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B u h e z  U r  V a l a f e n n
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28 octobre 2007

QUESTION BRETONNE, QUESTION WALLONNE

QUESTION BRETONNE, QUESTION WALLONNE
Il m'est arrivé parfois d'entendre parler des problématiques linguistiques wallonnes et bretonnes dans les mêmes termes - pourquoi pas, le wallon étant un parler (mais de langue d'oïl en l'occurrence) menacé.Parfois aussi, la politique de reconquête en...
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20 décembre 2007

DE L'IMPACT DU NATURISME SUR LE PIB/HABITANT

DE L'IMPACT DU NATURISME SUR LE PIB/HABITANT
Pour parfaire l'inclination naturelle de ce blog (cf mes recherches par mot clef les plus récurrentes), je voudrais aborder avec vous l'impact du naturisme sur le Produit intérieur brut par habitant. Indiscutablement, cette thématique n'a été que trop...
15 février 2017

BÊTISES FORCE 8 À 9 BEAUFORT #édit 2017

BÊTISES FORCE 8 À 9 BEAUFORT #édit 2017
Ecrit ici il y a dix ans : Restons zen...Gardons à l'esprit que c'est une étape normale de son développement.Il expérimente.N'empêche que depuis une quinzaine de jours, c'est un vrai feu d'artifice et que je passe mon temps à l'attraper au vol en train...
19 septembre 2007

ELECTRICA SALSA

ELECTRICA SALSA
Valse du prix de l'électricité en perspective... La libéralisation du marché européen était sensée ouvrir le secteur à la concurrence et tirer les prix vers le bas. Les premiers échos sur le Royaume-Uni, mais aussi sur l'Espagne, où le marché est dérégulé...
19 juillet 2007

VENI VELIB VICI

VENI VELIB VICI
Voilà huit années que je n'avais plus mis les pieds à Paris - exception faite d'un aller-retour l'an dernier dans la journée -. J'ai habité pendant deux ans près de la station Censier-Daubenton (Ve). Constat très positif depuis cette époque : la propreté...
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4 mai 2007

LORIENT / AN ORIANT

LORIENT / AN ORIANT
Ce n'est pas la plus belle. Malgré ses cinq ports, ce n'est pas la plus grande ville portuaire non plus. Point de superlatifs. Mais au-delà de son centre ville d'après-guerre, elle a jeté des ponts, essaimé sur de superbes rivages, regardant à la fois...
30 mars 2006

Premier schtroumpf en Suisse

Premier schtroumpf en Suisse
Bon, je vous rassure tout de suite : je ne vais pas vous faire toute l'Europe, ni le monde ! Mais je voudrais quand même revenir un peu sur mon premier séjour à l'étranger : c'était en Suisse en juillet-août 1980 (j'avais 6 ans). Il est indicutable que...
28 février 2007

C'HWEZH AN TRAEZH

C'HWEZH AN TRAEZH
C'hwezh an traezh. L'odeur du sable, de la plage. E liv, e deisadur, e lusk gant an avel. Sa couleur, sa texture, son mouvement au gré du vent. Ur gwir plijadur evidon. Un réel plaisir pour moi. Dreist-holl pa 'zeu an amzer nevez, ma amzer muiañ karet......
25 janvier 2007

Rêve con

Rêve con
Encore un rêve con. C'est une spécialité chez moi. Genre rêver de mon cousin qui se fait retirer chez le dentiste des défenses d'éléphant à la place des dents. Cette nuit, j'ai rêvé que je visitais une maison. En fait, je visitais une maison dans la région...
25 janvier 2007

PREMIERS SOUVENIRS

PREMIERS SOUVENIRS
Voici en images quelques uns de mes tout-premiers souvenirs marquants... 1. Un chalet en Suisse, en été. Superbe souvenir de vacances, de liberté, dans un cadre qui ressemblait de très près, dans ma mémoire, à cette image. 2. La pipe de mon père, posée...
5 avril 2006

BROCÉLIANDE : 20 HECTARES DE LANDES DÉVASTÉS

BROCÉLIANDE : 20 HECTARES DE LANDES DÉVASTÉS
Vingt hectares de landes sont partis en fumée, hier, à l'orée du massif de Brocéliande, à l'intérieur du périmètre de l'école militaire Saint-Cyr Coëtquidan (commune de Guer). Des entraînements de tir, qui se sont produits ce même jour, sont selon toute...
23 octobre 2022

De l'impact des essais nucléaires sur le réchauffement

De l'impact des essais nucléaires sur le réchauffement
Le réchauffement climatique serait dû non seulement à l'explosion des émissions de dioxyde de carbone (industrie, transports). Il pourrait être aussi directement corrélé à la multiplacation des essais nucléaires au XXe siècle. Les cycles d'activité du...
12 avril 2018

Drôles de méthodes pour une drôle d'évacuation...

 

faux_journaliste_zad_notre_dame_des_landes

 

Reçu ce jour dans ma boîte mail professionnelle...

 

Veuillez trouver de la part de [Claude C.] le communiqué de presse suivant :

C.C.i.J.P. : La Commission de la carte dénonce le port de brassard " presse " pa

Selon plusieurs témoignages de journalistes présents lors de l'évacuation de la zone dite de Notre Dame

http://www.ccijp.net

 

La Commission de la carte dénonce le port de brassard « presse » par d'autres que par des journalistes.

Selon plusieurs témoignages de journalistes présents lors de l’évacuation de la zone dite de Notre Dame des Landes, plusieurs membres des forces de l'ordre portaient sur eux un brassard identifié « presse ».

La Commission de la carte des journalistes professionnels dénonce ce fait qui porte atteinte à la profession de journaliste.

La CCIJP tient à rappeler que seuls les journalistes professionnels sont habilités à porter de tels brassards se rapportant à la carte de presse, une carte d’identité française officielle des journalistes professionnels encore plus nécessaire dans une période de sécurité renforcée avec le plan vigipirate.

 

Paris, le 12 avril 2018

8 septembre 2014

La France a-t-elle peur d'une Bretagne réunifiée ?

La France a-t-elle peur d'une Bretagne réunifiée ?
Oui, POURQUOI LA FRANCE A PEUR de la Bretagne réunifiée, on vous le demande ? Non mais, franchement : l'heure est GRAVE ! Rendez-vous compte : le 44 rejoindrait la Bretagne et renforcerait le PÉRIL BRETON ? Une Bretagne FORTE, c'est une France FAIBLE,...
2 octobre 2013

Les Géopolitiques de Nantes

Les Géopolitiques de Nantes
http://www.lelieuunique.com/site/index.php/2013/10/04/les-geopolitiques-de-nantes/ Le lieu unique et l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) organisent ce week-end Les Géopolitiques de Nantes, journées accueillant une quinzaine...
1 mai 2013

Le P'tit délire, Ploemel

Le P'tit délire, Ploemel
Gonflé, le parc du P'tit Délire avec sa montagne molle, ses toboggans de cinq mètres de haut, ses trampolines, sa girafe, ses ponts de singe, ses vélos acrobatiques et son baby-foot humain ! Créé en 2004 par Joëlle et Bertrand Saliou, le parc de loisirs,...
19 juin 2012

D'où viennent les Bretons ? De nouvelles avancées

D'où viennent les Bretons ? De nouvelles avancées
C'est l'une des grandes énigmes de l'histoire des Bretons : quelle a été l'ampleur des grandes migrations des IVe-VIe siècles depuis les îles britanniques, quelle est la part de mythe dans un mouvement migratoire certes attesté, mais aux contours toujours...
25 juin 2018

Voiture électrique, retour sur expérience

 

citroen C0

Une fois n'est pas coutume, voici un petit retour d'expérience... électrisant ! Amis lecteurs, vous l'aurez compris : éco-tourisme, langues régionales, ESS, environnement sont un tout. Et en la matière, outre "retaper" une chaumière, j'ai aussi décidé d'opter pour le mix énergétique. Certes imposible encore de se délester d'un véhicule longue distance (à part le choix de l'hybride) mais pour ce qui est des véhicules secondaires, il y a vraiment des choses à faire dans l'électrique. 

J'ai opté pour une Citroën C0, qui est certes l'un des véhicules électriques les plus limités en autonomie (120 - 130 km) mais c'est sans regret. Elle remplit son rôle avec un gros atout par rapport à la Renault Zoé (certes plus autonome) : la batterie hyper souple d'utilisation, que l'on peut brancher sur une prise standard chez soi et qui ne coûte pas un loyer... Moralité : non seulement on "schinte" son budget mécanique (kenavo kit distribution, pièces moteurs, vidanges et autres contrôles techniques...) mais on a réellement l'impression de "schinter" son budget énergétique : la location de batterie m'avait refroidi dans le principe, ayant finalement l'impression de remplacer (certes vertueusement) le budget carburant par celui de la batterie. Nous avons opté pour une formule de location de la C0 longue durée à 250 euros/mois assistance incluse (c'est 240 sans) et sans apport... et donc sans location de batterie. Résultat : nous consommons quelques heures de recharge sur les heures creuses. J'ai fait mon couche-tard plusieurs soirs : la batterie est rechargée en moins d'une nuit (souvent 2-3 heures suffisent) avec une consommation électrique équivalente à celle d'un sèche serviette de 500 watts... Je pense m'en tirer pour 150 euros d'électricité grand maxi par an, d'autant que la batterie de la C0 ne se décharge pas si on ne l'utilise pas !

Bref, que des avantages, mise à part l'autonomie. Il faut donc faire son petit calcul pour ses trajets...

citroen C0 2

Dans notre cas, on est ravi. Cela fait un peu plus d'un mois et demi et c'est cool.

Ah, juste un point : attention au (non) bruit : quand la C0 est à l'approche pour se garer le soir à la maison, on a l'impression d'entendre les roues d'une poussette passant dans la rue ! Ca vaut pour les piétons comme pour les animaux : on a remarqué que les chats et même les oiseaux se méfient moins du véhicule...

Quant à la vitesse, c'est très pêchu en ville. La montée un peu plus lente sur la voie express. Mais elle tient le 110 sans souci avec un peu de marge sous le pied. 

Bref, je ne comprends pas trop le peu d'intérêt que semble susciter encore la C0. Y compris vis à vis de la Zoé ou de la Blue Car (excessivement chère et peu adaptée à la voie express).

21 juillet 2018

Découverte d'un nouveau Stonehenge par un drone en Irlande

 

 

"Je ne pouvais que répéter wow..." Le chercheur Anthony Murphy, volant avec son drone sur le site archéologique de Brú na Bóinne, un site du patrimoine mondial et l'un des plus importants au monde pour les vestiges préhistoriques, a découvert un nouvel "Henge". Avec le photographe Ken Williams, Murphy a découvert un énorme temple mégalithique circulaire dans le nord-est de l'Irlande, datant de 4500 ans.

Cette découverte majeure a été rendue possible grâce à la vague de chaleur actuellement en cours sur l'Europe du Nord-Ouest [et en particulier sur l'Irlande qui a connu des températures - rarissimes - supérieures à 30°c] qui a séché l'herbe. La dernière fois que des conditions de sécheresse semblables se sont produites en Irlande, c'était en 1976 (comme en Bretagne). "Il faudra maintenant du temps pour analyser le henge, le cercle mégalithique, et pour retracer l'histoire détaillée du temple découvert grâce au dévouement et au vol d'un bourdon", commente Anthony Murphy.

16 juillet 2017

Daïk, prologue

 

ISBN n° 979-10-96086-12-2

http://www.francodeport.org

(c) Tous droits de reproduction, de traduction, d’adaptation et de représentation

réservés pour tous pays.

 

Prologue

 

 

lettre typo celtique CHÉRIE, J’AI ENCORE FAIT

UN RÊVE STUPIDE.

-Super chéri !, répond Koupaïa

depuis la salle de bain.

C'est vraiment une spécialité

chez Josselin. Et bien, cette nuit, « Joss »

a rêvé qu’il visitait une maison

dans la région des Abers après

l'avoir achetée sans la voir,

et il découvrait sur place, horrifié, des fuites partout.

Au faîtage, des ballons de baudruche avaient été placés pour boucher les trous.

Le problème, c'est qu’ils se dégonflaient deux fois par jour. Du coup,

l'agent immobilier allait les regonfler façon Sisyphe.

Il était très doué pour ça. Joss était fort impressionné.

-A propos, tu as pensé à la fuite, entre le mur et la souche de cheminée ?,

s’époumone Koupaïa.

-Oui, eh bien c’est le solin en ciment qui est mort !

Joss aime ce genre de réponse, qui est une façon de se préserver

de l’effort. Comme si formuler la nature du problème revenait déjà

à solutionner le problème. Mais d’ordinaire, cette technique

de résolution para-métaphysique ne fonctionne guère plus

de deux jours. Miss revient à la charge le troisième : « Alors, la

cheminée, tu as pu regarder ? »

Regarder, litote féminine ! Comprendre : tu as pu sortir l’échelle télescopique,

le nec plus ultra de l’échelle de couvreur, potasser internet pour comprendre

comment on pose la bête, préparer un ciment, euh… un mortier,

non, un ciment avec un adjuvant hydrofuge, virer les ardoises pour

fixer l’échelle en priant le ciel que Mistinguett saura le conduire

sans paniquer aux urgences distantes de trente kilomètres - une bagatelle -,

grimper jusqu’au faitage avec un seau en équilibre précaire posé

entre deux barreaux, avancer marche par marche, redescendre

parce qu’on a fait tomber la truelle, se dépatouiller du seau

plus encombrant encore que durant la montée, réitérer la menace

et la prière, se contorsionner autour de la souche de cheminée

avec la truelle, prendre le parti de refaire un solin sur l’ancien

sans trop savoir s’il convient plutôt de le virer, tant pis, trop tard,

le coup est parti, on n’en parlera pas à madame… et redescendre en vie.

Et dire à la miss, suspicieuse :

-Ça y est, j’ai regardé !

Et là, comme par enchantement, le terme mute.

-T’as regardé ou t’as refait le solin ?, s’enquiert-t-elle.

Adieu litote, bonjour fermeté, c’est l’heure du contrôle qualité.

Et pas un mot sur l’exploit héroïque. Chérie, je suis sain et sauf, là,

tu m’as vu ? Non, normal, sinon elle aurait demandé au voisin de le faire.

L’anglais qui a une tête de plus que Joss et le nargue tous les étés

le torse nu devant la maison. Il s’installe dans le jardin sous leurs fenêtres

alors qu’il pourrait très bien faire la même chose derrière chez lui.

Tu parles de Robert Smith ? Tu rigoles, t’as vu comment ils bricolent,

les Engliches ? Ils ruinent nos longères bretonnes ouais ! Les agents

immobiliers s’arrachent les cheveux pour revendre leurs merdes

innommables une fois qu’ils se sont aperçus que la vie était

tout de même moins chère au Portugal ou dans les Carpates

parce qu’eux, ils y comprennent quelque chose à la belle finance

mondiale ! Ils se jouent des parités monétaires, sortent du brouillard

londonien comme le loup du bois quand la livre sterling est à leur

avantage... Non, tu vois, je l’ai fait, OK ? Il n’y a rien de plus

insupportable que ce genre de remerciement post-mortem :

-Non, mais sinon j’aurais demandé à…

Eh oui. La retape, c’est aussi une preuve d’amour et un éternel

recommencement, surtout lorsqu’on entame un énième chantier

assorti d’une énième ligne de crédit… Ah l’éternelle jeunesse,

comme c’est beau ! En viendra-t-il un jour à bout de cette manie ingrate

de repartir à zéro ? C’est quoi son problème ? Tenez, prenons un autre

exemple : le travail. Un éternel recommencement, là encore. Joss se la

raconterait bien un peu, tiens, pendant que Mistinguett a le dos tourné.

Deux enfants par femme, taux de natalité le plus élevé d’Europe mais

un demi-job par génération. Hé, de quoi il se plaint ? C’était il y a une

bonne quinzaine d’années. Aujourd’hui, c’est nettement pire ! Joss va-t-il

pouvoir seulement devenir stable un jour comme une bernique ?

Tout cela n’existait pas enfant dans ses études socio-playmobiliennes.

Les belles mécaniques économique et géopolitique y figuraient jusqu’au constat

cynique, mais de relations humaines... Disons plutôt des avatars de relations,

un artefact du monde.

En dépit de quelques calques intéressants, la transposition du modèle

playmologique s’est avérée très éloignée des règles socio-économiques

du monde réel. Auto-construction (ça, c’est plutôt pratique), scénarisation

de la vie (pratique, si on est édité), stéréotypie des relations humaines (déjà

très moyen), approche démiurge de la vie en société (carrément nul) !

Il a fallu une femme et un deuxième enfant pour mesurer le pouvoir

d’abstraction induit par ces petits personnages exploités à l’extrême

jusqu’à un âge bien trop tardif pour lui permettre de grandir au même

rythme que les autres. Alors, plus le temps passe et plus l’évidence

s’impose : les playmobiles ont eu le mérite d’être un retardateur

à emmerdements. Ils vous préservent de la dureté de la vie, de la maltraitance

collective. C’est excellent pour schématiser voire idéaliser les relations

humaines, excellent pour développer une approche logique de ce

qu’elles devraient être avec ses enchaînements et ses propres syllogismes

(exemple : si le playmo black fait de la politique il ne deviendra pas

chef des playmos parce qu’il n’y a pas beaucoup

de playmos black), mais en apparence, rien n’est logique.

C’est comme comprendre la signification des Rannoù, le chant des Séries.

Une révolution dans la vie de Josselin comme bientôt dans celle de Daïk.

Et il avait bien besoin de ça pour ne pas mourir d’épuisement dans

cette course stérile orchestrée par la nouvelle société régie

par l’hémisphère cérébral gauche qui est... directement connecté au majeur droit !


                                                                 

 

JOSSELIN CONSIDÈRE SON FILS JOUANT SOUS LA PLUIE EN PLEIN VENT,

en digne héritier. Il est surpris de constater à quel point l’histoire se répète :

sous ses yeux, son playmologue junior sarcle un immense bac à sable

peuplé de licornes, de personnages articulés et chimériques avec

ses vestiges de maison alsacienne, son château médiéval revisité,

ses mâchicoulis, son chemin de ronde, ses oriflammes, ses tourelles faites

de récupération agrémentées de fragments de tipis appalachiens... 

Le petit a même bâti un moulin et creusé un petit étang de ses propres

mains parachevant son œuvre une parka sur le dos. Puis, l’enfant s’est tourné

vers le soleil rasant sur le point de se faire engloutir par la tempête, et

ses mains ont glissé le long du tuyau d’arrosage, qu’il a laissé courir

entre ses doigts froids et, comme la pluie de cette fin octobre n’a pas suffi,

il a tourné le robinet du potager.

Et le petit démiurge a inondé les douves de sable humide et glacé.

Aussitôt, des excavations nouvelles se sont formées autour

de la citadelle assiégée par le nouveau déluge cataclysmique. Les basses terres

ont disparu sous les eaux. Et les eaux ont empli le bac à sable ceint

d’une muraille en ciment, œuvre fondatrice du père.

L’enfant lui dit alors que sa ville d’Ys allait résister aux assauts destructeurs

et que la ceinture maçonnée, plus solide que l’univers de sa jeune création,

était comme les limites du monde.

 

Un jour, pressentant peut-être la mort créatrice de l’enfance, il a dit à son père

qu’il y avait sûrement quelque part, sur une autre sphère, des esprits supérieurs

contemplant son œuvre et retranscrivant l’Histoire de ses peuples !

Il a la conviction qu’il y a autant d’univers que de bacs à sable,

autant de peuples que d’histoires inventées par les enfants sur Terre.

Et puisqu’il y a une fin pour tout, un jour viendra ses peuples

s’éteindront comme les Babyloniens ou les Romains se sont éteints…

Josselin saute sur l’occasion pour lui dire qu’il en sera probablement

ainsi de la mondialisation.

Son fils fait des yeux ronds.

On ne peut pas arrêter Joss dans ces cas-là, c’est plus fort que lui :

-L’uniformisation n’est que l’expression d’une bascule d’un modèle

de société vers un autre avec ses codes, en aucun cas universels,

seulement d’une contingence différente. La mondialisation n’est même pas

mondiale ni globale, elle se joue des frontières et des barrières pour

mieux en créer de nouvelles, ce qui permet de

les imposer avec d’autant plus de facilité, et c’est le but.

-Euh… Oui, papa.

Et encore, Joss s’est gardé d’enfoncer le clou : cette civilisation porte

en elle les germes de sa disparition future. Un tel discours n’est guère

motivant, mais Joss craint de toute façon que Nathan ait parfaitement

saisi son état d’esprit depuis le temps qu’il le pratique. Peut-être se doute-t-il

même que ses théories, d’un optimisme béat, donnent sur l’oreiller avec sa mère :

-L’être humain va s’éteindre, rongé par le stress qui n’est que la manifestation

biochimique d’une forme de dé-synchronie mentale. Moi je te le dis,

le stress va dévaster le monde ! Pour moi, l’homme technologique est perdu

d’avance !

-Aaaah ouiii ? C’est bien ça ! Bonne nuit, chéri…

Pauvre Koupaïa. Dans le même genre, Joss a prédit aussi le retour en force

des druides et des Pictes avec leurs tatouages et leurs rites ésotériques,

dans l’esprit du chant des Séries. Tous zébrés et chantant :

 

Daik, mab gwenn drouiz ore

Daik, petra fell dit-te ?

Petra ganin me dit-te ?

Kan din eus-a ur rann, ken a oufenn bremañ !!!…

 

Tout beau, bel enfant du Druide ; réponds-moi ; tout beau,

que veux-tu que je chante ?

Chante-moi la série du nombre un, jusqu'à ce que je l'apprenne aujourd'hui.

 

C’est la première strophe des Rannoù (Le chant des Séries),

ce fameux chant breton collecté par Théodore Hersart de la Villemarqué

dit Kervarker (in Barzaz Breiz, 1846). Il s’agit de l’une des pierres angulaires

du patrimoine oral druidique évoquant l’enseignement

spirituel et philosophique d’un enfant par un druide.

Eh bien, Joss kiffe le Chant des Séries.

 

-... ♪ Et les Indiens et les Pygmées referont surface avec leurs cheveux

colorés et leurs corps dénudés, et avec tout plein d’autres rites encore ! 

-Essaye de dormir un peu, chéri, tu veux... ?

 

Dans la foulée de l’emménagement dans leur nouvelle longère bretonne,

Nathan a très vite conquis le jardin familial.

Il y prospère dans l’allégresse et érige des châteaux gigantesques.

Nathan a déjà une autre idée derrière la tête : « Un jour, je bâtirai

d’autres structures avec du sable de grand et du ciment ! »

Ses parents n’ont jamais entravé cet élan créateur, n’en déplaise

aux esprits qui voudraient le voir grandir plus vite que les autres.

En fait, ils sont assez convaincus qu’il est très conscient de ce qu’il entreprend.

Le discours des parents type est de considérer qu’ainsi va la vie

et que l’enfance est l’âge d’or du monde, le sel philosophique.

Son cortex cérébral est encore protéiforme, limite en bordel,

mais c’est une chance, car le petit ne s’est pas encore acharné

à privilégier cette petite partie du cerveau concentrationnaire

qui est sollicitée par les tenants de l’hyperspécialisation. La révolution

qui se profile, celle de la mondialisation et des nouvelles technologies,

n’exige-t-elle pas une concentration de la matière grise dans un point

précis du cerveau avec le risque de se retrouver exclu, de fait, le jour

où il conviendra de suivre la dernière mode comme sortie d’un chapeau ?

Dernière norme qui décrètera, du jour au lendemain,

qu’il convient de cultiver le champ d’à côté sur l’ode suivante :

« Hé les mecs, à trois, tout le monde change de cerveau ! »

... (sic) ! 

De la même manière, Nathan craint de devoir sacrifier l’étendu

de son cortex au profit d’une sorte d’hyper-culture d’un tout petit territoire

cérébral aussi glorieux qu’aliénant. Il pense qu’il ne sera jamais le meilleur

en rien, jamais le premier ni le dernier. Pour lui, cette quête est impossible.

Il confesse déjà à ses parents qu’il préfère renoncer à ce qui fait

pourtant le triomphe des espèces : l’ambition et le manque d’humilité.

 

Le château résiste, malgré la pluie et le vent. Joss emboîte le pas

à l’enfant qui boutonne sa parka sous l’œil de sa maman. Elle se garde

de le presser de rentrer à la maison parce qu’elle a compris que c’est

sa vie et qu’il la passera à explorer ce territoire sans autre approche

qu’une sorte d’intuition ascientifique.

Et sa douce maman se dit parfois qu’elle doit être aussi folle que son père

pour le laisser faire ça...

 

 

9 août 2017

Daïk, chapitre 6

 

lettre typo celtique Q

UI SONT-ILS ET COMBIEN SONT-ILS ?

C’est comme une nouvelle espèce que

les scientifiques, comme les chasseurs, 

commenceraient à débusquer.

Une espèce qui fleurit jusque sur les réseaux.

Ce sont encore, parfois, des ovnis dans le paysage

linguistique de l'hexagone.

Comment revendiquer une langue qui n’a

pas été transmise ? Certains ne sont pas Bretons,

mais Parisiens, Anglais, Angevins, Gallois, Vendéens

ou Gascons...

A mesure que le nombre de locuteurs maternels diminue, leur proportion augmente.

Une chose est sûre : ces ovnis néo-bretonnants sont l'avenir de la langue.

Si le registre oral s'est probablement appauvri, malgré la meilleure des

bonnes volontés, le renouveau s'accompagne d'une amélioration notable

du niveau de langue écrit et de son volume de production.

C'est tout le paradoxe actuel : les bretonnants de naissance qui ont appris

oralement le breton ne savent pas souvent l'écrire, et à l'inverse, il n'est pas rare

que des néo soient plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral. Les enfants bilingues ont

souvent un niveau supérieur à celui de leurs parents. C’est d’autant plus

vrai que la majorité des parents qui scolarisent leurs enfants

en filière bilingue ne le parlent pas eux-mêmes.

Quand on scolarise ses enfants en école bilingue, en l'occurrence

dans une langue régionale, il faut reconnaître un attachement non anodin

à la diversité culturelle par opposition aux cultures dominantes. Au-delà

des vertus linguistiques et cognitives d'un tel enseignement, il y a

une envie de voir ses enfants s'épanouir dans un environnement pluriculturel :

franco-anglais, franco-breton, franco-japonais, franco-arabe, anglo-portugais,

serbo-allemand... Cela vaut dans toutes les combinaisons possibles

et c’est heureux ainsi.

Et puis, il y a un fond de défiance envers l'uniformisation culturelle anglo-saxonne.

On ne voudrait pas que les super-héros-en-slip réduisent les contes de Perrault

ou de Grimm en cendre à coup de rayons laser... mais on sait bien qu'en

même temps, il y a des tendances contre lesquelles on ne peut lutter.

Surtout en moyenne section,

Joss le sait bien.

La porte déverrouillée, il tombe nez à nez sur la petite :

-Tiens, t’as déjà fini ta sieste, toi ?

Au lieu de dormir, il fait le pari que le marmot (la marmotte ?) a mis à profit

ce temps de relâchement de la surveillance parentale pour écluser ses placards

et extraire ce déguisement de Spiderman de son grand frère, une vieillerie

qu’elle a enfilée tant bien que mal : elle a bourré ses deux jambes potelées

dans le même fuseau hachuré du pantalon. Comme elle a dû souffrir pour

accomplir ce tour de force ! Tout grippé qu’il est devenu à vitesse grand V,

Joss éclate de rire.

C’est davantage le souvenir d’un dessin qu’il a improvisé en classe

représentant Petit ours tout zébré aux couleurs de Spiderman que

la vue de la petite dans sa tenue d’apparat virile qui l’amuse. Jusqu’où

l’inspiration va se nicher ? En l’occurrence, on n’échappe pas au modèle culturel

dominant, même en filière bilingue et chez une fille (comme quoi il n’y a pas

que Reine des neiges dans la vie). Il avait baptisé l’œuvre Spider-Arzhig

et trouve que ce nom sied très bien à petite dernière qui n’a pas son pareil

pour tambouriner comme une damnée et marquer son paternel à la culotte :

-Tu sais, ce n’est pas la peine de fracasser la porte à coups d’épaule !

Quand c’est occupé, c’est occupé !

Il a l’impression parfois que les petits souffrent d’une claustrophobie inversée.

La simple idée de voir leurs parents disparaître dans cette sorte de cagibi leur

fait monter à la tête l’idée saugrenue que c’est eux qui sont enfermés.

 

Spider-Arzhig est en transe, dégoulinante de sueur. Non seulement elle a

bataillé pour enfiler sa tenue de combat, mais en plus elle s’est faite

enfermer hors des toilettes, salopards de parents !

 *

Logique contre logique. C’est ce que ressent aussi Daïk, livré à

lui-même sous sa coupole pendant que ses parents, partis en campagne,

travaillent enfermés dans leur capsule recensant on ne sait quelle

civilisation punaisée à l’autre bout de l’espace...

Daïk n’est pas au cœur de l’action, in the constellation to be, et il en vient

à regretter cette responsabilisation à outrance qui consiste à laisser son

rejeton livré à lui-même pendant que les parents vivent leur vie sous prétexte

qu’il est digne de confiance et qu’ils savent qu’il ne commettra plus le moindre

débordement. Le dernier adolescent qui a trahi la confiance de ses parents et

qui a connu ce que les Anciens appelaient une crise d’adolescence est considéré

comme le dernier représentant de la civilisation passée. Il fut un messie

à l’envers, un anti-modèle, l’ultime témoin d’un monde révolu.

Un ado archaïque dominé par ses pulsions.

Ses parents savent qu’il sera sage et responsable, l’inverse n’est même

pas envisageable. Hélas, Daïk a vu ce qu’il n’aurait jamais dû voir : une civilisation

en pleine crise d’adolescence utilisant la technologie tel un caprice.

Daïk recentre son esprit, chasse les pensées négatives par réflexe - c’est

normalement quelque chose de pavlovien comme relancer la respiration quand

l’organisme humain vient à manquer d’oxygène.

Sauf que Daïk a envie de voir ce que ça fait de ne pas être...

comme il devrait être.

 

26 juin 2015

Playmologique ?

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Lorsque Jef observe Nathan, il songe à sa propre enfance qui lui paraît si proche, alors qu’il y aurait un gouffre entre celle de ses parents et la sienne. Il a longtemps pensé que chaque génération avait ses propres référents, mais qu'il y aurait tout...
7 juin 2013

La langue bretonne franchit la porte (grinçante) de l'Assemblée nationale

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Historique ? L'examen du Projet de loi de Refondation de l'école vient de s'achever en début de semaine à l'Assemblée nationale (lire également les propos de Vincent Peyon sur BFM). Il reconnaît pour la première fois dans notre législation l'enseignement...
6 septembre 2013

Chaud comme la Breizh

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Après un premier semestre globalement très froid et humide, l'été 2013 a été en Bretagne particulièrement ensoleillé et sec. Des records de chaleur ont été enregistrés, notamment sur le Finistère nord qui a connu un ensoleillement moyen jusqu'à 60 % supérieur...
2 mars 2007

TRAITEMENT DE CHOC NON CONVENTIONNÉ

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Rien ne va plus ? Vous avez envie de gueuler, de vous défouler ? Rien de tel qu'un bon pêtage de plomb sans ordonnance. Montez le son. Gonflez les basses. Et traitez le mal par le mal en écoutant ça : Antihistamine, titre très déstructuré et puissant...
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