pôles régions

Cela devait être l'acte III de la Décentralisation. Aux manettes de la quasi totalité des régions françaises, la majorité allait enfin sortir la France de son architecture néandertalienne. Vous allez voir ce que vous allez voir ! A l'arrivée, le Jacobin François Hollande a recadré très vite ses troupes, appuyé par le métropolitain Jean-Marc Ayrault. Oubliée, l'idée d'une refonte des compétences, d'un renforcement des régions voire d'une légère réduction de leur nombre (que pèse le Limousin et ses 700 000 habitants face à la Bavière et ses 11 millions d'habitants ?), bref d'une refonte du millefeuille français.

Au lieu de tout cela, le gouvernement entend renforcer les pouvoirs des... métropoles françaises, encourager le maillage de pôles urbains. Bref, ça sent l'échelon territorial de plus ! Si si. Vous ne rêvez pas. Des années que les hauts fonctionnaires de la Datar, qui ont l'art de se perdre dans les méandres et les détails, planchent sur une métropolisation de la France et échafaudent des théories fumeuses sur le danger du "'polycentrisme éclaté"...

Des décennies que l'architecture centralisée française développe et amplifie en douce le bon vieux principe "diviser pour mieux régner" avec ses 36 000 communes (plus que tous les autres pays européens réunis), ses 100 départements et des poussières, ses 26 régions, ses communautés de communes et ses nouveaux palais, ses communautés urbaines, ses cantons, coquilles vides au charme suranné mais offrant de sympathiques strapontins à des milliers d'élus locaux...

Pendant que la compétition mondiale fait rage - et fait des dégâts - les autres pays européens (et pas seulement) simplifient, clarifient, délèguent, stimulent l'action publique au plus près des besoins avec un credo : favoriser l'échelon régional.

Plutôt que d'acte III de la Décentralisation, appelons un chat un chat. Il s'agit en réalité d'un acte III-1 de la Décentralisation faisant suite à l'acte II-1 de Nicolas Sarkozy en son temps.

Retour à la case départ donc, c'est mathématique.