Heureux à l'Ouest

 

indice du bonheur par région en europe

 

Heureux à l'ouest ! L'indice du bonheur en Europe (comparé à la région la plus "deep depressive : la Galice, en l'occurrence).  L'étude tord le cou aux idées reçues sur les Français dépressifs et met en exergue l'optimisme mesuré des Bretons, Ligériens, Nordistes...

Une carte d'Europe qui coïncide aussi, à de rares exceptions près, avec la proportion de moins de 25 ans.

 

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J'ai décidé d'écrire court (cf ma nouvelle bannière).

 

 

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My passport is rich...

 

Le journaliste Alex Taylor vient d'obtenir la nationalité française, demandée dans la foulée du brexit (lire aussi l'article L'an dernier, 1518 Britanniques sont devenus français).

Ahhh le brexit...

Personnellement, j'ai été agressé (frappé s'entend) par des hooligans à la fin des années 80 pour m'avoir simplement entendu parlé français à la piscine municipale de Hemel Hampstead... Et voilà qu'il y a peu, je découvre, à la faveur d'un test génétique, que la majorité de mes gènes sont irlando-anglais ! Ma vision du brexit (et d'une manière plus large de la xénophobie) c'est ça : s'en prendre à l'autre pour ce que l'on croit qu'il est alors que nous sommes tous si semblables. 

 

test DNA

 

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Daïk, Epilogue

 

 

NANN – 0 –

 

 

lettre typo celtique J

E VEUX SIMPLEMENT ENTENDRE VOTRE VERSION

des faits, face à ces graves accusations.

Avez-vous, oui ou non, caché l’existence d’une vie

extraterrestre pendant toutes ces années ?

Pouvez-vous faire la lumière sur les révélations rapportées

par monsieur Smith ?

Nathan est sous le coup de la colère. Il s’agite sur sa chaise, se donne une contenance et répond :

-Monsieur Smith a failli intenter à ma vie et cet homme aujourd’hui sénile ose à présent me mettre en cause ! Je peux vous affirmer solennellement que tout ceci est une forfaiture de la pire espèce. Ne voyez-vous pas que mon grand rival politique devant l’éternel a fait les fonds de tiroirs pour me salir ? Je n’avais pas dix ans au moment des faits qui me sont aujourd’hui reprochés ! Cet homme était le voisin de mes parents. Sous la pression, il affirme avoir aperçu un extraterrestre alors qu’il faisait nuit ! On remue de vieux souvenirs fantasmés : les siens, visiblement altérés, les miens aussi, puisque je n’étais encore qu’un enfant ! Vous examinez l’ancien bac à sable d’un gosse comme s’il portait déjà à l’époque les germes d’une affaire d’Etat, vous rendez-vous compte ? Je jouais aux playmos, nom d’un chien ! Vous comprenez ? Aux play-mo-bi-les !

-Dehors, à cette saison, à cette heure tardive ?

-Et alors ?! Mon père était lui-même un fou de playmobiles et de schtroumpfs, si vous voulez tout savoir. Il m’a légué sa passion d’enfance. D’en-fan-ce, vous pouvez entendre ce mot ? Quel rapport avec la gestion du pays, pouvez-vous me le dire ?

-M. Smith appuie ses propos sur des clichés pris par sa femme ce soir-là…

-… qu’ils révèlent près de trente ans plus tard ! Ben voyons !

-Mais vous appuyez votre défense sur la seule fiabilité de ce témoignage. Ceci parce qu’ils sont « séniles » comme vous nous l’avez si bien rappelé ?

-De grâce, ne jouons pas avec les mots. A travers eux, c’est une machination politique pour me mettre en cause ! Non, et je vous le répète, je n’ai pas cherché à dissimuler l’existence de je ne sais quelle espèce extraterrestre. Ceci est la pire des fadaises que j’ai entendues dans toute ma carrière politique !

-Monsieur le président, avouez tout de même que la photo est troublante. Vous avez-vous-mêmes reconnus l’authenticité des jouets en présence, que l’on aperçoit sur le cliché…

-Simple photomontage. Et un jeu d’enfant en l’occurrence. N’importe quel implant de logiciel actuel permet de faire ce genre de choses en deux secondes.

-Et le dossier médical, photomontage aussi ?

-Le dossier médical, parlons-en. Vous évoquez les radios qui ont été faites à l’hôpital, très bien. M. Smith a omis lui-même de dire à ma famille qu’il était l’auteur de ce coup porté sur ma tête et il ose à présent témoigner au profit de la partie adverse ! Je n’ai jamais porté plainte. Si tel est mon crime, n’en tirez aucune conclusion fallacieuse. Si j’avais su tout cela, croyez bien que j’aurais pris toute la mesure de cette affaire…

-Nous ne mettons pas en cause l’origine du coup porté, ni ses conséquences sur votre santé, là n’est pas le propos. Vous avez appris, comme nous tous, que, suite à votre prise en charge aux urgences, et étant données la nature des circonstances, des examens complémentaires ont été ordonnés. Rafraichissez-nous la mémoire : une enquête pour coups et blessures fut bien ouverte à la demande de vos parents…

-Ils ont très vite subodoré une agression en dépit de l’absence apparente de traumatisme, rétorque Nathan Le Bellec.

-Les choses auraient très bien pu en rester là. Mais admettons... Sauf que, en bons parents préoccupés par l’état de santé de leur enfant, ils ont insisté pour que des analyses complémentaires soient entreprises. Et au bout du compte, ils ont porté plainte…

-Moi-même, à leur place, j’aurais fait la même chose. Mes parents étaient totalement retournés par cette histoire et on peut les comprendre. Mon père fit même une sortie de route en suivant l’ambulance, tant il était dans un état de panique ! Par chance, il s’en tira avec quelques égratignures…

-Pour en revenir à ces fameux examens et à la pièce principale de ce dossier : il se trouve qu’ils ont révélé la présence d’un ADN inconnu, dans votre chevelure... C’est le fond du problème et vous ne pouvez le nier !

-.

Nathan Le Bellec se contorsionne sur sa chaise et s’attend au pire.

-C’est un ADN très spécial...

-Très spécial ? Oui, en effet. Permettez-moi d’appeler cela l’ADN du complot !, dit-il.

Des rires fusent.

-C’est votre interprétation, monsieur le Président. Avouez tout de même que le résultat de cet examen est troublant : cet ADN, vous l’avez lu comme nous tous dans le rapport, confirmé par dix-sept contre-expertises réalisées en quatre ans et demi depuis la réouverture de l’enquête à partir des éléments conservés d’origine, est inconnu ! La communauté scientifique a été mise sans dessus dessous dans cette affaire. On a dû remuer ciel et terre – et c’est rien de le dire - pour aboutir à ce constat : cet ADN est un croisement entre un ADN humain et un… exo-ADN ! Tous sont formels. Nous parlons bien de l’exo-ADN d’une espèce VIVANTE. Les scientifiques ont écarté de façon catégorique l’idée d’une chute de fragment de comète ou d’astéroïde sur votre crâne !

-Un extra-ADN, oui. Extra comme complètement extravagant.

De nouveaux rires éclatent dans la grande salle d’audience.

-Le fait est que cette découverte apporte quelque crédit à la photographie qui a été prise par madame Smith dont, pour le coup, on ne peut mettre la parole en doute, d’autant qu’elle ne souffre pas de sénilité - j’espère que vous en conviendrez. Par voie de conséquence, cela apporte aussi quelque crédit à la version plaignante qui demande aujourd’hui que soit faite toute la lumière sur cette affaire sans précédent.

-Cette photographie reste la seule pièce à conviction, rétorque Nathan Le Bellec devant l’assemblée de la Cour suprême européenne, dont les pouvoirs ont été élargis dans la décennie qui a suivi la crise des subprimes. L’audit du président fédéral par les juges de la Cour suprême européenne est l’une des pires humiliations de toute sa carrière. Son adversaire politique n’a jamais caché sa détermination. Il a su trouver les relais à ce qui s’apparente aujourd’hui à une véritable chasse aux sorcières.

Nathan Le Bellec fulmine :

-Je n’aurais jamais imaginé un jour que l’on puisse passer aussi vite du statut de victime à celui de coupable ! Une agression atteint toujours le but que s’est assigné son auteur. Il a toujours, quelque part, gain de cause. En l’occurrence, permettez-moi de dire que M. Smith a fait coup double !

-M. Smith a toujours affirmé ne pas avoir prémédité un tel geste, ce que semble confirmer toutes les analyses réalisées à ce jour. Il a cru voir - et en l’occurrence, les faits semblent lui donner raison – un « extraterrestre » sur le point de vous… « posséder », selon ses propres termes, et il dit « avoir cru bien faire en ciblant l’extraterrestre ». Ses multiples témoignages n’ont jamais varié d’un iota. Mais il y a eu une réaction imprévue, du mouvement, et la lumière artificielle ne permettait pas non plus d’évaluer avec précision les distances… Résultat des courses, il vous a frappé, vous, à la place de l’intrus ! Que se serait-il produit s’il n’était pas intervenu ?

-Que voulez-vous que je réponde à cela ?! Nathan Le Bellec éclate de rire. Vous voulez vraiment que je vous le dise ? Au lieu de devenir président fédéral, eh bien c’est très simple : je serais un alien.

 

De nouveaux rires éclatent, tandis que Nathan Le Bellec tire sa révérence, devant les caméras du monde entier.

Surréaliste, la scène tient en émoi les médias aux quatre coins de la planète. Elle tient aussi ceux d’un autre univers, parallèle, où il est d’usage d’ignorer l’existence de cette planète dite originelle, placée sous embargo depuis la promulgation de la grande Loi inter-universelle.

Dans cet autre univers, un procès semblable a cours.

Celui d’un extradolescent qui a enfreint la Loi.

Il a éveillé les soupçons, mais il est absent à son procès…

 

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Daïk, chapitre 31/ Ran niver unan

UNAN – 1 –

 

 

L’ENFANT.
—Chante-moi la série du nombre un, jusqu’à ce que je l’apprenne aujourd’hui.

LE DRUIDE.
— Pas de série pour le nombre un : la Nécessité unique, le Trépas, père de la Douleur ; rien avant, rien de plus…

 

 

lettre typo celtique L

LA GUITARE GRETSCH SE BRISE SUR L’ÉCHINE du Bel enfant.

Haletant, Daïk roule dans l’herbe jusqu’au pied

d’un gros chêne. Le gosse est inerte. Il git

dans l’enceinte de son propre Royaume, et déjà

l’ennemi dominateur, comme gagné par

une transe irréelle, s’empresse de ramasser les fragments

déchiquetés de son arme de guerre, tandis que sa compagne

Kate approche, main sur la bouche, sans pour autant

se décider à porter secours à l’enfant du druide

sur le champ. Kate reste pétrifiée pendant

d’interminables secondes avant de poser la main

sur sa poitrine dans la pénombre. Elle soulève son poignet avec précaution.

Daïk les entend dire dans le brouillard de sa conscience :

-The child breathes ! He’s completely knocked out ! What were you thinking about !

–Can’t explain… What can we do now ???

–Stop drinking !*

Dans la position du reclus, Daïk se comprime les tempes de toutes ses forces et prie :

-Faites que le Bel enfant survive, faites que le Bel enfant survive ! Ann Drouiz, au secours ! Faites quelque chose !

Le rush est immédiat, comme si Ann Drouiz avait suivi toute la scène. Et tant pis pour la mixture de séquençages chromosomiques de jusquiame et de samolus qui bout dans son chaudron. Inquiet, il dit :

-Daïk, le collecteur des chants des Séries est formel sur ce point ! Les deux bœufs sont ceux de Hu-Gadarn, divinité des anciens Bretons ! Je crois t’en avoir déjà parlé, non ? Peu importe, il y a le feu ! La mythologie celtique nous apprend qu’ayant traîné hors des eaux du déluge au moyen de fortes chaînes un crocodile monstrueux qui avait été la cause de la submersion de l’univers, l’un des bœufs mourut de fatigue, l’autre de chagrin pour avoir perdu son compagnon. La coque qu’ils tirent après eux avec tant d’efforts est celle du crocodile. C’est tout ce que Kervarker rapporte du chant du nombre deux à ma connaissance.

-Mais c’est absurde ! Alors quoi ? L’univers a été submergé par la faute d’un crocodile, mais c’est n’importe quoi ! Les druides fumaient ou quoi ? Qui donc est ce fameux croco, Ann Drouiz ?! Est-ce que c’est lui qui nous a tous coupé les c... et bouffé la ch... ? Je ne comprends pas ! Il n’y a pas de crocodile à traîner dans ce bac à sable ! Il y a toute sorte de personnages et de babioles, il y a même des poules, des chevaux, des chars de feu en modèle réduit, mais je ne trouve pas de crocodile ! Et qui sont ces bœufs ? Et je ne vois pas de merveille derrière tout ça. Tout ce que je vois plutôt, c’est que le royaume de Bel est menacé !

-‘Peux pas t’expliquer… Que faire maintenant ???

-Arrêter de boire ! »

-Oui, le déluge a commencé. Regarde autour de toi !

Le couple entreprend de traîner le corps de l’enfant hors des douves. Il semble qu’il ait inspiré de l’eau et qu’il commence à s’étouffer. Il le sort des douves et compresse la poitrine de l’enfant pour le ranimer, le préserver d’un début de noyade.

-Les bœufs… Ce sont eux, les bœufs ! Et l’enfant de Bel… Il n’est pas un crocodile, encore moins la cause de la submersion de l’univers… ?

-Cela dépend de toi, puisque tout est lié. Peut-être qu’il est la cause de la submersion de ton univers. Tout dépendra de ce que tu comptes faire de ce que tu as découvert. Comptes-tu révéler la Loi ?

Peut-il prendre l’enseignement des druides comme une mise en garde à l’encontre des dogmatismes, des tyrannies perpétuelles ?

 

Ecoute la bravoure, méprise la lâcheté.

 

C’est tout. Rien de plus.

Daïk est un humain et un héritier. L’héritier d’une culture terrestre. Que faire de ce secret ? Convient-t-il de choisir un camp ? En univers II comme en univers IV, tous sont formels : on ne joue pas impunément avec les règles de l’espace-temps.

Daïk songe à sa famille, à ses parents, à sa cousine…

Mais il sait que décidément, non, plus rien ne sera comme avant.

Et qu’il a une place à prendre...

 

*« L'enfant respire ! Il est complètement assommé ! Mais à quoi pensais-tu !

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Daïk, chapitre 30 - Ran niver daou

DAOU – 2 –

 

 

L’ENFANT.
—Chante-moi la série du nombre deux.

LE DRUIDE.
— Deux bœufs attelés à une coque ; ils tirent, ils vont expirer ; voyez la merveille !

 

lettre typo celtique D

ES PAS CLAQUENT DERRIERE LUI. DAÏK EST SURPRIS par une présence : un homme vient de sortir du troisième édifice, à côté des voitures estampillées « GB ». Il sort une petite tige de sa poche qu’il porte à sa bouche.

"Attention, présence de propylène glycol, glycérine végétale, alcool, oxygène, hydrogène !", songe l'extraterrestre.

L’individu est pris d’une quinte de toux et manque de s’étouffer avec ce qui apparaît être, en fait, un vapoteur d’un autre âge. Au nom des quatre univers ! La grande Loi est enfreinte par d’autres hommes que les derniers des béleks !

-Oh ! Da… Da… Darling !, couine le terrien britannique (mais Daïk ne le sait pas encore).

Il appelle les renforts ennemis avec son accent d’un autre monde à la barbe du repère vénète ! Daïk ne s’attendait pas à tomber sur un intrus si près du but. Il découvre le pot aux roses atomique terrestres, déjoue l’attention de ses parents, brave le formalisme dévot de sa cousine, entre en contact avec un ermite méprisé de tous qui lui dégotte des rushs de collecteurs et de bardes bretons, traverse les galaxies et les trous noirs, survit à des émanations hyper protéinées et lipidiquo-saturées, évite les tirs des armées de César de justesse, obtient la confiance de deux béleks égarés (et condamnés d’avance) qui lui révèlent la cache des onze derniers représentants dotés de pouvoir bardique. Il est à deux doigts de comprendre la signification du chant des Séries aux portes du royaume de Bel, et là, surgit un espion à la solde des anciens ennemis héréditaires des Bretons insulaires : un ANGLO-SAXON !

Daïk doit le faire taire sur le champ.

-Oh ! Darling ! Please believe me !, entonne-t-il, blanc comme la lune. Une femme à demi nue avec une chevelure de lionne plus large qu’une porte fermière surgit à son tour et prend le relais de son incantation démoniaque :

 

Oh ! Darling, please believe me

I’ll never do you no harm

Believe me when I tell you

I’ll never do you no harm…

 

Daïk s’attendait à tout sauf à cela ! Elle chante une conjuration ! Une chance qu’elle ne puisse passer la porte. L’homme au vapoteur s’emporte dans la langue des Grands bretons, lui révèle une rapide méta-recherche. Langue du reste aisément reconnaissable, parce qu’elle s’est imposée sur la Terre entière et est même inscrite au programme des AAP option langues anciennes exo-universelles. Cette Terrienne anglaise chante une incantation d’un célèbre quatuor d’anciens dieux de l’époque nucléaire - précisément ! - et c’est un signe qui ne trompe pas. Sa tenue est aussi étrange que les circonstances. Daïk est choqué de voir une Terrienne ainsi (dé)vêtue. Il en ressent une impression bizarre à l’entrejambe…

NON ???

ET SI !

Il ressent… ce que les anciens décrivent comme un artéfact de… pulsion sexuelle terrestre. Une grosseur invisible sourd au creux de sa combinaison, tandis que la femme aux seins nus fredonne sans vergogne, un verre à la main :

 

When you told me

You didn't need me anymoooooore

Well you know I nearly broke down and cried

When you told me

You didn't need me anymoooooore

Well you know I nearly broke down and died !

 

Et la sensation enfle comme une possession. Plus moyen de penser, d’anticiper la réaction de l’Anglo-saxon qui s’évertue, en vain, à taire le chant de l’ensorceleuse mélomaniaque. Comment croire une seconde de plus qu’il n’y a pas de sang humain qui coule dans les veines de Daïk, absolument sidéré par la révélation. Oui, cette humaine l’excite... Il vit ce que les adolescents potaches évoquaient en riant sous cape - et sous la combinaison - par artéfacts interposés dans des bocaux, sitôt que les parents avaient le dos tourné, à quelques années-lumière de distance. Et il se dit même que telle était la raison pour laquelle l’école collective fut supprimée un jour et remplacée par des formations à distance, en isolant chacun des adolescents sur des lunes ou des astéroïdes distinctes et en jurant les grands Dieux que cela faisait partie du cheminement méta-logique ! Non de non, un conditionnement de plus ! Un terrible conditionnement aux limites de la folie et de la contre-nature. Et voilà qu’il se souvient de ces allusions potaches, comme passées au travers des contrôles parentaux.

Ils appelaient ça des EXSI pour Expériences de sexe imminentes (Near sex experience*).

Le premier grand frisson de l’adolescence...

Daïk touche son entrejambe et songe à ce qu’il a longtemps ressenti, avant de se faire une raison, de chasser pour de bon cette intuition subversive : il a longtemps ressenti ce qui se rapproche de la sensation d’un membre fantôme amputé ! Exactement !

Mais c’est grave ! Haaan, un membre fantôme !

Oui, l’impression qu’un organe ou un appendice amputé, s'avérant toujours relié au corps et interagit avec d'autres parties. Presque aussitôt après la perte d'un membre, les patients ressentent de tels fantômes. La fréquence d'occurrence augmente d'autant plus si la perte est due à un traumatisme fort ou s'il existait une douleur pré-amputatoire, que s'il s'agit d'une amputation chirurgicale d'un membre non douloureux. Il a longtemps ressenti un manque.**

C’est un nouveau choc que reçoit Daïk en pleine figure : toute ette histoire de reproduction asexuée et génétique est une imposture ! Daïk est sans doute le produit d’une éprouvette, mais de là à découvrir que ses damnés d’aïeux ont retiré ses organes reproducteurs…

Daïk frise l’apoplexie : car il vient de découvrir le véritable secret de la grande Loi.

 

Bouleversé, l’extradolescent palpe l’entrejambe et retient, à la seule pensée d’une telle opération, un cri, une sorte de glapissement jacksonien.

Oui, avec certitude, il peut l'affirmer : les humains sont bien ses ancêtres.

Il n’est pas un être asexué. Il ne ressentirait pas de tel membre fantôme s’il n’était passé un jour sur une table d’opération.

Quel choc…

Les jambes coupées, sidéré par toutes ces découvertes terrifiantes, Daïk ne voit pas le couple britannique en alerte s’approcher de lui. Bob tient une guitare électrique à la main pour le frapper de toutes ses forces. Une Gretsch, man, comme celle de George Harrisson ou d’Eddie Cochran ! 

Mais Daïk ne s’y connaît pas en guitares terrestres et n’y voit qu’une dangereuse arme de guerre. Quand il revient à lui, la femme a enfin daigné se couvrir la poitrine avec un chandail façon gypsie. L’extradolescent rampe, mord la poussière et l’herbe fraîche, tandis que l’ombre de Robert Smith se fait plus menaçante que jamais.

Sans se poser de questions, Daïk s’enfonce dans les profondeurs du jardin, traverse le faisceau de lumière créé par la lampe halogène à déclencheur de mouvement qui est fixée sur la façade de la longère des Bellec. Il se sait désormais traqué.

Le piège terrestre se referme sur lui et pourrait bien l’enterrer à jamais... avec son secret.

-Here ! Darling ! Look at him ! He’s scaring !, crie l'Anglais.

Daïk se prend les jambes dans d’étranges korrigans minuscules. Il écrase une caricature extraterrestre en trois dimensions toute bleue avec un bonnet phrygien blanc sur la tête. Il y a aussi de petits humains miniatures (et sans sexe, est-ce prémonitoire ?) qui jonchent une vaste étendue sablonneuse. L’extradolescent marche dans le sable comme s’il était à la plage. Il y a aussi des vestiges en tous genres : constructions anarchiques, ponts, tipis, totems… Même lui a l’impression d’être un géant au milieu de toutes ces reliques improbables.

Et là, tout à coup, il comprend à qui il a affaire ici : il est entré dans le royaume de Bel.

L’enfant est là, devant lui, sérieux comme un pape, fier comme un Dieu au milieu de sa création et de son armée de sujets. Le Bel enfant est un peu plus grand que lui, il porte des lunettes rondes et défend l’entrée d’un château cerné de douves humides comme s’il s’agissait d’une antichambre vers le pays des druides.

-Aide-moi ! Au secours ! Bel enfant ! Tu nous dois la vérité !

Mais c’est trop tard. L’Anglais fait irruption et hurle :

-NATHAN, FAIS ATTENTION ! IL Y A UNE… UN EXTRATERRESTRE ! THERE !

Surpris, le Bel enfant relève la tête, écarquille les yeux. Il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche ni de proférer le moindre son que Daïk bondit comme l’éclair. Plutôt que de rester exposé à la lumière du projecteur qui trahirait plus longtemps sa présence, il rampe jusqu’aux ténèbres…

L’Anglais ajuste sa guitare comme un club de golf et frappe un grand coup.

Mais se trompe de cible !

 

_____________________________

*Expérience de sexe imminente (EXSI) est une expression désignant un ensemble de « visions » et de « sensations ». Ces expériences correspondent à une caractérisation récurrente et spécifique contenant notamment : la décorporation, la vision complète de sa propre sexualité, la rencontre avec des entités sexuelles, la vision d’une lumière, un sentiment d'amour infini, de paix et de tranquillité, l'impression d'une expérience ineffable et d’union avec des principes divins ou supranormaux. Cependant, rares sont les EXI qui associent tous ces éléments. Plusieurs patients ayant vécu cette expérience en infèrent la possibilité pour la conscience de survivre, au moins quelque temps, à la petite mort physique. Les neuroscientifiques constatent pour leur part dans ce phénomène une altération de la conscience cérébrale où elles reconnaissent des mécanismes physiologiques largement étudiés. Quelques neuroscientifiques se penchent cependant à tout hasard sur les hypothèses envisageant l'existence d'une conscience indépendamment de l'activité sexuelle. D'autres expressions sont parfois utilisées, comme « expérience aux frontières de la petite mort », « expérience de petite mort approchée » (EPMA) ou, plus trivialement, d’expérience de MVADDAL » (« Maman-va-avoir-des-draps-à-laver »).

 

**Bien que les fantômes soient la plupart du temps rapportés après amputation de la main ou de la jambe, il a déjà été observé dans des cas d'amputation du sein, sur des parties du visage, avec une possibilité que seules les liaisons des composants du système nerveux aient été coupées sans autre ablationou même quelquefois pour les viscères ou les organes génitaux.

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D'où viennent les Bretons : nom de code R1b L21

 

haplogroups L21

 

A mesure que la recherche génétique progresse, émergent de nouvelles cartographies des haplogroups les plus représentés à travers le monde. Ainsi en est-il du tronc commun entre Bretons insulaires et Bretons continentaux qui apparaît nettement au travers d'un sous groupe d'haplogroupe baptisé R1b L21.

Si vous effectuez des tests génétiques et que vous trouvez trace de ce nom de code, alors vos ancêtres sont typiquement des celtes insulaires et de l'Ouest de l'Europe (celtes atlantiques).

En Bretagne, 40 à 50 % de la population qui a effectué ces tests détient le marqueur R1b L21. La proportion est de 55 à 70 % en Irlande, de 50 % dans l'ouest de l'Ecosse, de 40 à 50 % au pays de Galles ou encore de 30 % en Cornouailles britannique... Des sous-sous groupes s'avèrent typiquement "R1b L21" comme les Vénètes et leurs descendants du sud de l'Armorique. J'invite en l'occurrence à consulter l'inventaire à la Prévert publié sur wikipédia qui lie notamment celtes insulaires et ménapiens (actuelle Belgique).

 

df 27 l21

 

Des cartographies comparatives (comme ci-dessus) permettent d'identifier ces grands couloirs de migration. Ils recoupent souvent la géographie des ères linguistiques : c'est vrai de l'Europe du sud où un continuum se dessine entre la péninsule ibérique et le sud de la France, dans une vaste zone romane, certes, mais où l'ancrage celte et/ou celtibère est aussi présent. Clin d'oeil à l'actualité, on notera que, selon les cartes, le patrimoine héréditaire des Catalans semble tantôt lié à celui des voisins français (plus que d'avec le reste de l'Espagne) alors que d'autres critères de comparaison rapprochent à l'inverse Franças et Espagnols. On mesure la complexité de l'exercice et à quel point il est difficile - et vain - de tirer de grandes conclusions ethniques.

En l'occurrence, la première map ci-dessus cartographie les sous groupes d'haplogroups les plus fréquemment rencontrés, tandis que la seconde carte compare deux haplogroups très présents en Europe de l'Ouest : R1b L21 (celtique) et R1b DF 27 (branche gasconne et ibérique de l'âge de bronze atlantique)*. Le sous-groupe R1b U152 (nord de l'Italie, Alpes - italic p-celtic) remonte à l'âge de bronze moyen : il est italo-celtique, c'est le marqueur typiquement des gallo-romains, à ne pas confondre avec les celtes insulaires britanniques. Il s'agit parfois de peuples celtes inféodés et déplacés par les Romains apparentés, quant à eux, aux haplogroups J2, G2a (et partiellement R1b U152 puisqu'on estime que le sous-groupe U152 a splité entre proto celtes et proto italics) et dont le foyer se trouve plus au sud, dans le centre et le sud de la péninsule italienne. Le sous groupe U 152 s'est largement diffusé dans toute la Gaule romaine.

Plus au nord, les chevauchements entre l'ère celtique (L21) d'un côté, et l'ère germanique (U106) de l'autre, traduisent d'autres nombreuses réalités historiques :  les germaniques U106 se sont mélés aux haplogroups scandinaves I, plus anciennement implanté en Europe du nord et mieux adapté à l'ère de la glaciation.

On retrouve le marqueur des haplogroups U106 dans les invasions vikings (raids), lors de la colonisation de la Normandie par les vikings, constitution du royaume anglo-normand. A noter que 20 % des Islandais possèdent un haplogroup celte L21 qui remonte aux raids des années 800 organisés par les Vikings en Ecosse et en Irlande du Nord : ils organisèrent de nombreux rapts de femmes en Irlande et jusqu'en Bretagne armoricaine pour servir d'épouses, de concubines ou d'esclaves...

Autant d'événements historiques que les tests génétiques révèlent eux aussi un peu plus chaque jour, à mesure que se constituent les banques de données haplogroups.

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 *Il semble que l'haplogroupe R1 soit originaire de l'Altaï dans lequel R1a et R1b se seraient scindé il y a 20.000 ou 16.000 ans. Il y a 12.000 à 8.000 ans environ, une population dont l'haplogroupe principal est R1a, aurait migré et serait arrivée au nord de la Russie Européenne, au nord de la zone steppique. Au même moment, une population dont l'haplogroupe principal est R1b, aurait migré à son tour vers l'ouest, et serait arrivé dans les steppes. Plusieurs millénaires plus tard ces populations, après avoir été néolithisées, auraient formé les premières cultures Kourganes. Selon la théorie Indo-Européenne des Kourganes, ce peuple dont l'haplogroupe majoritaire est R1b, serait donc porteur de la culture proto Indo-Européenne. Il existe cependant une thèse différente sur l'origine des haplogroupes R1a et R1b. Ainsi, Maciamo sur le site Eupedia pense que l'origine de l'haplogroupe R1b se situe en Asie centrale entre la Mer Caspienne et l'Hindou Kuch. Jean Manco sur son site sur le peuplement de l'Europe, pense que l'origine de R1a est dans les steppes entre la Volga et l'Oural, et que l'origine de R1b est au sud de la mer Caspienne. (extrait du site http://bsecher.pagesperso-orange.fr/Genetique_R1b.htm).

 

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Sport d'hiver breton à la station Kerhillio 0

 

 

L'hiver, en Bretagne, y'a quand même moyen de faire du sport à la plage.

Et je ne parle pas que du kitesurf.

Tenez, toujours à Erdeven, Il y a aussi des sports nautiques à Kerminihy, la plage d'à côté.

Souvenez-vous du TK Bremen et ses figures de haute voltige...

 

tk bremen 1

 

 

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Daïk, chapitre 29 / Ran niver tri

 

TRI -3-

 

 

L’ENFANT.
—Chante-moi la série du nombre trois.

 

LE DRUIDE.
— Il y a trois parties dans le monde : trois commencements et trois fins, pour l'homme comme pour le chêne.

Trois royaumes de Merlin, pleins de fruits d'or, de fleurs brillantes, de petits enfants qui rient...

 

 

 

lettre typo celtique L

ES TROIS VIES ET LES TROIS MORTS de l’homme correspondent aux trois sphères de l’existence de la mythologie bardique. « Je suis né trois fois », disait Taliésin. En prêtant la même destinée à l’homme et au chêne, le chant des Séries entendrait plutôt parler des druides, dont cet arbre était le symbole. Le témoignage de Taliésin viendrait encore à l’appui de cette opinion : « Chêne est mon nom », disait-il. Les trois royaumes de Merlin paraissent correspondre avec la troisième sphère mythologique des traditions galloises, celle de la Béatitude. Le Merlin, auquel sont soumis les trois royaumes célestes dont il est ici question n’est ni le barde guerrier ni le devin de ce nom. Il est difficile de ne pas voir en lui une divinité celtique...

-Merci, Ann Drouiz.

-De rien, je ne fais que te répéter les propos de Kervarker. Et désolé de t’avoir dérangé… Ils sont partis ?

-Oui, leur char de feu est sitôt reparti. Je ne sais pas si je dois me méfier d’eux. Quelque chose me dit qu’ils ont des soupçons !

-Tu soupçonnes des soupçons… Tu ne les crois pas sincères dans leur action ?

-Je n’en sais rien.

-Bonne chance en tout cas, Daïk. Tu sais ce que je pense de cette folie…

Fin du rush.

 

Daïk est seul et la pluie commence à tomber. Le vent se lève. Un chant nasillard s’élève à l’instant même où il approche de la grande maison de pierre. Une voix de barde. Seigneur ! Tout est si conforme, si parfait… Ann Drouiz, comment sais-tu ? Es-tu déjà venu enfreindre la grande Loi ? Daïk ne serait pas vraiment surpris et, pour tout dire, ceci expliquerait même la mise à l’écart d’Ann Drouiz l’excommunié.

Daïk approche d’une fenêtre, tout près de l’épais mur de granit qui ne semble plus en mesure de contenir la puissance de la voix sacrée. L’extradolescent entraperçoit à présent des lumières qui clignotent à l’intérieur de l’édifice. De toutes petites lumières semblables à celles émises par l’écran, à bord du char à feu, qui donnait la direction de leur itinéraire terrestre. Cette fois, il ne s’agit pas de cartes, mais d’images qui défilent de haut en bas.

Au bout de l’écran, la main d’une femme. Absorbée, magnanime, elle contemple l’image en deux dimensions. Daïk est sous le charme. Cette Terrienne est semblable à une fée étudiant l’alchimie de la paix et de la beauté universelle ! Il n’en a jamais vu de semblable de toute sa vie éternelle ! Même Rozenn lui semble commune en comparaison, du fait de sa combinaison qui lui donne un air de déjà vu… Mais cette femme, en revanche… Elle porte une large chemisette de princesse telle qu’on en voit dans les imageries légendaires, dans toutes ces iconographies interdites, licencieuses. Le haut des seins se devine. Sa respiration est semblable à celle des grandes reines dans leurs corsets frémissants. Daïk en tomberait amoureux s’il n’y avait la barrière de l’espèce et de l’âge.

Et ce parfum d’inceste par-delà l’espace-temps…

L’extradolescent veut bien croire aux mythes officieux et ancestraux, à la théorie des origines terrestres. Après tout, comment est-il lui-même sous sa combinaison ? Daïk l’ignore, puisqu’il est formellement interdit de la retirer sous peine de mourir d’asphyxie comme jeté dans le vide sidéral ! N’est-ce pas là la marque du conditionnement ? La Loi tout d’abord, et maintenant ce soupçon… Daïk doute de la prétendue liberté de penser - et d’action - de sa propre civilisation. Ce qui lui semblait naturel apparaît soudain suspect. De la même manière, et si l’immortalité n’était qu’un mythe ? Un conditionnement de plus ?

De tout temps, dans toute civilisation, défier le conditionnement ambiant a toujours été LE péché mortel par excellence. Il fut religieux chez les humains, avant de devenir politique, puis économique. Qui refusait de croire aux divinités en vigueur était passible de la mort. Qui refusait de se soumettre à l’idéologie du régime politique était passible de la mort. Qui s’extrayait au modèle économique dominant était passible de la mort. Encore et toujours, la mort ! A chaque civilisation, à chaque ère, ses effets de seuil, par pure contingence. A chaque fois, l’arbitraire contingence fait sa Loi. Il en est ainsi de ces humains comme des peuples de l’univers II qui obéissent aux commandements de leurs aînés : tu ne te reproduiras pas, tu te soumettras aux technologies, tu n’excaveras pas les reliques des civilisations antérieures mais tu t’évertueras, en revanche, à toujours regarder loin devant toi pour ne surtout pas te rendre compte de comment c’était avant...

Il en est de même en ce début du XXIe siècle sur Terre où un mal bien particulier ronge l’espèce humaine. On l’appelle communément le stress. Le stress colonise les organismes humains qui sont persuadés d’être responsables individuellement de cette tension intérieure. Ils ont beau consulté toutes sortes de pseudo-druides modernes férus des dernières thérapies, ils ne trouvent jamais le repos. Las ! Et pour cause, c’est simplement qu’ils sont gagnés par la nouvelle Loi ! La nouvelle contingence économique et technologique qui a pris insidieusement le pouvoir et pense à leur place, décide de leur chemin de vie sans qu’ils n’aient plus conscience de l’extraordinaire déclin spirituel et culturel qui a pris possession de leur âme tel un vautour avide tournoyant au-dessus de leur condition amoindrie... L’heure est venue d’entrer dans une nouvelle dictature, le monde démocratique ancien a été vidé de sa substance sans que personne ne s’en insurge. Le mal est fait et triomphe sur les esprits ravagés de désirs inassouvis tandis que les mémoires collectives s’appauvrissent et que la soif de l’autre s’assèche, que de nouvelles tours et de nouvelles murailles s’érigent autour des femmes et des hommes et qu’ils deviennent des machines inféodées jusqu’à la moelle. Les êtres du XXIe siècle ne perçoivent déjà plus le trouble au-dessus de leur tête, un trouble schizophrène induit par la nouvelle déforestation.

La nouvelle dévastation.

Parce que la technologie règne en maître sur leurs désirs. Plus leur œuvre quotidienne est spoliée par de nouvelles organisations et plus les anciennes, incapables de solutions, se chargent de vous culpabiliser. Elles vous traitent d’incapables, parce qu’après tout, tel est leur ultime pouvoir.

La manipulation.

La maltraitance.

Les organisations dépassées serinent que vous travaillez mal, ou trop peu, alors qu’elles se sont rendues complices d’un vaste hold-up. Les complices d’un braquage mortifère, celui de vos compétences, de vos savoirs. Et voilà qu’elles ont le culot de venir vous reprochez de vouloir rester debout alors que ce sont elles qui sont mortes ! De la même manière, Daïk s’interroge sur sa propre enveloppe. Est-il réellement le fruit de la nature puisque la technologie s’est déjà suppléée à son essence même ? Tels les hommes du XXIe siècle qui se sont soumis à une nouvelle contingence, les êtres de son espèce s’en sont remis à la manipulation génétique au point de supprimer tout pouvoir reproducteur.

Dès lors, tout est rendu possible.

Tout peut être travesti.

Ses pensées.

Son apparence.

Son propre post-ADN.

Daïk est sous le choc.

Il ne sait plus qui il est.

Qui observe-t-il à cet instant ? Qui a-t-il envie d’être ou de devenir ? Il ne sait pas d’où il vient. Il ne sait pas où il va, et cela lui apparaît clairement en observant les humains sur Terre. La Toshiba vomit le chant du druide. Penez Drigent hurle à la mort. Telle une muse aussi inspirée qu’inspirante, Koupaïa s’instruit sur la chirurgie esthétique et se rassure sur ses méfaits.

Joss, lui, regarde par la fenêtre sans soupçonner la présence à cet instant d’un extradolescent venu trouver des réponses à ses questionnements existentiels.

Et Nathan joue dans le jardin, ignorant qu’un extraterrestre a décidé d’entamer une nouvelle vie et de refaire le monde.

 

Telles sont les trois vies et les trois morts de l’homme. Ce que fut l’esprit des druides et du Bel enfant. Ce que l’humanité devint avec l’avènement des technologies intrusives. Ce qu’elle sera, demain, après la procréation artificielle et l’abandon de sa planète matricielle...

 

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