B u h e z U r V a l a f e n n

Le blog d'un journaliste repenti

28 avril 2007

EUROPE DE L'EST : LA MONNAIE DE NOTRE PIÈCE



vue_prague


Après la Suisse, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique, un petit tour par la Tchéquie. C'était en décembre 1993. Un séjour d'une semaine avec une incontournable compagnie de voyages en car qui a dû transporter des bataillons et des bataillons de touristes français à Prague. Un quasi monopole, en tout cas à l'époque !
Le Rideau de fer était tombé depuis peu. Dans les esprits, c'était encore assez perceptible. A la frontière, les douaniers tchèques n'avaient pas encore dégrafé l'étoile rouge de leur képi. Une Tchèque en tenue d'apparat avait examiné nos papiers avec un zèle et un autoritarisme révélateurs d'une certaine époque. Les vestiges de l'ère communiste étaient encore bien visibles. A commencer par le tramway rouillé et troué de Pilsen, à mi chemin entre la frontière allemande et Prague, ou encore par le métro de la capitale tchèque et ses effigies à la gloire de l'amitié soviéto-tchècoslovaque (cf mon album photo ci-contre).
L'hôtel où nous étions hébergés venait tout juste d'être rebaptisé Hôtel Tourista (tout un programme). Mais sur les cartes et à la station de bus la plus proche, c'était encore l'Hôtel Motorlet. Un établissement qui fleurait bon le collectivisme avec ses toilettes mixtes SANS PORTES. Vue imprenable sur le WC du voisin (et prière de fournir le papier toilette)... Les chambres, elles, grouillaient de cafards. Jusque sous l'oreiller.
Il flottait encore quelque chose de suranné, même si l'on sentait déjà le basculement vers l'économie de marché. Les affiches 4x3, les bureaux de change à foison, les voitures occidentales et japonaises, déjà fort nombreuses, les hordes de touristes dans les rues de Stare Mesto.
Les Tchèques, eux, semblaient se chercher entre ces deux modes de société. Entre une jeunesse déjà reconvertie, en particulier sur le plan vestimentaire (et sur celui du maquillage s'agissant des filles) et des générations plus âgées quelque peu déboussolées. Déboussolées, circonspectes et méfiantes vis à vis des Occidentaux, dont certains n'hésitaient pas à critiquer leur manque d'hospitalité. Sans forcément se mettre à leur place : les Tchèques passant à marche forcée d'une économie à une autre, avec les difficultés que cela entraîne, et voyant débouler ces touristes occidentaux, jadis ennemis - et donc sur qui l'on avait dit tant de mal - avec leurs Deutsch-marks, leurs Traveler-chèques...
A l'évidence, quinze années après, la donne a considérablement changé. Preuve en est, ces mêmes Occidentaux fustigent le hold-up des délocalisations, en particulier en Tchéquie. Voilà que l'on observe, envieux, leur taux de chômage, leur croissance du PIB... Pourtant, on était bien content d'ancrer l'Europe de l'Est à notre modèle. On fantasmait sur ces millions de nouveaux consommateurs. Les multinationales allemandes, autrichiennes ou françaises se sont ruées vers l'Est en s'emparant de pans entiers de leur économie.
On a eu ce que l'on voulait.
Et voilà que l'on vient aujourd'hui s'indigner, blâmer ces maudits Européens de l'Est qui nous piquent notre travail.
Ah, si seulement ils avaient pu rester à la remorque de l'Europe de l'Ouest avec juste assez d'argent pour acheter nos produits...

Posté par ar valafenn à 11:01 - Euro-vision - Rétroliens [0] - Permalien [#]


12 avril 2007

VOUS AVEZ DIT PERFIDE ?

J'ai longtemps jubilé en regardant ce fameux Monty Python où nos amis les Brits se font narguer à tout bout de champs par ces affreux Froggies qui, summum de l'infamie british, triomphent, en plus.
C'était bien évidemment une réaction d'anglophobie primaire, motivée à l'envi par le souvenir cuisant d'une agression par un jeune hooligan en Perfide Albion (la bien nommée). Je m'en suis longuement expliqué, quelque part dans les profondeurs de mes archives.
Je ne reviendrai donc pas sur cet épisode fâcheux.
C'était en 1988. Depuis, il y a eu prescription.
Prescription, aussi, sur les sandwitches jambon-confiture (ou fromage-confiture), qui constituaient le plat principal et récurrent préparé avec sans amour par ma famille d'accueil.
Prescription, enfin, sur ma voiture de travail, emboutie en 1999 ou 2000, par un Britannique qui, visiblement fort mal assuré, avait fait des siennes pour remplir le constat et payer les dégâts. J'avais fini par le coincer dans sa chambre d'hôtel, à M., en jurant d'éviter à l'avenir les voitures affublées d'un "GB" dans un rayon de 500 mètres minimum.
Eh bien, par une étrange alchimie, force est de constater que je suis aujourd'hui vacciné, immunisé, guéri de cette anglophobite aiguë. Sans trop savoir pourquoi. J'ai beau me forcer, jurer à l'occasion devant un match de rugby, rien n'y fait. Je ne ressens plus cette aversion. J'en suis même réduit à devoir confesser un irrépressible faible pour les comédies à l'eau de rose britanniques. Je salue mes voisins anglais, qui louent à chaque vacances le gîte d'en face (Brittany ferries priez pour nous), je bavarde avec eux. J'écoute à longueur de jour du trip hop et de la pop anglaise...
Non, le pire, c'est que je crois que j'envie ce pays et ses habitants, en dépit d'une gastronomie aussi alléchante qu'une semelle de chaussures de sport après un marathon. On ne peut même plus se targuer de leur misère sociale depuis qu'ils ont adopté le Smic (qui en plus doit même dépasser le nôtre si je ne m'abuse). En réalité, même le discours habituel sur les inégalités sociales outre-manche pue la bonne conscience franchouillarde, car il est désormais acquis que nous rivalisons en la matière, le chômage en plus.
Reste leur fond de sentiment de supériorité sous-jacent (et parfois sur-jacent). Ca, c'est vrai, on ne peut pas le nier... Le voilà le pire défaut de ces prétentieux rosbifs, ha ha ! Je le tiens !
Oups, sorry...


rosbifs_frogs





Posté par ar valafenn à 18:11 - Euro-vision - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 avril 2007

KONINKRIJK BELGIE





Avant d'évoquer de nouveau ma vision des Britanniques et mes deux séjours outre-manche, un petit crocher par la Belgique et nos amis belges. A vrai dire, je ne connais de la Belgique que la superbe ville de Bruges, en Flandre. Un seul séjour, en 1999 si mes souvenirs sont bons, alors que nous habitions à Paris (je proposerai bientôt un album de mes photos de Bruges).





Je ne peux donc pas dire que je connais bien la Belgique ni les Belges, hormis quelques rencontres fortuites. A Bruges, j'ai trouvé les gens très aimables et assez froid en même temps, finalement un peu comme les Bretons.
Le clivage flamand/wallon m'a semblé en revanche assez surprenant. Je n'ai pas eu le sentiment d'être réellement dans un pays bilingue, mais plutôt dans un pays bi-monolingue (ou tri-monilingue devrais-je dire). J'ai l'impression - mais ce n'est peut-être qu'une impression - qu'il faut vraiment aller à Bruxelles pour sentir ce pluriculturalisme qui fait pourtant la réputation à mon sens des Belges.
Des Belges eux-mêmes pourront peut-être m'éclairer là-dessus !

Posté par ar valafenn à 12:42 - Euro-vision - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2007

MON PREMIER SCHTROUMPF ÉTAIT SUISSE





Bon, je vous rassure tout de suite : je ne vais pas vous faire toute l'Europe d'une traite. Mais je voulais quand même revenir un peu sur mon premier séjour à l'étranger : c'était en Suisse en juillet/août 1980 (j'avais 6 ans). Il est indicutable que le premier voyage marque. Ce fut le cas, d'autant plus que c'était aussi la première fois que je découvrais la montagne ! Et quelles montagnes : le Mont-Dolent, à plus de 3 000 mètres, tout près du Mont-Blanc, côté helvètique, donc. Nous avions partagé ce séjour entre le canton du Valais, en pleine montagne, et celui de Vaud, dans la ville de Gland (ça ne s'invente pas), à mi chemin entre Genève et Lausanne.


Mes parents avaient fait connaissance en vacances en Espagne (mon premier véritable voyage à l'étranger, mais ça ne compte pas : j'étais bébé et je n'ai donc aucun souvenir) avec une famille suisse. Ils avaient sympathisé (et sont toujours restés amis, d'ailleurs).
Je revois toujours ces paysages idylliques de haute montagne, cet immense chalet, où nous avions été hébergés, à flanc de montagne avec vue sur le massif du Mont-Blanc. Le village s'appelait La Fouly. Un cadre vraiment enchanteur. Il me reste quelques images gravées, comme ces lampions qui avaient été allumés partout autour du chalet à l'occasion de la fête nationale, le 1er août. Je me souviens aussi de cette cabane, en haut d'un arbre majestueux, où mon frère et les enfants des amis suisses avaient le droit de monter. Mais pas moi. Injustice innommable...


Je me souviens aussi de grimpette dans la montagne : une randonnée qui m'avait paru interminable, mais que j'avais adorée.


Nous sommes retournés en Suisse en 1986 et en 1988 (puis à Bâle en 1998, mais cette fois avec ma femme) avec d'autres souvenirs en tête : l'Amiga flambant neuf de Pierre, l'aîné de la famille, les stores de sa chambre et, summum du modernisme pour moi, les couettes de lit, chose encore quasi-introuvable en France à l'époque ! La famille était vraiment adorable. Elle m'avait même légué sa collection de 26 schtroumpfs, dont le Schtroumpfissime, la Schtroumpfette, le Schtroumpf paresseux, le Schtroumpf grognon, le Schtroumpf coquet, le Schtroumpf farceur, le Schtroumpf à lunettes et même le Grand-Schtroumpf !


Alors vous pensez que la Suisse, ça m'a schtroumpfé !


Ci-dessous, une p'tite chanson du plus grand chanteur suisse de tous les temps... Quoi ? Ca ne marche pas ? Tant mieux ! J'ai vraiment beaucoup de mal avec Johnny... :)))





Quant à La Fouly, c'était déjà très très ressemblant à ça, en 1980. C'est tout à fait le souvenir que j'en ai, mais avec 2-3 fois plus de chalets qu'à l'époque ! :





Posté par ar valafenn à 11:45 - Euro-vision - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2007

DEUTSCH-FRANZÖSICH FREUNDSCHAFT





La dernière note de Quintescent m'a donné envie d'entamer un petit tour d'Europe personnel. Une série que je débuterais volontiers par l'Allemagne.


Pourquoi l'Allemagne ? Eh bien parce que j'aime beaucoup les Allemands. Je garde un souvenir ému de mon premier séjour linguistique, à Kiel (Schleswig-Holstein) en l'occurrence.


Parce que contrairement aux idées reçues (toujours elles !), j'ai trouvé globalement les Allemands très ouverts, tolérants, et faisant preuve de plus de fantaisie que ce que suggère l'habituel cliché du Germain austère, rigoureux et rustre.
A vrai dire, je pense que rares sont les peuples sur terre à autant réussir à supporter les défauts des Français... Peut-être parce que les Allemands ont développé depuis la guerre un sentiment de culpabilité collective, ce qui les rend - cela m'a beaucoup touché - plus tolérants envers les défauts des autres qu'envers les leurs.


J'admire également leur modèle politique, parlementaire et fédéral, leur consensus politico-syndical, en dépit de certains handicaps économiques, comme en France. Mais personnellement, je continue à croire que le modèle rhénan est un bon compromis entre libéralisme et économie dirigiste...


Et puis, pour celles et ceux qui auraient lu ma note il y a quelques mois à ce sujet, ils (elles, devrais-je plutôt dire) ont un certain talent pour vous faire tomber dans leur lit sans que vous ne vous en rendiez vous-même compte...





Posté par ar valafenn à 09:17 - Euro-vision - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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