Quelle carte bretonnante dans 20 ans ?

carte bretagne bretonnante

Cette carte est connue pour être le reflet de l'extension actuelle de la langue bretonne, actuellement parlée à l'ouest d'une ligne allant de Plouha à la presqu'île de Rhuys (violet). Le dégradé montre le recul au fil des siècles de ce qui fut la zone linguistique du breton, depuis les portes de Rennes et de Nantes.

Aujourd'hui, la progression des filières bilingues (environ 15 000 élèves scolarisés, soit une croissance annuelle de 3 à 5 % selon les années) ne doit pas faire oublier l'ampleur de la tâche pour garantir la survie du breton. Le nombre de locuteurs ne cesse en effet de décroître. Il est passé aujourd'hui en deça des 200 000 locuteurs tandis que le Gallois, lui, langue celtique cousine du breton, conforte ses 500 000 locuteurs. Il y a une génération seulement, la pratique de la langue bretonne était comparable à celle du gallois... La non ratification de la Charte européenne des langues régionales par le gouvernement, qui vient ainsi une nouvelle fois dédire ses promesses de campagne, est une preuve supplémentaire du manque de volonté politique et pas seulement au plan national. 

Le scénario le plus vraisemblable, actuellement, est celui d'un cantonnement de la langue bretonne à des foyers disséminés, autour des actuels pôles scolaires où l'enseignement du breton est assuré et autour des principales agglomérations où la génération de jeunes bretonnants actuel essaimera durant sa vie active. Aucune étude de prospective fiable existe sur la question, mais osons ne serait-ce que l'idée d'une piste de réflexion en suggérant une future carte de la Bretagne bretonnante calquée sur la carte actuelle des pôles d'enseignement du breton, qu'édite l'Office de la langue bretonne (ci-dessous la carte de la rentrée 2011). L'émiettement de la langue bretonne sur des foyers éclatés et péri-urbains (Vannes, Brest, Rennes, Nantes, Quimper...) risque de dessiner demain, dans une génération, une carte somme toute comparable avec un nombre de locuteurs de quelques dizaines de milliers de personnes seulement.

Si aucun plan d'action ambitieux n'est développé, c'est ce vers quoi tend le plus vraisemblablement la langue bretonne.

 

langue bretonne dans 20 ans

Posté par ar valafenn