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B u h e z  U r  V a l a f e n n
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9 juin 2013

A la recherche... du point Nemo

A la recherche... du point Nemo
http://www.regardsurlemonde.fr/blog/des-sons-sous-marins-bien-mysterieux-bloop-slowdown-et-point-nemo Let us all unite. Let us fight for a new world, a decent world that will give men a chance to work, that will give youth a future and old age a security....
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25 mai 2013

J'demande pas la lune... juste quelques étoiles

J'demande pas la lune... juste quelques étoiles
Pour consulter la bande annonce de J'demande pas la lune Fred est un ancien ingénieur dégringolé dans la galère des rues. Un jour, le regard d’une petite fille le réveille dans sa dignité d’homme et de père déchu. Il va quitter ses compagnons de squat...
27 novembre 2012

5. LE TÉMOIGNAGE D'UN AGENT DE LIAISON

Le Liziotais Raymond Guillard au service de l'Etat major morbihannais C'est par hasard que Raymond Guillard est entré dans la Résistance, au sein du maquis breton. Agent de liaison dès 1942, le maire honoraire de Lizio est l'un des protagonistes les mieux...
4 octobre 2011

INTRODUCTION

INTRODUCTION
| – TRAITEMENT DE L’INFORMATION || – ENJEUX ||| – POSITIONNEMENT ET PROSPECTIVE ANNEXES La perspective de la monnaie unique va-t-elle donner un nouveau souffle au continent ou va-t-elle diviser les peuples ? Que va-t-il advenir de la souveraineté des...
16 mai 2012

A MUTATION, MUTATION ET DEMIE

A MUTATION, MUTATION ET DEMIE
Est-ce une mutation ou un naufrage ? Des années, des décennies que l'on entend cette chanson : la presse fait sa mutation. Érosion des ventes papier, développement du webjournalisme sur lequel mise la quasi totalité des journaux sans encore, vraiment,...
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26 juin 2012

BZH vs USA : noms insolites, le match !

BZH vs USA : noms insolites, le match !
Le Pont du Secret, Beignon, Brocéliande... BZH : 1 / USA : 0 Le Val sans Retour, Tréhorenteuc, Brocéliande... BZH : 2 / USA : 0 Jérôme le bucheron ici Jérôme, Idaho... (près de la forêt du Bouchon magique ?) BZH : 2 / USA : 1 Le Chaperon rouge, Monteneuf......
21 septembre 2007

ELECTRICA SALSA #2

ELECTRICA SALSA #2
C'est beau une autoroute belge, la nuit : Au fait : Kleg', je crois que tu as oublié d'éteindre la lumière avant de déménager... Et un petit comparatif, en réponse aux comm' de Missines et Yoghill... Ci-dessous, enfin, l'évolution de la population entre...
28 mars 2007

DEUTSCH-FRANZÖSICH FREUNDSCHAFT

DEUTSCH-FRANZÖSICH FREUNDSCHAFT
La dernière note de Quintescent m'a donné envie d'entamer un petit tour d'Europe personnel. Une série que je débuterais volontiers par l'Allemagne. Pourquoi l'Allemagne ? Eh bien parce que j'aime beaucoup les Allemands. Je garde un souvenir ému de mon...
21 août 2007

Parentés perfides

Parentés perfides
S'il est un exemple, qui plus est bien connu, des liens de parenté qui unissent les Bretons et les Grands Bretons, c'est bien celui du cycle des légendes arthuriennes. Etonnante épopée que l'on retrouve à cheval sur les deux rives de la Manche, en Grande-Bretagne...
9 août 2007

"CE SIÈCLE AVAIT DEUX ANS"

"CE SIÈCLE AVAIT DEUX ANS"
Ne cherchez pas de qui est cette maxime pleine de lyrisme. Vous ne trouverez pas. Sauf si vous habitez dans ma CDC, terme tout aussi lyrique pour "communauté de communes". C'est le titre d'un bulletin distribué dans les boîtes aux lettres. Bon échange...
7 avril 2006

LA FÉCONDITÉ AU PLUS HAUT DEPUIS 23 ANS

LA FÉCONDITÉ AU PLUS HAUT DEPUIS 23 ANS
En 2005, le taux de fécondité a de nouveau progressé en Bretagne pour atteindre 1,98 enfant/femme, contre 1,94 en France. Le cap des 2 enfants est même franchi si l'on y inclus la Loire-Atlantique avec près de 2,1 enfants/femme. Ce niveau est le plus...
22 mai 2007

Petit test divinatoire sans prétention

Petit test divinatoire sans prétention
Idée saugrenue qui me trotte dans la tête depuis quelques temps... Je cherche des volontaires ici même qui voudraient bien que je leur tire les cartes du Tarot divinatoire. A la fois sur leur état d'esprit et leurs influences passés, présents et futurs....
18 août 2006

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE : QUELLE BRETAGNE POUR 2012 ?

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE : QUELLE BRETAGNE POUR 2012 ?
I - PROSPECTIVE DÉMOGRAPHIQUE Les intéressants travaux de prospective du blog Imagine 2012, qui pose aussi la question des politiques à adopter d'ici cette échéance, abordent notamment la question de l'aménagement du territoire.Le débat est ouvert sur...
27 juillet 2006

CAP SUR DOUARNENEZ & L'INTERCELTIQUE DE LORIENT

CAP SUR DOUARNENEZ & L'INTERCELTIQUE DE LORIENT
Coup d'envoi aujourd'hui du rassemblement de bateaux Douarnenez 2006 et demain du Festival interceltique de Lorient... A Douarnenez, la 20e édition accorde pour la première fois une belle place d'honneur aux sauveteurs en mer. Village ' patrimoine maritime',...
18 juillet 2006

LA BRETAGNE N'ÉCHAPPE PAS À LA CANICULE

LA BRETAGNE N'ÉCHAPPE PAS À LA CANICULE
Avec 36°c à l'ombre à Vannes, 35°c à Nantes, 33° c à Lorient, Rennes et Quimper et même 29°c à Brest, presque toute la Bretagne est gagnée par la canicule. Seuls les Côtes d'Armor conservent un air plus respirable sur la côte avec 26°c à Saint-Brieuc....
27 mai 2006

L'ÉNERGIE ÉOLIENNE DÉCOLLE ENFIN EN BRETAGNE

L'ÉNERGIE ÉOLIENNE DÉCOLLE ENFIN EN BRETAGNE
Objectif : 1 000 mégawatts en 2010. La Région Bretagne entend pour cela favoriser l'installation d'un millier d'éoliennes sur son territoire. Au vu des permis de construire acceptés et des éoliennes déjà implantées, ce but devrait être atteint. D'ores...
7 octobre 2017

Daïk, chapitre 20 / Ran niver c'hwec'h

 

C’WEC’H - 6 -

 

 

L’ENFANT.
— Chante-moi la série du nombre six.

LE DRUIDE.
— Six petits enfants de cire, vivifiés par l'énergie de la lune; si tu l'ignores, je le sais.

Six plantes médicinales dans le petit chaudron; le petit nain mêle le breuvage, son doigt dans sa bouche.

 

 

lettre typo celtique D

AÏK EST SUR LE POINT DE DECOUVRIR LA MORT. 

 

Il va comprendre ce que c’est de mourir.

Le petit enfant de cire…

 

Le vide sidéral le sépare désormais de sa

famille. Peut-être a-t-il même échappé

 pour de bon à la vigilance du vieil Ann

Drouiz... Comme il se sent seul, 

il tente un rush avec Merlin et Taliésin :

 

C’houec’h mabik great e koar,
Poellet gand galloud loar ;
Ma n’ouzez-te, me oar.

C’houec’h louzaouen er perik
Meska’r goter ra’r c’horrik ;
Enn he c’henou he vezik.

Toujours cette langue étrange… Mais c'est le conteur

et collecteur Théodore Hersart de la Villemarqué, dit Kervarker,

qui répond à la place des deux druides terrestres, tel un initié du Bélen :

-Les enfants de cire jouaient un grand rôle dans la sorcellerie du Moyen-âge

lors des siècles qui ont suivi les grandes migrations. Quand les druides

et les peuples de l’Ile de Bretagne ont traversé la mer

pour coloniser de nouvelles terres à l’extrémité du continent, ils y ont retrouvé

des ancêtres communs, des Celtes continentaux descendants des Gaulois.

Les Bretons se sont mêlés à eux et par ce fait, ont régénéré leurs croyances

en dépit de la soumission des Vénètes aux troupes romaines de César. Ainsi les enfants

de cire ont-ils traversé les siècles. Quiconque voulait faire tomber son ennemi

fabriquait une figurine et la donnait à une jeune fille qui la portait

emmaillotée neuf mois durant dans son giron, poursuit Kervarker.

Les neuf mois révolus, un mauvais prêtre baptisait l’enfant à la clarté de la lune,

dans l’eau d’un moulin. On lui écrivait au front le nom de la personne qu’on voulait faire

mourir, au dos le mot Belial, et le sortilège ne manquait jamais d’opérer. Des siècles

plus tard, aidé d’un moine noir, un Comte perpétua l’obscure tradition des Celtes

sur son rival*.

 

Daïk est saisi d’un trouble. Il contemple le bras d’Orion face à lui, majestueuse protubérance

spiralée prête à le conduire aux confins de la Voie lactée.

Une figurine en forme d’enfant de cire fait office de sortilège, de maléfice.

 

                                                                               *

 

-ILS ARRIVENT !, hurle Koupaïa. Elle s’agenouille près de l’enfant allongé dans l’herbe.

Koupaïa enroule son fils dans le plaid du salon :

-Mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Là, sur son front !

On dirait du sang, mais l’eau saumâtre a délavé l’encre improvisée. Près de l’enfant et de

son château, un moulin de sable avec une roue à aube figé comme une horloge à bout

de forces. De petites figurines sont disposées en cercle près de lui : six enfants playmobils,

réunis telle une assemblée druidique. Autour d’eux, six feuilles du jardin. Six !

-Le sang, les six plantes, les six enfants de cire… Ca ne te dit rien ?

-Le chant des Séries ! Tu crois que notre fils a joué au druide ? Regarde tout ce sang !

-Il n’y a pas de plaie ! J’ai vérifié, je vois rien !

Transie, Koupaïa déboutonne le veston de l’enfant, remonte les manches du pull-over,

inspecte ses poignets, son torse, tandis que Joss en fait de même avec ses pieds,

ses  jambes, avant de l’entortiller de nouveau dans le plaid.

-Que font les secours ? Seigneur !

-J’appelle les flics.

-OUI, appelle-les aussi ! Et vite !

 

                                                                                *

 

Daïk entame sa descente. Kervarker révèle ce qu’il sait des six plantes médicinales.

Le corps du collecteur de légendes repose dans son tombeau.

Son esprit interpelle Daïk quand il réalise que quelqu’un extrait son savoir :

-Qu’est-ce qui se passe, qui est là ? Me faire ça à moi, dans mon état ! Misère ! Un squelette !

Et ma barbe, ma jolie barbe ! Disparue, poussière !

-Excusez-moi... Désolé. Je ne voulais pas déranger... Mais votre esprit est immortel.

Je peux vous rassurer. Je vous entends comme je vous vois. Vous n’êtes pas un hologramme...

-Mais tu as une voix d’enfant ! Qui es-tu pour me croire ?

-Je m’appelle Daïk.

-Daïk ? Comme l’enfant du druide ? Tu me poses toutes ces questions sur le chant des Séries

alors que tu t’appelles Daïk ??? Daik, mab gwenn Drouiz, ore...

-Je ne suis pas celui auquel vous croyez. Je viens d’un autre monde.

-Mais on t’a donné le nom de l’enfant qui reçoit l’instruction du druide,

le bel enfant du druide...

-J’ai entendu parler de cette légende, seulement… je vous jure que je ne suis pas un Terrien !

-Que me chantes-tu là Bel enfant ? D’où viens-tu alors ?

-D’un autre univers que nous appelons l’univers II… Ce n’est pas parce que vous ne nous voyez

pas que nous ne sommes pas là, dit un jour l’un d’entre vous**. Si je vous parle, c’est que

j’ai enfreint la Loi. Je me permets de vous le dire parce que je crois que vous non plus, vous

ne pouvez plus communiquer avec vos contemporains...

-C’est ce que tout le monde pense souvent des morts ici-bas.

-Alors nous sommes sur la même coque de bateau ! Ce n’est pas parce qu’ils ne vous voient

plus que vous n’êtes pas là, n’est-ce pas ? Vous les morts terrestres, vous êtes comme

nous  autres les extraterrestres...

-Les druides seraient ravis de t’entendre. Mais comme tu le dis si bien, nous ne devons

en aucune façon enfreindre la Loi.

-Oui, répond Daïk. C’est la grande loi universelle et physique qui régit les êtres du cosmos,

n’est-ce pas ? C’est comme, de notre point de vue, laisser les êtres terrestres dans

leur solitude physique. Pourquoi les priver de ce savoir, ça je ne l’ai jamais compris...

-As-tu posé la question à tes aïeux ?

-Oui, bien sûr.

-Et quelle fut leur réponse ?

-Ils prétendent que les êtres humains sont néfastes, mauvais, dangereux. Ils disent qu’ils font 

le mal sur Terre. Que tous les peuples du cosmos ont peur de leurs réactions terribles. Ce sont

des esprits étroits et vénaux.

-Ils n’ont pas écouté leurs propres druides ni leurs messies. Ils s’aveuglent de ne pas croire

en ce qui n’est pas formellement démontré. De fait, ce qui les rassure d’un côté nourrit

leurs inquiétudes de l’autre.

-Et ils ont joué avec l’atome...

-L’atome ? La farine de l’air ?, s’étonne le collecteur.

-Une centaine de révolutions terrestres après votre existence, ils ont fabriqué des armes

de destruction gigantesques, je le sais, le l’ai vu !, s’exclame l’extradolescent. Ils ont allumé plus

de deux milles feux dévastateurs. Certains sous les océans, d’autres sous terre et

des centaines d’autres encore sur terre, libérés à même l’atmosphère…

-Le feu sur la montagne ! Huit vents qui soufflent. Huit feux avec le Grand Feu, allumés

au mois de mai sur la montagne de la guerre… Bon sang, ils ont relancé le décompte

du chant des Séries...

-L’un des feux a dévasté un archipel et tué des milliers et des milliers de Terriens.

-Le Grand Feu sur une île ! L’Ile de Bretagne !

-Non, une autre île, tout à l’autre bout du monde.

-Ils ont perdu l’esprit du chant des druides ! Malheur !

-Après le Grand feu, d’innombrables répliques se sont produites. Ils osent croire

que ces feux ne tuent plus personne, mais ils se trompent. Ils tuent, eux aussi. Ils sont invisibles,

bouleversent l’équilibre de la planète, précipitent sa fin. Les hommes n’entendent pas attendre

un milliard de révolutions et refusent de se préparer au naufrage.

-Que viens-tu faire alors dans ce bas monde ? Pourquoi enfreins-tu la Loi ?

-J’ai assisté aux explosions dévastatrices et j’en pressens d’autres ! Mais il n’y a pas que ça.

Je sais qu’il existe un lien sacré entre les druides et notre peuple.

-Comme toi par exemple ?

-Non, grand Dieu ! Non, je ne prétends rien de tel.

Daïk est pris d’un vertige. Non et non. Comment se pourrait-il ? Voyons… Une simple allusion…

-Une invocation. Une incantation. Une incarnation, peut-être...

-Un nom comme on nomme les choses, rien de plus ! Ils auraient très bien pu m’appeler…

-Mais ils ne l’ont pas fait.

-C’était un choix contingent !

-Ou sous-jacent, comme une cause sacrée que l’on inocule dans une existence. Ils

t’ont attribué le nom de l’enfant du Druide originel, Daïk ! L’héritier du savoir

druidique par excellence, le prodige ! 

-Vous faites erreur, ils ont toujours combattu l’idée que je sorte de mon orbite. Je passe

ma vie à tourner autour d’une horrible planète gazeuse d’un ennui immortel.

Je suis seul tout le temps.

-On voudrait t’inculquer la philosophie que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

On voudrait t’inculquer la mort, non plus. L’ennui avant d’être immortel est mortel.

C’est un précipice qui débouche toujours sur un défi.

-Quel défi ?

-Rompre l’ennui. L’ennui est un charme qu’il convient de rompre. Ou alors, c’est

la mort assurée…

-Mais je suis immortel !

-On t’aurait condamné à l’ennui éternel ? Alors, si tel est le cas, tu es un damné.

 

Un damné ! Sur un satellite en orbite autour d’une gazeuse d’où rien ne surgira plus,

comme une planète Terre après que l’eau, l’oxygène, les six plantes médicinales aient

disparu ! Né d’une damnation, condamné pour l’éternité...

Abasourdi, Daïk songe à ses parents qui le pressent de connaître l’immensité du savoir,

mais l’interdisent de faire quoi que ce soit. Je suis privé de tout ce dont j’ai accès à travers

ces artéfacts animés en temps réel mis à ma disposition mais desquels il ne ressort jamais

rien de concret, seulement un devoir : apprendre à connaître pour mieux tenir

les choses à distance. Oui, Daïk est abasourdi à l’idée d’avoir été enfanté par des esprits

qui ont organisé une sorte de piège immatériel et infini autour de son existence…

-Il semble que tes parents soient bizarrement… très humains. Je pense que tu as

un défi à relever. On n’appelle pas son enfant Daïk tout en l’éloignant de ce qui fait

l’essence et le sel de la vie innocemment.

-Mais vont-ils m’empêcher de m’accomplir indéfiniment ?, enrage l’extradolescent.

-Il se peut qu’ils fassent tout pour t’en empêcher parce qu’ils estiment que c’est trop tôt.

Plus la rétention est importante, plus l’effet rebond le sera aussi.

-Tout ça, c’est donc organisé, prémédité ? Du pur calcul ? Ah, les stratèges !

-Je crois que tes aïeux attendent quelque chose de toi. Quelque chose de fort,

voire d’insensé. Un peu comme si, au fond d’eux, ils avaient furieusement envie que

tu retournes voir d’où tu viens.

Et de confier à Daïk l’autre lecture du chant du nombre six, avec l’idée

que ce chant corrobore la thèse d’un sortilège :

-Pourquoi six enfants de cire plutôt que tout autre nombre, je l’ignore. Je vois

mieux la raison des six plantes médicinales du bassin qu’un nain a mission

de mêler. Les plantes dont il est ici question jouaient un grand rôle dans

la pharmacie des druides et des anciens bardes. Les historiens latins n’en comptent

que cinq : le sélage, la jusquiame, le samolus, la verveine et le gui de chêne. Mais

les poèmes mythologiques des Cambriens en nomment bien six

en joignant aux plantes désignées la primevère et le trèfle et excluant le gui,

qui servait sans doute à d’autres usages. Selon eux, c’étaient les ingrédients d’un bassin

pareil à celui du chant armoricain, surveillé par un nain et contenant le breuvage du savoir

universel. Trois gouttes du philtre magique ayant rejailli, disent les bardes, sur la main

du nain, il porta le doigt à ses lèvres et aussitôt, tous les secrets de la science se dévoilèrent

à ses yeux. C’est pourquoi le nain du poème armoricain a aussi le doigt dans la bouche...

 

____________________

*Le comte d’Etampes sur le comte de Charolais en 1463.

**L’écrivain américain John Ball.

 

19 juillet 2014

France à treize régions. Un pas décisif ?

France à treize régions. Un pas décisif ?
C'est un pas décisif. Un point de départ dans... la bonne direction. L'adoption au petit jour, hier, par l'Assemblée nationale de la nouvelle carte à 13 régions constitue une avancée historique vers une véritable, ambitieuse, régionalisation de la France....
1 novembre 2013

La Loire Atlantique vue du ciel

La Loire Atlantique vue du ciel
Quelques sites emblématiques de la Loire Atlantique à travers les âges. A l'origine de ce petit jeu des comparaisons vues du ciel, le département breton propose un voyage de 1850 à nos jours de l'ère de la cartographie à celle des images satellites. De...
12 novembre 2017

Daïk, chapitre 27

 

surfeurs bretons

 

lettre typo celtique D

ES IMPACTS D’ASTÉROÏDES ENTRÉS EN COLLISION avec la Terre il y a plus de trois milliards d'années ont fait bouillir les océans comme une marmite. Le résultat de ces impacts a été un tel réchauffement de l'atmosphère - avec des températures de cinq cents degrés pendant quelques semaines et de plus de cent degrés pendant plus d'un an - que la couche supérieure des océans a bouilli sur une profondeur de cent mètres.

Sans cet événement, moins connu que l’extinction des dinosaures, toute l’alchimie de la vie sur la planète Terre aurait été modifiée en profondeur. L’apparition de l’homme doit donc à une série d’interventions extérieures : apport d’exo-molécules par les comètes (comme cela semble se confirmer au travers des missions Rosetta et Philae), bouleversement des équilibres causés par l’impact d’astéroïdes géants… La vie sur Terre est en soi une œuvre extraterrestre.

Rendre visite à de lointains ancêtres ne devrait donc pas être une gageure.

Las, le surfeur délaisse son ondine et dirige Daïk vers son Westfalia bleu et blanc.

-1,6 litre, qu’il lui dit. Il chauffe grave dans les embouteillages, mais à part ça, il est top, franchement, mec, j’adore cette caisse !

Daïk inspecte ce qu’il pense être un char de combat :

-Où sont les chevaux ?, demande-t-il.

-Tu t’intéresses à la mécanique ? Soixante sous le capot si tu veux tout savoir.

-Soixante chevaux ? Eh ben…

-Bah, c’est que dalle.

Modeste avec ça ! Le chevalier possède soixante montures, de toute petite taille. Il n’a jamais vu de cheval de sa vie et s’imaginait ça beaucoup plus grand, en fait, mais peut-être existe-t-il des modèles miniatures, comme des drones, qu’on envoie au devant des combats.

-Pas touche à mon fauteuil, hein ? Bah, de toute façon, tu n’atteindrais jamais les pédales !

Daïk télépathe une traduction incongrue. C’est le problème avec leurs langues terrestres. Il existe toutes sortes de variantes possibles pour un même terme. Leur lexicologie est à elle seule un capharnaüm invraisemblable, c’est Babel et à l’intérieur de Babel :

-Très bien. Viens par là.

Le surfeur désigne son ordinateur portable, posé sur le fauteuil passager central. Daïk, qui a dû escalader pour le voir fait les grosses facettes :

-Je vois ce que tu penses, j’ai oublié de fermer à clef ! Mais t’inquiète, on ne m’a jamais rien volé ici, tu vois. C’est ça la magie du monde des surfeurs. Le vol n’existe pas. Au fait, je m’appelle Benjamin, mais tu peux m’appeler Benji.

-Enchanté, Benji. Moi, c’est Daïk.

-T’as pas trop chaud sous ton costume ?

-Non, c’est parfait.

-Attends. T’as un bout de cellophane qui se décolle, là.

-Hé, pas touche !, éructe Daïk.

-Je te file tes adresses et tu te tires, hein ? Tiens !

Benji lance le site des pages blanches, clique sur Vannes et lance la requête.

-Tu vas les voir de ma part, ils vont être ravis de jouer à Halloween avant l’heure !

Hallo… ween %@&?? ñ?$-(

Qu’est-ce que c’est ce truc encore ? Un piège ? Petite recherche mentale. Halloween, contraction de All Hallow Even ou Oíche Shamhna en gaélique d’Irlande, ou encoreSamhain en gaélique d’Ecosse, terme repris par les Bretons d’Armorique et aussi en Gaule sous le nom de Tri nox samoni. Et voilà, comme un robot érudit et sur-éduqué, Daïk est reparti pour un tour ! Que dire d’autre ? Que de lointains descendants lorrains la célébraient encore avant les deux grandes guerres terriennes. Les Celtes faisaient ribouldingue à l’occasion de la nouvelle année le 1er novembre, lorsque l’hémisphère nord commence à plonger dans l’hiver stellaire, ribouldingue où les esprits des morts pouvaient revenir et hanter les maisons des vivants. Inimaginable dans son paisible univers II !

Benji lui conseille de rendre visite aux onze béleks pour le nouvel An avec ce qu’il prend visiblement pour un costume. Quel intérêt ? Daïk veut remonter jusqu’à l’enfant du druide, comprendre le chant des Séries. Le niver unan, Yeh ! Mais peut-il faire confiance à ce qui lui semble être deux brebis du troupeau égarées ?

Benji n’a pas pipé mot sur ce qui est en train de se tramer sur cette plage et ignore superbement les attaques des Nantais. De trois cents, ils ne sont plus que onze… et le type lui confectionne une liste de onze bélek ! Faut-il en déduire que Benji et Rozenn font partie des deux cent quatre vingt neuf combattants vénètes qui vont se faire exterminer par les armées de César ?

L’extradolescent frémit à l’idée de connaître à l’avance leur triste sort. Saleté d’espace-temps : Benji et Rozenn n’ont pas conscience du danger et de ce qui les attend. Voilà des combattants bien sûrs de leurs forces…

D’un côté, LA LOI, qu’il a du reste déjà en partie enfreinte, lui dicte de rester à l’écart du cours des choses sur Terre, et de l’autre l’envie irrépressible de leur porter secours se fait jour… Il ne peut pas les laisser se faire massacrer comme ça.

-Benji, qu’est-ce que tu fous !, crie la fille.

Il ne peut pas ! Non. Lui encore… Mais la fille… Oh que non ! Daïk peut-il faire en sorte que les onze béleks soient en réalité treize ? Qu’est-ce que cela peut faire ? Est-ce que l’histoire du monde s’en trouverait bouleversée ? Non ! Une femelle peut-elle devenir une bélek comme les autres, est-ce que ça pose fondamentalement un problème ? Non ! Et puis, s’ils s’accouplent, ça fera quoi : quelques centaines ou milliers de descendants supplémentaires par millénaire ? La belle affaire ! Ils sont déjà serrés comme des sardines sur cette planète ! Il paraît qu’ils s’éclatent à faire ça, en plus…

Non. Benjamin lui conseille gentiment de rendre visite aux onze béleks à l’occasion du nouvel An – ils en sont encore bien loin ! – Daïk pense à l’inverse que ça urge et que Rozenn et Benji ne mesurent pas l’imminence du désastre. Il a une carte à jouer dans la destinée des Celtes de cette planète à l’origine de formidables légendes terrestres connues jusque dans le cosmos. Daïk est persuadé qu’il s’agit de ses ancêtres, Seigneur, SES ancêtres, et il sait qu’ils vont se faire laminer !

-T’as pas de portable, j’imagine ?

Cette vieille technologie complètement dépassée ? Oh non, il n’en est plus là, s’ils savaient. Il fait non de la tête.

-Pas grave, je pensais t’envoyer un petit texto, mais je vais griffonner ça sur le revers de mon flyer là, tiens.

Benji lui tend une iconographie avec de jolies femelles en combinaison portant des armes monumentales sous le bras, genre : on-est-ravies-de-partir-au-combat ! Les pauvres, si elles savaient ce qui les attend… Daïk ne pourrait pas toutes les sauver, c’est évident. Et Benji qui arbore les portraits de ses équipières qui vont périr avec lui. Ah… s’il savait lui aussi...

-Misère, murmure-t-il en saisissant l’avis d’obsèques prophétique avec ses pauvres condamnées à mort dessus.

Benji remarque l’attitude hyper-absorbée de Daïk avec ses surfeuses sur le flyer :

-Eh, t’inquiète, mon petit ! Un jour, tu en rencontreras une pareille, va ! Il lui bourre l’épaule d’un coup de coude, à en déchirer sa combinaison primaire. Dis donc, t’es sous le charme, hein ? Je te préviens tout de suite, je n’ai pas leur numéro six, mais j’ai Rozenn, hé, hé. Elle est pas mal non plus…

Benji ferme un œil ostensiblement puis l’ouvre à nouveau. Message sibyllin : Benji se fait Rozenn. Pour tout dire, il s’en doutait un peu ! Etonnant comme l’iconographie officielle n’a retenu que leurs actes de bravoure et quasi exclusivement ceux des mâles. Daïk a la preuve formelle, sous ses yeux, qu’il y avait aussi des combattantes.

Reste que l’heure est grave, la menace imminente. Il les supplie de le rejoindre.

Benji ne comprend pas bien :

-Tu veux quoi ? Qu’on t’emmène à Vannes faire la tournée des Bellec pour fêter Halloween avec six mois d’avance, t’es pas bien ?

-Non, ce que je veux dire… c’est que vous courrez un grave danger. N’y allez pas…

-Où ça ?

-Dans l’oxy… l’hydro… dans l’eau, quoi !

Lasse d’impatience, Rozenn surgit derrière la portière conducteur du Westfalia :

-Bon, Benji, le clapot, c’est maintenant !

-Il ne me lâche pas d’une semelle.

-Tu ne vas pas te laisser ch… dans les palmes par ce gosse ?

-N’y allez pas ! Vous courrez à votre propre perte, crie Daïk.

-Qu’est-ce que tu nous conseilles de faire, alors ? Un bal masqué ? On a assez joué comme ça. Décampe ! Tire-toi.

-Va embrasser tes Bellec de Vannes pour nous !

 

Et ils courent à leur perte.

Fiers comme des perdants.

Tant pis pour eux !

Daïk est triste. Il dessine deux petites croix sur la plage :

 

† †

 

… et il s’en va.

Il part vers les derniers des combattants vénètes, puisque le destin semble inaltérable.

Les mortels restent des mortels. Ils ne veulent pas se donner la peine... De toute façon, ils n’ont jamais fait de l’immortalité l’assurance-vie de leur race, préfèrant se reproduire !

Daïk ne peut rien pour eux. Les Nantais vont les exterminer !

Daïk erre sur la plage, remonte la dune, puis traverse de nouveaux bouquets de plantes hostiles, aussi revêches que ce peuple dépassé par tous les conflits qu'ils ont créé entre les êtres et les espèces.

Ils sont perdus à jamais, pris dans les tenailles d'Eros et Thanatos. Impossible pour eux de regarder leur destinée avec un peu de recul !

 

Papa, maman, sachez que je me sens bien seul, ce soir, sur Terre…

Je n’enfreindrai pas la Loi, non par désir mais par fatalité.

Ces êtres sont prisonniers de leur destin, ils courent à leur perte.

Je vais partir au devant des onze béleks de Vannes, peut-être les ultimes représentants du royaume de Bel.

Tous les autres sont perdus.

 

6 mars 2019

Petite météo anglaise au hasard d'un vol retour

20190221_114015

 

Ahhh le climat anglais... Voici le sud du Royaume-Uni depuis un long courrier alors que je reviens de New York, cette fin février.

Les nuages et brumes matinales épousent la forme de la Grande Bretagne (on voit les coutours de la Cornouailles, le Devon, le Dorset et la région de Bristol) avec un débordement toutefois en mer formant un continuum blanc entre le pays de Galles et l'Irlande.

 

26 septembre 2017

Daïk, chapitre 16 / Ran niver seizh

 

SEIZH – 7 -

  

L’ENFANT.


— Chante-moi la série du nombre sept.

LE DRUIDE.


— Sept soleils et sept lunes, sept planètes, y compris la Poule.
Sept éléments avec la farine de l'air (les atomes).

 

 

lettre typo celtique S

OIT. LE VENT EST L’UN DES SEPT ÉLÉMENTS.

Mais que sont ces sept soleils, ces sept lunes,

ces sept planètes y compris la poule ? 

Daïk est à mille lieues d’imaginer qu’on ne puisse

percevoir de son point d’observation que sept planètes.

Ce système solaire en compte huit, Est-ce que je me trompe ?

Taliésin lui parle d’un monde révolu et si lointain où l’observation

avait pour limites l’œil humain dépourvu du bras armé de la technologie.

Ce monde était porté par un élan philosophique nouveau et puissant.

Les légendes innombrables étaient au cœur du savoir, et cette transmission

se faisait presque exclusivement par la bouche…

-Par l’œil, par la bouche ? Vous voulez dire que cette connaissance du cosmos

a débuté par l’observation primitive et que ces récits antiques ont été bâtis

par des animaux primitifs dénués de… de maîtrise de la technologie ? L’intelligence

appelle l’intelligence. Il a bien fallu un jour que des esprits éclairés commencent

le travail à une époque où il n’y avait pas encore d’ampoules !

 

 

-Difficile de ne pas penser comme un enfant sans pères, n’est-ce pas ?, souffle

Taliésin. Difficile de s’imaginer l’ampleur des transformations opérées

par les générations antérieures... Sais-tu que Merlin comme moi-même

étions des enfants sans pères ? C’est ce qu’a colporté l’Historia Brittonum.

Mais les auteurs chrétiens des légendes arthuriennes relatent une autre version

et disent que la mère de Merlin existait et qu’elle s’appelait

Adhan et que le père était un esprit du souffle ou du vent...

Enchanté, esprit du vent !

 

Daïk acquiesce, fait celui qui connaît une célébrité inconnue à ses yeux

que l’on présenterait dans une soirée mondaine.

Le dos tourné, il glane quelques infos de secours.

Ainsi, Taliésin serait à la fois un barde historique et un druide mythique :

son nom comme celui de Merlin étant associés aux grands récits

des Bretons du Ve et VIe siècle après le grand messie. Un messie issu

d’autres croyances : Jésus Christ !

« Hé, je connais ! »

Daïk sait que ce messie a donné naissance à une religion qui a fini par dominer, entre

autres, les croyances celtiques et qui a repris un grand nombre de ses rites et

légendes. Les druides immortels sont fort circonspects à son sujet.

Daïk songe au vieil Ann Drouiz. S’il veut comprendre cette planète et le drame

auquel il a assisté impuissant, il doit remonter aux premiers druides, quelque mille

cinq cents révolutions terrestres avant l’obsession de l’atome...

Il ne doit plus seulement entrer en communication avec Taliésin ou Merlin,

mais partir à leur rencontre. Il sait qu’ils sont dépositaires de cette légende.

Le chant des Séries s’est transmis à eux par tradition orale, et ils ont été

de ceux qui ont influencé ses nouveaux maîtres tel qu’Ann Drouiz. Ann Drouiz

qui se refuse de lui enseigner les Rannoù jusqu’au bout, tandis que Taliésin

s’esquive en le renvoyant à sa méconnaissance des anciens.

Pourquoi donc ne veulent-ils pas l’aider à grandir plus vite ?

 

 

22 juillet 2017

Daïk, chapitre 3

 

  

 

Daouzek miz, daouzeg arouez

Unnek belek houarneset
Dek lestr tud gin a welet
Nao dornik gwenn
Eiz avel
Seiz heol
C’houec’h mabik great e koar
Pemp gouriz ann douar
Pevar mean higolin
Tri rann er bed
Daou ejenn
Heb rann, ar Red heb-ken
Ankou, tad ann anken
Netra kent, netra ken.

  

Douze mois et douze signes

Onze guerriers armés

Dix vaisseaux ennemis

Neuf petites mains blanches

Huit vents

Sept soleils

Six petits enfants de cire

Cinq zones autour de la terre

Quatre pierres à aiguiser

Trois parties du monde

Deux bœufs

Point de série pour le nombre un ; la Nécessité unique

Le Trépas, père de la douleur

Rien avant, rien de plus.

 

 

lettre typo celtique O2

 

 

N RACONTE QUE LES ANCIENS PARLAIENT

cette langue étrange venue d’un autre

monde. D’où venait-elle ? L’enfant

l’ignorait. D’un coin reculé

de l’espace sans doute.

Pars à la découverte de cette langue

et peut-être comprendras-tu ce

que signifie ce mot effroyable

et incompréhensible : le néant.

La nécessité unique.

Le Trépas, père de la douleur…

Intrigué, Daïk retourne à ses capteurs et à son univers à échelle réduite.

Il chasse l’angoisse culpabilisante d’avoir laissé

ses parents alors que c’est eux qui l’ont laissé (!) et il se dit, le ventre noueux :

-Je dois comprendre pourquoi toutes ces explosions nucléaires

en si peu de temps. Deux mille cinquante explosions, puis plus rien ! Pourquoi ?

L’enfant se repasse les enregistrements en boucle et en toute

désobéissance, dénombrant les explosions nucléaires comme on dénombrerait le contenu

d’un sac de billes :-Voyons, une première explosion dans le désert ; une deuxième

puis une troisième sur des humains peuplant un archipel... Puis la quatrième.

Et là, la cinquième, à l’autre bout de l’océan qui borde l’archipel... Puis, encore

trois dans ce même océan... Et, soudain, une nouvelle explosion en une zone

vierge jusqu’alors de toute flambée hydrogénée, quelque part en plein désert

dans cette vaste partie du monde terrestre continental,

à mi chemin entre le pôle et le plus petit des trois océans !

Daïk se prend à rêver de miniaturisation et de voyage vers ce monde

étrange dont il ignore les mœurs et les milliers d’idiomes tombés dans l’oubli.

Cette terre n’est qu’une terre parmi d’autres et ses propres aïeux

n’ont gardé que des bribes de son histoire. Quel dommage... Leur tâche est exclusivement

tournée vers l’exploration astronomique et métaphysique. Tous les outils

auxquels ses parents ont recours sont voués à énumérer, recenser, trier les molécules,

à calculer les distances, les densités, les forces de gravité, à explorer les trous noirs...

De son aire de jeu sidéral, il peut toucher les astres et cela est

la grande affaire des adultes, mais lui, l’enfant  aimerait comprendre ce monde qui n’intéresse plus personne.

Pourquoi s’agitent-ils ainsi autour de leur étoile ? Etudier ces peuples

ne vous intéresse-t-il donc plus, vous les adultes, qui vous passionnez

pour les univers multiples ?

Mais personne ne lui répond.

A l’heure des valises et de dire au-revoir à ses parents, l’enfant était revenu

à la charge. Sa mère, feignant de comprendre, lui avait dit alors :

-C’est donc pour cela que tu n’as rien mangé ? Pour cette espèce humaine archaïque ?

Elle ne pouvait pas le sermonner plus que ça puisque le jeûne

n’était en aucun cas répréhensible dans le monde immortel. Le qualificatif

archaïque l’étonna néanmoins. Et il sent du mépris dans les paroles de sa mère,

cela ne lui ressemblait pas. Elle s’était presque emportée...

Seigneur, cela ne lui était encore jamais arrivée !

-Ne joue plus à ce jeu stupide, tu comprends ?! Pour l’amour des cieux, Daïk !

Oublie ce monde, jette-le, jette-le loin de toi ! Oublie cette histoire d’explosions !

-Maman, on me cache des choses et je n’aime pas ça.

-Oublie, chéri, oublie tout ça…

Ce n’est pas de ton âge.

Ce n’est plus du nôtre.

Cela ne l’a jamais été et le ne sera jamais.

 

Une étoile filante traverse le ciel entre deux constellations du troisième univers.

Juste à côté : une belle supernova. Le ciel zébré, constellé de galaxies figées pour

des milliers et des milliers d’années, fait tapisserie dans sa chambre à coucher.

Il serait adulte que presque rien n’aurait changé sous la coupole

de son enfance... Amer, Daïk soupèse son bocal puis le tourne dans tous les sens

entre ses doigts. Puis, il se résigne à dégrafer les électrodes reliées à cet univers

étrange et le range sur ses étagères vitrées au milieu de tous ses artefacts.

De tous ses mondes, le monde terrien est indiscutablement

le plus intriguant. La planète Terre a toujours été un monde intriguant.

Combien d’enfants sont en train de jouer en ce moment même avec un artéfact 

galactique comparable ? Des milliers, des millions peut-être ! Mais combien

ont figé le temps sur ce point précis de l’humanité terrestre et ont déjà observé

cette série sidérante d’explosions nucléaires artificielles à la surface

d’une planète ? Probablement personne ! Daïk est le seul à être tombé sur un tel spectacle,

il en est convaincu. Son intuition lui dit que c’est une découverte aussi

incroyable que de découvrir une nouvelle dimension ! Ces adultes passent

leur temps à regarder au loin, le plus loin possible et tous ces univers

leur montent à la tête. Lui, il aimerait figer son regard et le temps sur

cette découverte d’un autre temps. Daïk a toujours été un enfant différent, l

unaire diraient les esprits chagrins. D’aucuns dira qu’il ne fera jamais rien

de son éternité, qu’il contemplera l’infini sans jamais conquérir ne serait-ce

qu’un système ! « Avoir l’éternité devant soi pour ne pas cueillir la moindre

année-lumière carrée, c’est absurde. Cet enfant est absurde... » C’est ce

qu’ils pensent tous de lui, hein ? Daïk se sent mal. Il ne s’est jamais

senti aussi mal de sa vie. On lui cache des choses alors qu’on lui a

toujours dit qu’il n’y avait rien à cacher, que rien n’était inatteignable.

On lui cache ce que personne n’aurait jamais dû voir depuis l’espace...

Aucune espèce vivante évoluée, jamais. Deux milles cinquante trois secondes

perdues dans un océan de cent quarante deux millions de milliards de secondes

à l’instant où cela s’est produit, soit une chance sur soixante-neuf

mille trois cents milliards de le découvrir !

Et cet enfant s’appelle Daïk.

 

 

21 avril 2013

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