Le 5 avril 1815, le volcan Tambora, en Indonésie, connaît l'éruption la plus meurtrière de l'histoire. Une éruption qui atteint son paroxysme le 10 avril vers 10 heures du matin puis vers 19 h, quand trois gigantesques colonnes éruptives fusionnent, élargirssant ainsi considérablement le conduit d'émission. La colonne finit par s'effondrer, créant d'impressionnantes coulées de gaz, de pierre ponce, de cendre... 
Il faut attendre le 15 avril pour que ne cessent les chutes de cendre, qui s'entendent jusqu'à 1 300 km de distance...

L'éruption a une puissance estimée à 8 fois celle de l'éruption du Vésuve, soit plus de cent fois les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki réunies.

Suite à l'expulsion de tant de magma, le reste de la montagne s'effondre sur lui-même, faisant diminuer ainsi l'altitude du volcan de quelque 1 400 mètres.

Des raz de marées titanesques frappent les îles sur plusieurs centaines de kilomètres, tuant entre 61 000 et 71 000 personnes.
La cendre envoyée dans la stratosphère fait plusieurs fois le tour de la Terre, causant, au début de l'été, d'étonnants couchers de soleil rougeoyants, qui ont inspiré des peintres comme William Turner (Didon construisant Carthage, La naissance de l'Empire Carthaginois, par exemple).
L'année suivante, en 1816, les moyennes des températures dans l'hémisphère Nord descendent de 0,5 à plus de 1°C. Dans toute l'Europe, 1816 est appelée "l'année sans été". Le continent connaît une terrible famine, causant la mort de 200 000 personnes.
Tous les records de baisse de température sont battus en 1815 et 1816.
L'Europe connaît plusieurs jours de gel en juillet 1816. Ce même été, il n'y eut pas une semaine sans neige, dans les Alpes.

Voilà qui relativise le piètre été que nous venons de connaître...

 

La naissance de l'Empire Carthaginois, William Turner, 1815.