Nucléaire : not in my Breizh yard ? #1

 

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Etude incroyable... et surréaliste ? Ce qui est bien avec l'atome, c'est que c'est tellement bordé, sécurisé, que l'on peut prédire au mort près le pire des scénarios. Imaginez une étude semblable sur les méfaits des panneaux solaires ou du chauffage au bois ? 

C'est en l'occurrence le JDD qui a publié dimanche 10 mars cette étude de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sécurité nucléaire) basé sur un accident majeur à la centrale de Dampierre en Burly, dans le Centre de la France. Un accident comparable à Fukushima ou Tchernobyl. L'étude dresse un tableau extrêmement sombre d'une telle catastrophe. Elle évalue à près de 56 000 morts potentiels pour environ 90 000 000 de personnes exposées, soit un taux de mortalité de 0.6 pour mille (mais combien dans un proche rayon ?). A titre de comparaison, la mortalité annuelle d'un tel bassin de population (les 3/4 de la France et de l'Allemagne) est de l'ordre de 8 à 9 pour mille.

L'étude n'est en réalité pas la plus pessimiste qui soit, puisqu'elle se base sur la probabilité des vents la plus élevée. A titre de comparaison, Fukushima a bénéficié de vents très favorables (80 % des rejets ont été dirigés vers l'océan pacifique, le bilan n'est que très provisoire, de l'ordre de 8 000 décès) tandis qu'ils étaient défavorables dans le cas de Tchernobyl, dont les estimations varient de 25 à 125 000 morts. Un vent du sud, par exemple, dirigeant les particules de césium 137 vers l'agglomération parisienne, mais aussi vers le Nord-Pas de Calais et le bassin de Londres, contrarierait sérieusement les estimations...

S'agissant de la Bretagne, la région demeure la moins exposée avec le pays basque du fait de sa position excentrée et, bien entendu, des vents dominants, très largement orientés à l'ouest et au sud-ouest. L'impact de retombées n'est pas à négliger toutefois comme le montre la carte centrée sur Dampierre. Quid d'un accident à La Hague ou à Chinon, sites beaucoup plus proches ? Certes, l'occurrence est extrêment faible à La Hague (vents de secteur nord-est quasi inexistants). Mais de là à dire not in my Breizh yard, on ne demande pas à voir...

vents dominants en bretagne

Ci-contre : la rose des vents en Bretagne (pointe occidentale) et au Cotentin. Plus la zone est développée, plus elle correspond à une fréquence importante. Les deux roses des vents témoignent d'une sur représentation des secteurs sud ouest. 

Posté par ar valafenn