Chapitre II

Martin reste sans voix, le corps de Pavel à ses pieds. Et il

ne comprend pas. Le gaz se déverse et, comme par magie, Martin

survit. 

Il mesure l’étendue du carnage, tourne sur lui-même puis considère

ses mains. Pas de gants. Par chance, il déniche sous l’évier des produits

ménagers, puis attaque un époussetage doublé d’un coup d’éponge.

En quoi a pu constituer sa mission, au-delà

de cet homicide indirect ?

Il y a un sens derrière cette opération funeste.

Il y a une raison d’État qui le dépasse. 

Décemment, il y a une raison.

Ou alors c'est cette satanée 'porte' de Pandore...

 

 

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Chapitre I

 

Hôtel Ukrainia, Moscou. Première mission à l’étranger.

La chambre est simple, sommaire, mais débouche,

telle une valise à double fond, sur une suite

plus spacieuse. Pavel lui explique que le personnel

de service ne sait même pas qu’une telle chambre double existe.

– Comment est-ce possible ?

– L’étage a été cédé à une société privée. Les propriétaires

de l’hôtel sont persuadés qu’il appartient en sous-main à

un émir du Golfe. En réalité, ce sont bien nos services qui

sont derrière. Rares sont ceux qui ont connaissance de cette

suite à double fond. Le Cas n’est répertorié par aucune

organisation officielle et ne figure sur aucun organigramme.

Contrer les faux suicides inexpliqués est son fond de

commerce. D’ailleurs, le Cas est un surnom « maison » pour

centre antisuicide...

– Charmant. Et quand a été créée cette petite merveille ?

– Au début des années 2010, à partir d’un noyau dur

d’éléments ayant servi dans les années 80-90, lui explique

Pavel.

Pavel n’a de slave que le pseudo. Son allure d’athlète

trapu au visage olivâtre fait plutôt penser à un Caucasien

du sud. Martin n’ose imaginer le parcours qui a pu le mener

jusqu’aux succursales obscures de l’hôtel Ukrainia, au coeur

de Moscou. Depuis le milieu des années 80, les alliances ont

bien changé. Le rideau de fer s’est levé sur un autre rideau

tout en clair-obscur. Les Nouveaux Russes ont succédé

aux Soviétiques. Le monde arabe a redoublé d’ébullition.

L’argent du pétrole a changé de drapeau. Le vent des ventes

d’armes a viré de bord aussi. Les flux sont nouveaux mais les

acteurs n’ont pas tous changé de visage, loin s’en faut.

– Ces éléments ont connu tous les conflits de l’époque,

j’imagine.

– Oui, bien entendu. Comme l’Afghanistan, le conflit Iran-

Irak, la crise des euromissiles… Moi-même, je ne connais

pas l’histoire du Cas dans ses moindres détails, et je ne suis

pas certain que vous soyez là pour le servir, en réalité ! Peut-être

êtes-vous là pour nous liquider, lâche-t-il dans un rire

glacé. Vous savez, les agents doubles, c’est vieux comme le

monde, je devrais peut-être me méfier de vous !

Il rit.

Martin s’est plié de bonne grâce au lavage de cerveau.

Il a juré de ne pas poser de questions sur les affaires, ces

mystères de la Ve République. Il a intégré le renseignement

puis le Cas sans autre motivation que de vouloir sortir de la

zone grise et ténébreuse de la vie après chute libre…

Il se souvient avoir un jour tapé « absorber une forte dose de Valium »

sur le net, et il était tombé directement sur l’énigme Robert Boulin.

C’était après son burnout social et sexuel.

Et juste avant la mission moscovite.

 

*

 

Pavel glisse sa carte magnétique dans la fente, à gauche de

la porte de la chambre. Un clic d’arme automatique retentit.

Il précède Martin dans l’antre.

Martin a l’impression d’entrer dans son enfance. Les

murs, la tapisserie, la moquette à acariens, les stores baissés,

la pénombre d’une chambre fantôme… Pas d’open space.

Personne. Pavel avance le premier dans la pièce tamisée qui

empeste le renfermé :

– Vous êtes sûr qu’il s’agit du bon service, ici ?

– Bien sûr, sans ça ma carte magnétique n’aurait jamais

fonctionné.

– Mais vous êtes déjà venu ici ?

– La chambre n’était pas comme ça… Il y avait un placard

près du lit, qui donnait sur une antichambre…

– Eh bien, justement, où est-il ?

– Hé… Il n’y est plus ! Ils ont entièrement refait la chambre,

putain !

Pavel s’agite dans tous les sens, soulève le dessus de lit qui

dégage une forte odeur de poussière et de phénols 

en tous genres.

– On s’est fait piéger ! Il n’y a personne ! La porte ! Vite,

il faut sortir de là !

– Euh, problème. La porte est verrouillée !

Martin a cuirieusement le temps de songer à la validation

de son épreuve pratique puis à sa première mission en conditions réelles.

C'était en pleine guérilla urbaine à Nantes, un 1er novembre. Plusieurs

centaines de manifestants s’en prennent aux forces de l’ordre au cours

d’une manifestation contre les violences policières après de

graves incidents dans le Tarn, à Sivens. Le centre ville de

Nantes est neutralisé. Le trafic sur les lignes de bus et de

tramway est interrompu. Ligne 3, station Félix Faure dans

le sens Marcel Paul > Neustrie. La conductrice de tram

annonce qu’elle ne poussera pas plus loin. « Passé Viarme-

Talensac, la manifestation dégénère », prévient-elle d’une

voix à la fois tendue et assurée, presque familière. Tout le

réseau des transports en commun de l’agglomération est

en alerte, tandis que les casseurs prennent les manifestants

de vitesse avec comme centre névralgique la place de la

Petite Hollande. Quinze heures passées, les gaz lacrymogènes

sont lâchés et pénètrent dans les derniers wagons du tram

immobilisé qui patiente à la station, en embuscade, après

avoir fait demi-tour sur les rails. La conductrice prévient :

« Nous attendons 16h22 pour repartir en direction de

Marcel Paul, sauf si les manifestants reviennent sur nous. »

C’est ce qui se produira in extremis. Le tramway de 16h22

part avec plusieurs minutes d’avance afin d’éviter d’être pris

à parti, plantant sur place les premières âmes dispersées. Des

familles paniquées et des étudiants émoustillés embarquent

de justesse et parlent de scènes de guerre. Une maman est

sous le choc, s’inquiète pour son bébé apeuré, blotti dans sa

poussette. Il a reçu des gaz lacrymogènes. « Il en a dans la

gorge ! » Au téléphone, elle parle à son conjoint, le rassure

sur le bébé et dit : « Franchement, tu aurais eu peur ! Même

toi, t’aurais eu peur ! Ils balancent des gaz sur tout le monde,

sur les poussettes, les enfants, tout le monde, ils ne font

pas de détail, ce sont de vrais biomans ! ». Dans le wagon,

l’un des trois manifestants blessés, une jeune femme de 21

ans venue protester, en short, ses cheveux blonds attachés

en chignon, est assise. Elle a été touchée aux jambes par

des éclats de grenade de désencerclement. Le bandage

fraîchement déroulé de la cuisse au mollet, par un médecin

en civil, elle est pendue à son téléphone. Dans un sac à dos,

tout le nécessaire pour intervenir à chaud. La jeune femme

a été secourue sur le trottoir quelques dizaines de minutes

avant d’embarquer dans la rame. Au téléphone, elle fait le

récit musclé des scènes d’affrontement avec un parti pris

pro-manifestant appuyé. Dans le tram de la ligne 3, flotte

une atmosphère étrange, entre stress généralisé et grande

lassitude. Les passagers fustigent l’agressivité et la stupidité

des manifestants, des groupuscules armés et cagoulés

disséminés dans le flot des quelques centaines de participants,

tandis que les témoins embarqués à bord chargent, eux,

les forces de l’ordre qui ne font pas de détail, s’en prenant

indifféremment aux manifestants comme aux mères de

famille tombées au mauvais moment du côté des 50 Otages

ou de la Tour de Bretagne. Le tram de 16h22 s’éloigne,

prend de la vitesse, fuit le centre-ville avant de risquer de

se faire remonter par des casseurs ou d’être absorbé par

un nuage lacrymal géant. Il échappe de justesse à la meute

qui remonte sur eux, alors que Martin se fait passer pour

un agent du SCRT, le Service central de renseignement

territorial, et se tient dans la cabine de pilotage d’un tram en

compagnie de la conductrice… Il ne sait pas à qui il relaye

les informations délivrées auprès de la conductrice par le

centre de contrôle des transports en commun. Pour qui

travaille-t-il ? Pour l’État ? Pour une multinationale associée

au projet de l’aéroport ? Pour un concurrent ? Pour les

Zadistes ? Pour un groupe de soutien étranger dans le cadre

d’une opération de déstabilisation ? Pour qui ? La CIA, le

lobby européen écologiste ? Tout est possible et Martin se

sent pris au piège dans le poste de conduite d’un tramway,

en compagnie féminine. Open space : un mètre carré,

deux maximum. Proximité : troublante. Peur des femmes :

immunodéficitaire acquise. Érotomanie : maximale dès lors

qu’il se trouve en compagnie immédiate d’une femme dans

un espace réduit et qu’une pulsion souterraine monte en lui

et dit : une femme, un homme = le début de l’humanité. Et

là, à présent, il est seul dans une chambre d’hôtel minuscule,

en compagnie de Pavel qui commence à péter les plombs. Et

là, il se dit : bosser entre mecs, aucun problème ; déconner,

relativiser, jouer les caïds, ce n’est pas un problème tant

qu’il n’y a PAS de problème ! Il ne gère plus la montée en

pression du Pavel qui lui parle fin de la partie :

– C’est un piège, bon sang, connard ! Regarde là !

Martin se tourne vers le plafond. Il contemple le

firmament de la chambre de l’hôtel Ukrainia comme s’il

s’attendait à une irruption divine. L’heure de la rédemption

a sonné ! Un nuage de gaz lacrymal sort d’une bouche de

la taille d’un détecteur de fumée qui, à défaut de sonner

l’alerte, se rend complice du guet-apens. Martin tente une

vaine défénestration. Impossible d’ouvrir ne serait-ce que le

store, comme collé à la fenêtre ; il fait corps avec la structure

et, surtout, il n’y a pas de balcon. Pavel se tourne vers lui, le

visage livide, et s’effondre. Martin s’attend à s’effondrer à

son tour, mais non. Rien. Il ne se passe rien pour lui.

Il reste droit comme un i.

IL EST BIOMAN.

Dans son oreillette, une voix brise le silence après guerre, comme

si elle fendait la brume, lourde et blanche, qui enveloppe l’appartement.

Elle lui dit :

- Parfait, mission presque accomplie. Retournez

dans le vestibule.

– Mais j’y suis !

– Vous y êtes ? Très bien, regardez, il y a une porte à

galandage en face de la penderie. Vous y êtes ? Ouvrez-la. Il

y a une kitchenette derrière la porte. Très bien. Vous voyez la

plaque de gaz ? Oui ? Eh bien, c’est parfait. Tournez le gaz.

– Vous plaisantez ?

– Allons, ne faites pas l’enfant. Vous n’êtes plus à ça près.

Un gaz va en remplacer un autre. Vous ne risquez rien, tout

est au point. Nous vous prendrons en charge avant que votre

médicament ne fasse plus effet. Assurez-vous que Pavel ne

bouge plus. Il est comment là ?

– Eh… Raide comme la mort !

– Est-ce qu’il respire encore ?

– Putain, qu’est-ce que j’en sais, moi !

– Vérifiez, s’il vous plaît, lui lance une voix blanche dans

l’oreillette. Une voix fatale. Martin s’exécute :

– Il ne respire plus !

– C’est parfait. On vous fait confiance, hein. Il ne respire

plus du tout ?

– Non, il ne respire plus, ça vous va ?

– Très bien. Maintenant, attendez-nous, on vient vous

récupérer avant les secours...

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Hôtel Ukrainia, extrait #2

 

REMEMBER, REMEMBER, REMEMBER.

Martin en a du chemin à faire.

Sortir du mode ERASE.

Depuis qu’il est né.

Depuis qu’il compte vite comme personne.

Depuis que l’invraisemblable raisonnement a fait que ses

parents, par une sorte de syllogisme mal armé, l’ont emmené

veiller la mort d’une jeune âme à la vie naissante.

Il n’a même pas l’alibi d’une guerre, d’une circonstance

accablante. La scène s’est déroulée paisiblement, dans

l’intimité d’une famille normale, ni parfaite ni totalement

bancale, juste normale. Cette scène ne l’autorise à rien

d’autre qu’à lancer une sorte de compteur mental qu’il

essaye de comprendre, qu’il observe à la loupe, déformante

forcément ; il ne sait pas que penser de ce drame

(le mot lui est apparu très tardivement).

Un drame… auquel il n’aurait jamais dû assister.

Comme il se sent redevable de cette cible bleue au milieu

du front, parfois… C’est une aiguille enfoncée dans sa

conscience l’empêchant de se dire, comme un recours divin

au beau milieu du chaos du quotidien, que tout va bien, que

tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes et que

l’enfance est un sanctuaire, un âge d’or invincible, ô combien

fragile, mais invincible, et que l’enfant doit en être persuadé.

Il harcèle ses parents pour que l’on retrouve son doudou, que

l’on chérisse ses nuits à coups de chansons fleuries comme la

paix éternelle, et ainsi tout rentre dans l’ordre, tout est rangé à

sa place, comme cela devrait se produire toujours,

à la tombée de la nuit.

Une journée d’enfant doit se terminer par

une belle sonate d’amour.

La comptine est l’arme absolue du bonheur.

La sienne s’appelle un compteur.

 

*

 

Il compte, seul. Il ne connaît jamais le repos. Il ne le

connaîtra peut-être jamais. Aucun psy ne l’a sorti de ce

cauchemar. Au secours ! Il vous le dit tranquillement :

« Au-se-cours. »

Il n’a connu aucun drame majeur, pas de guerre, il n’est

le témoin d’aucun meurtre, seulement d’un drame injuste

et d’une erreur de décision. 

D’ailleurs, Martin hait les décisions,

parce qu’une décision lui apparaît comme un couperet

mortel.

Même si décider fait le lit de l’existence.,

pour lui, une décision fait un heureux et un malheureux.

Alors, ne comptez pas,

mais CONTEZ à vos enfants.

Vous en ferez des femmes belles

et des hommes beaux.

Ne laissez pas un enfant compter dans

le silence jusqu’à quatre-vingt mille. Comment arrêtera-t-il

le compteur un jour ? De quelle manière ?

Trouvera-t-il la force, la sagesse ?

79 998, 79 999, 80 000. Et puis, plop…

Stop.

Il arrête.

Pourquoi ?

Avait-il solutionné le problème ?

Arrêter ce compteur maudit n’était-ce pas décréter

que l’on est épuisé ?

J’abandonne.

Je rends les armes.

Je n’existe plus.

Je suis vaincu.

Le compteur des chiffres a vaincu la comptine.

 

*

 

 

 Couv

 

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Hôtel Ukrainia, extrait #1

 

 

Un bling retentit, un bling de micro-ondes.

Ascenseur.

– Où va-t-on ? demande Martin, ramené à la réalité.

– À ton avis ?

– On rentre ?

Il soupire grassement :

– Oui, c’est ça l’idée.

– Où ça ?

Ducon, le sous-sol. Direction le parking souterrain. Eh

bien, vous savez quoi ? Il est incapable de localiser leur

centre d’action sociale, aucune espèce d’idée ! Le Cas, centre

antisuicide… Seigneur, quel nom !

– Et Marika ?

– Elle essuie tes conneries.

Et elle n’est pas fière de contempler l’étendue des dégâts.

Une sorte de gaz moutarde partout. Équipée d’un masque la

rendant notoirement anonyme, elle inspecte la kitchenette,

remet les éléments en place. La trappe au plafond ? À

refermer avec la gaule dans le placard. Elle se dirige droit

vers le placard, ouvre la porte, et là… surprise ! La gaule s’appelle

Pavel ! Droit comme un i, le ténébreux la contemple,

debout, jambes croisées, une main appuyée contre le

mélaminé. Marika pousse un cri :

– Mais vous êtes malade ! Vous m’avez fait une peur bleue !

– Vous aussi, je vous signale. »

Pavel se gausse comme un gosse, sort du placard,

se plie en deux :

« Marika… excusez-moi, c’était plus fort que moi… Je

voulais tester votre réaction, je suis désolé… Ça ne fait pas

du tout partie du protocole, nous ne vous en tiendrons pas

rigueur, je vous rassure, hein. Je crois que c’était aussi drôle

qu’effrayant ! Ouffff, on n’a pas l’occasion de rigoler tous

les jours non plus, vous ne croyez pas ? »

Quel humour…

Humour revenant à se poser la question trépidante

suivante : quand Pavel avait-il rigolé la dernière fois ? Marika

soutient son regard. Le slave, saillant comme le professeur le

plus squelettique que l’espace russophone ait porté (son pire

professeur de gymnastique qui lui inculquait l’art d’oublier

qu’elle appartenait au règne des vertébrés), lui restitue un

sourire sans appel : un sourire de sale type qui s’est trompé

de cursus. Pavel n’est pas un sale type, Pavel est en souffrance.

Il apprend la torture à la mode occidentale, ce qui le change

de ses antiques caciques soviétiques. Pavel n’est plus au pays

des Soviets, il n’est plus un Tatare de la torture, Pavel est

désormais un vicieux éduqué et stylisé : le capitalisme a

son vernis, son charme ; il se plie de bonne grâce à cette

profondeur de champ aussi infinie que fertile que l’on

appelle le bon droit et qui vous donne cet air juste, cet air

noble. On lui inculque un nouvel héritage fait de liberté et de

résistance à l’oppresseur. Il ne sait pas ce qu’il doit en

penser au fond de lui. Il sent que Marika se pose les mêmes

questions. Ils sont tous les deux comme des Ukrainiens qui

basculent, transitent, se mettent à nus comme des Femen,

se divisent, subissent, mais l’Oural n’est jamais loin dans

leur coeur. Ils refusent de se dire qu’ils pourraient peut-être

se tromper de combat. Ils sont humains et c’est bien le

problème. Ils ne sont pas assez binaires. Or, la technologie est

en train de faire des Occidentaux, des esprits plus binaires

qu’ils ne veulent bien l’admettre.

Ils sont en train de creuser leur tombe avec ça.

Ils donnent raison à leurs ennemis.

La technologie déshumanise le camp du Droit.

Il est temps de se ressaisir… De rappeler qui est le patron

du monde libre. Certainement pas la technologie. Cela ne

devrait pas ! La technologie culmine quand une civilisation

bascule. Laisser la technologie prendre le pouvoir revient à

rendre les armes de l’esprit, du compromis, de l’empathie,

de la solidarité, de l’humour, aussi. Et de l’amour, surtout.

La technologie n’a pas d’âme. La technologie fait le lit du

terrorisme, pis, l’alimente. Elle est le nouveau poison

de l’humanité. Les guerres du XXe siècle auraient-elles

existé sans le saut technologique ? Tout cela n’est pas qu’une

affaire de dominos, de traités, d’attentat de Sarajevo. La

guerre moderne est rendue possible par le bond en avant des

technologies. Quand la technologie rencontre une idéologie,

pchiiiiiiit…

DO NOT CROSS.

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N'en déplaise aux Brexiters, les Anglais sont franco-allemands à 70 %

 

26C86A2700000578-3000998-The_study_found_that_Britain_can_be_divided_into_17_distinct_gen-a-4_1426776373068

 

"Nous aimons nous considérer comme étant différents de nos voisins européens. Mais les Anglais doivent beaucoup aux Français et une bonne part aux Allemands - du moins en ce qui concerne nos gènes." ("We like to think of ourselves as being different from our European neighbours. But the English owe a lot to the French and a fair amount to the Germans – at least as far as our genes are concerned").. 

Selon une étude réalisée sur un échantillon de 2.000 Britanniques, des chercheurs ont comparé les résultats aux données collectées sur plus de 6.000 personnes de dix pays européens. Résultat surprenant : 45% des Britanniques possèdent des ADN d'origine françase et 25 % allemande. Beaucoup plus, en tout cas, qu'avec les Vikings et les Romains.

L'étude distingue 17 "clans" génétiques bien identifiés dans l'actuel Royaume-Uni. Autre enseignement : le rapprochement avec les gênes des Français serait antérieur à la grande époque anglo-normande.

 

26C5974400000578-3000998-The_diagram_above_shows_the_European_ancestry_of_each_of_the_17_-a-4_1426698810757

L'étude pointe les différents ratios selon les régions : c'est en Cornouailles, dans le Devon et dans le sud de l'Angleterre que la "présence" française est la plus forte dans l'ADN de nos voisins d'outre-Manche, mais aussi dans le nord du pays de Galles, région également marquée par une forte empreinte génétique allemande. L'étude pointe également le fait que les Gallois possèdent la plus importante présence des premiers arrivants dans les Iles britanniques dans leur ADN, suggérant que les Gallois sont les plus anciens britanniques.

 

"Are the Welsh the truest Brits? English genomes share German and French DNA - while Romans and Vikings left no trace."

Scientists found that Britain can be divided into 17 distinct genetic 'clans'

The Welsh have the most DNA from the original settlers of the British Isles

English genomes are a quarter German and 45 per cent French in origin

French DNA dates from before the Norman conquests of Britain in 1066 

Despite their reputation for raping the Vikings left little trace of their DNA

The ancient Romans also left little of their DNA behind after their conquest

People in Cornwall and Devon form two distinct groups that rarely mixed

 

L'étude ne dit pas à quelle époque les premiers arrivants de l'actuelle France et de l'actuelle Allemagne sont arrivés. Dans le cas de l'ADN "allemand" il est fort vraisemblable que les grandes migrations des Angles, des Saxons et des Jutes aient joué. L'empreinte "française" seraiit nettement antérieure et distincte de l'empreinte romaine, probablement à l'époque celte et au néolithique. La forte présence au pays de Galles confirmerait le fort ancrage celte continental, ce qui n'est pas illogique.

 

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Ah, une dernière info : les habitants du Yorkshire ne ressemblent à aucun autre :

 

les habitants du yorkshire ne ressemblent à personne d'autre


Voyage dans le ventre de la bête industrielle

 

acierie 1

 

Ca commence comme dans un film de science fiction. On pense à Valérian et Laureline, à Blade Runner ou au 5e Elément...

 

acierie 4 

 

Sauf que c'est bien réel. Il y a l'odeur, âpre, métallique, forcément. La chaleur, le bruit.

Dans un ululement de machines, le corps de la bête s'ouvre. 

 

acierie 3

 

Un homme est aux commandes. Insatiable, le chaudron de quatre tonnes est prêt à engoutir sa pitance. 

 

acieries 8

 

Il dévore toutes les deux heures des abats industriels et des corps démembrés de métal.

Des corps dont vous vous êtes vous-mêmes, peut-être, débarrassés un jour, dans une obscure décheterie...

 

acierie 2

 

Obscure comme ce décor onirique, cerné par la ville.

 

acierie 7

 

Mais las ! La besogne n'est pas accomplie. Il faut faire chauffer le ventre de la bête. Le porter à près de 1.700 °c...

 

acierie 6

 

... tout ça pour faire du produit de nos forfaits consuméristes... de nouvelles créatures.

 

acierie 9

 

La coulée est déversée dans des moules bruts : ils donneront naissance à des corps de pompe pour l'industrie pétrolière, à des sabots et des éléments de freinage pour trains et tramways, des éléments mécaniques pour camions militaires...

 

acierie 5

 

Bienvenue aux Aciéries de Ploërmel, pour cette visite guidée insolite dont je ne suis pas revenu tout à fait indemme.

L'un des derniers vestiges en activité du genre en France poursuit en l'occurrence sa mue. Les aciéries (95 salariés) devraient achevé en 2019 leur déménagement titanesque, entamé en 2011, et ayant mobilisé déjà quelque 12 millions d'euros d'investissement. Après les ateliers de finition, c'est cette fonderie à arc (par électrolyse) ci-dessus qui doit à son tour déménager pour rejoindre le nouveau site industriel à l'autre bout de la ville.

Un site plus moderne, plus performant et moins énergivore (à induction). Ainsi, évoluera-t-il enfin à l'abri d'un voisinage urbain qui n'avait plus grand chiose à voir avec celui qui présida à cette aventure industrielle, il y a plus d'un siècle...

 

A lire : l'article complet - et plus factuel - sur le site du Journal des entreprises.

D'autres news éco radiophoniques en Morbihan: http://laradiodesentreprises.com/broadcast/173039-L-Eco-dans-le-Morbihan

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Station de ski en Bretagne : les hauts Bretons n'ont pas dit leur dernier mot !

 

station de ski bretonne

 

Voici le toit de la Bretagne et du massif armoricain.

Vous avez probablement entendu parler du projet Menez Are 400, mené par l'association des Skieurs bretons ? Les journaux télévisés de 13 h  en ont fait l'écho, en décembre dernier, avec des images saisissantes...

 

station de ski en bretagne menez are 400

 

Personnellement, je suis fan ! J'ai hâte que le projet sorte enfin de terre (gelée)...

 

menez are 400

 

Ne pas pouvoir skier en Bretagne, c'est LA FRUSTRATION ABSOLUE !!! d'ici à ce que le Gulf Stream nous lâche les sabots "grâce" au réchauffement climatique. 

 

menez are 400

 

Mais les skieurs bretons peuvent-ils faire des miracles ? Certes, ils ont déjà implanté une remontée mécanique à Saint-Rivoal. Trop forts. Mais quid de la neige ?

De la neige, ici, il en tombe... quelquers jours par an, au mieux. De mémoire d'internaute, à Saint-Rivoal, on peut trouver ça (merci Lud29) :

 

67805100220121344

 

J'avais en mon temps posté quelques témoignages émus, un peu plus près du littoral :

 

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Mais le fond du problème, outre la neige (petit problème), c'est l'autorisation d'exploiter dans un tel site naturel. Car vous l'avez bien compris, la remontée mécanique de Saint-Rivoal est une incrustation, fort réussie, réalisée par l'association des Skieurs bretons...

Or, il y a une autre solution, bien plus sérieuse. Et je le dis bien fort : c'est du côté de la Haute Bretagne qu'il faut se tourner !

La première station de ski bretonne existe. Elle est sous nos yeux :

 

76559687

 

Suggérons de l'appeler Abbaretz 121.

Le sommet de ce terril d'étain se site en l'occurrence 5 mètres plus haut que le point culminant officiel de la Loire-Atlantique (colline de la Bretèche), Or, Abbaretz 121 a déjà ses aficionados :

 

76559671

 

Militons donc pour la création d'une remontée mécanique et l'ouverture d'au moins une piste en serpentin sur un mix à base de sel issu des marais salants ou, moins abrasif j'en conviens, de poudre d'étain...

Je vous le dis : les Hauts Bretons n'ont pas dit leur dernier mot.

Ne reste plus qu'à trouver les investisseurs !

 

Ur vranig a oa e kreiz ar c'hoad...

 

corbeau

86765200_o

A redécouvrir, un air traditionnel breton joliment interprété :

Ur vranig a oa e kreiz ar c'hoad,

Kanañ a rae a-hed an deiz

Kan, branig, branig, kan !

'vit plijadur vras hon diouskouarn

*

Il y avait une petite corneille dans les bois

Elle chantait toute la journée

Chante, petite corneille, oetite corneille, chante !

Pour le grand plaisir de nos oreilles

*

#4 - Ur vranig :

http://bed.ar.vuhezourien.free.fr/radio.blog/?autoplay=3

https://doriandre.wordpress.com/2012/11/

http://legueuloire.canalblog.com/archives/2013/05/20/27202059.html

 

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Chapelle Saint-Philibert, Morbihan

Chapelle Saint-Philibert, Bretagne, janvier 2017.

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L' h o m m e a u g m e n t é

 

Sensation étrange, désagréable, depuis quelques années. Quand j'écris, j'ai l'impression que cela n'a plus de sens. Que c'est devenu une gageure. 

C'est anti-économique.

J'ai l'impression que tout le monde se dit que cela ne sert à rien. Que les blogueurs sont trop nombreux pour être tous fous mais qu'il faut être fou pour être blogueur. 

En 2017, réfléchir se passe de lire et d'écrire tellement tout est devenu intuitif. On le voit bien, l'intelligence répond à un autre instinct. J'ai longtemps pensé que l'école puis la société abrutissait nos neurones. Qu'elles tuaient nos pensées en les remplaçant par des préfabriqués. Des pensées déjà mâchées.

On nous aliénait à l'idée que d'autres s'étaient eux-mêmes faits des Idées, avec un grand I. D'autres. Plus intelligents. Intelligents, voyez-vous, comme du temps où l'intelligence était... mieux avant.

En 2017, l'intelligence aurait muté, devenant intuitive. Les bêtes à concours auraient-elles donc été détrônées ? Les ânes, enfin sacrés ? 

En 2017, la philosophie n'accouche guère plus que de souris. Les philosophes aussi ont perdu leurs strophes. Parce que les strophes sont des coquilles vides, vides de substance, des carcasses encombrantes qui cadenassent les idées auxquelles on finit par ne plus vouloir penser.

Penser.

Penser comme du temps où l'on pensait penser pour toujours. Détenant la vérité pour la nuit des temps. 

Mais ça, c'était avant. C'était ce que l'on croyait avant que ces foutus ordinateurs viennent nous concurrencer, puis tout emporter.

Les ordinateurs nous ont challengés. Il nous ont fait perdre conscience que la conscience n'est pas ce que l'on pensait. Les ordinateurs nous font perdre conscience que la pensée est non seulement démodée mais qu'elle peut être copiée, collée, partagée, cédée.

Avec les ordinateurs, l'homme tombe de son piédestal et se prend même à croire que les animaux lui sont égaux. Voire supérieurs.

Paradoxe.

L'intelligence artificielle nous fait perdre conscience, comme si elle nous faisait oublier le fait que la conscience était notre chasse gardée.

Non, l'intelligence n'est plus notre panacée. Nous sommes sur un pied d'égalité avec tous les vertébrés, les crustacés... L'intuitif natif nous oblige à penser intelligence augmentée, mais n'est-ce pas pour compenser ce que nous avons volontairement abandonné ?

En 2017, c'est donc enfin la Sainte-Trinité.

L'homme, l'animal et l'intelligence artificielle, tous sur un pied d'égalité...

Comme si l'homme avait rétréci à s'augmenter...

Posté par ar valafenn à 01:05 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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