Azur 1,96
10. Alsace 1,85
11. Ile de France 1,82
12. Basse Normandie 1,81
13. Corse 1,80
14. Haute Normandie 1,77
15. Centre 1,69
16. Nord Pas de Calais 1,61
17. Picardie 1,52
18. Limousin 1,49
19. Bourgogne 1,40
20. Auvergne 1,39
21. Lorraine 1,35
22. Champagne-Ardennes 1,32
> Pour en savoir plus, étude de l'Insee.
RETOUR SUR UN SONDAGE SUR LE BRETON : UN FORT INTÉRÊT DANS LES CINQ DÉPARTEMENTS, MIS À PART L'EST DES CÔTES D'ARMOR ET LE PAYS

En mai 2003, l'institut TMO Régions a procédé à un sondage d'opinion relatif à la façon dont les Bretons se représentent leur avenir. Effectué pour le compte d'Ouest-France, du Crédit Mutuel de Bretagne et du Conseil régional de Bretagne, il a fait l'objet d'un supplément à Dimanche Ouest-France daté du 29 juin 2003. Pas moins de 1 300 personnes ont été interrogées en mai 2003 par l'institut TMO dans les cinq départements de la Bretagne historique. À la question de savoir quel sentiment elles éprouvent lorsqu'elles pensent à l'avenir de la langue bretonne, 2,4 % des personnes interrogées répondent qu'elles sont très confiantes, 6,9 % qu'elles sont très inquiètes, 24,3 % plutôt inquiètes, 27,3 % plutôt confiantes et 35,6 % indifférentes ; enfin, 3,5 % des personnes interrogées ne se prononcent pas.
Un rapide survol de ces chiffres pourrait laisser croire que le sentiment majoritairement éprouvé par les Bretons concernant le destin de leur langue est l'indifférence. Or, tel n'est pas le cas puisque les personnes qui se déclarent " confiantes " et celles qui se disent " inquiètes " de l'avenir de la langue bretonne partagent, en fait, un même intérêt pour le devenir de cette langue. 60,9 % des personnes interrogées s'intéressent donc - que ce soit avec confiance ou inquiétude - au futur de la langue bretonne tandis que 35,6 % y sont indifférentes et que 3,5 % ne se prononcent pas.
L'intérêt pour le breton atteint un maximum en Finistère (65,34 %) et en Loire-Atlantique (64,90 %) et un minimum en Côtes-d'Armor (55,93 %).
A propos de la carte ci-dessus
Il est plus étonnant de constater que les zones où l'intérêt pour le destin du breton est le plus intense (de 70 à 75 % de personnes qui se déclarent soit " inquiètes " soit " confiantes ") se situent aux extrémités occidentale et orientale de l'espace celtique historique (qui regroupe la Bretagne celtique et la Bretagne mixte) : ce sont, à l'ouest, l'unité urbaine de Brest, et, à l'est, une bande de terrain allant de Saint-Malo à Guérande. Les zones d'intensité relative comprennent également des régions situées de part et d'autre de cet espace celtique historique (Léon et Cornouaille, d'un côté, région de Ploërmel, de l'autre), auxquelles il faut ajouter l'unité urbaine de Nantes.
Enfin, on rencontre des zones d'intensité moyenne tant en Basse-Bretagne (Trégor-Goëllo et Vannetais) qu'en Bretagne romane (régions de Fougères-Vitré et de Châteaubriant).
Soulignons, pour conclure sur ce point, combien l'intérêt pour l'avenir de la langue bretonne se joue des représentations habituelles de la Bretagne. Le souci le plus vif du destin de la langue bretonne se rencontre, en effet, dans des espaces où on ne l'attend guère :
- Une région de Haute-Bretagne où l'on ne parle plus breton depuis plusieurs siècles (la région de Saint-Malo) ;
- une grande ville (Brest), alors que ce sont les campagnes qui constituent, en quelque sorte, le biotope de la langue ;
- une région de Loire-Atlantique (la région de Guérande et Saint-Nazaire), alors que ce département ne fait plus officiellement partie de la Bretagne depuis 1941.
Ci-dessous : la carte d'extension maximale du breton (trait rouge).
RECENSEMENT : LE NET REGAIN DE LA BRETAGNE SE CONFIRME
Les recensements partiels de 2005 et 2006 (réactualisation) de l'Insee confirme le boum démographique historique de la Bretagne, qui connaît une croissance de +0,8 %/an (environ + 0,9 % avec la Loire-Atlantique). La région administrative comptait au 1er janvier 2005 pas moins de 3 043 000 habitants et plus de 3 081 000 au 1er janvier 2006, soit près de 4,3 millions avec la Loire-Atlantique. La croissance demeure donc supérieure à la moyenne nationale (+0,65 %/an en 2005) et la Bretagne enregistre le plus fort solde migratoire de la moitié Nord de la France. Le solde naturel est lui aussi en hausse avec une fécondité de 2 enfants/par femme. Il contribue pour environ 1/4 à l'accroissement total de la population.
A noter que le taux de fécondité s'élève à 2 enfants/femme en France contre 1,94 un an plus tôt et 1,92 deux ans plus tôt. C'est désormais le plus fort taux d'Europe devant l'Irlande.
Estimations 2006 :
Loire Atlantique : 1,209 million d'habitants
Ille-et-Vilaine : 930 000
Finistère : 877 000
Morbihan : 689 000
Côtes d’Armor : 567 000
Désormais, tout le littoral breton gagne des habitants, y compris dans les Côtes d'Armor et le Finistère, à l'exception du Cap Sizun. Le centre-Bretagne reste plus en retrait et des villes comme Guingamp et Carhaix-Plouguer continuent à perdre des habitants. Toutefois, des zones de croissance s'y dessinent, notamment dans l'axe Vannes-Saint-Brieuc et autour de Ploërmel et Pontivy. A noter le redressement assez spectaculaire du pays de Lorient et du pays de Saint-Brieuc, à l'exception de Dinan, plus à l'est.







