musée sous marin hublot

  

Gigantesque, protéiforme avec ses blocs K1, K2 et K3, la base sous-marine de Lorient sidère par ses dimensions. Austère et effrayante sous certains aspects, elle a laissé des traces dans l'inconscient collectif lorientais : la ville a longtemps tourné le dos à ce qui fut la plus grande base sous-marine allemande de l'Atlantique.

C'est seulement depuis l'arrivée du pôle nautique, vaste pépinière d'entreprises avec ses impressionnants navires de course, que les vents ont réellement tourné. L'ouverture de la Cité de la Voile Éric Tabarly en 2008 parachève cette réappropriation. Keroman est redevenue fréquentable. Bars et restaurants fleurissent dans un cadre unique, écrasés par l'impressionnante stature de béton de la BSM et contrastant avec la silhouette sombre et élancée de La Flore, un submersible de la marine française désarmé en 1989 mais laissé en l'état dans son alvéole du K2, et que l'on peut aujourd'hui visiter.

Caisson hyperbare à la Jules Verne

En continuant de longer la base, entre deux trimarans, une autre surprise vous attend : derrière la capitainerie, arrimé à la base dans une aile de béton de cinq étages, le musée sous-marin, unique en Europe, plonge dans l'histoire des épaves sous-marines et notamment des célèbres U-Boote allemands.

D'étages en coursives, dans un univers sonore envoûtant, le musée s'est appuyé sur la présence du plus vieux simulateur d'entraînement des sous-mariniers. " C'est le seul visitable au monde, rappelle le président du musée, Christophe Cérino, universitaire et spécialiste en archéologie sous-marine. La majorité des sous-mariniers allemands puis français s'y est entraînée. Il faut savoir que près de la moitié des U-Boote ont séjourné à Keroman. C'était une base sous-marine clé du Reich. "

Après la guerre, la marine française a réutilisé le simulateur. Les sous-mariniers s'en servaient toujours afin de recréer les conditions d'évacuation en cas de naufrage : avec sa cuve de quatre mètres d'eau, ce cylindre de métal reproduisait des conditions de sortie à moyenne profondeur.

Le musée présente également un étonnant caisson hyperbare, digne de Jules Verne, utilisé jusqu'en 1995 pour traiter les accidents de décompression. Il a servi aux accidentés civils sur place. " Depuis cette date, la marine française utilise de nouveaux simulateurs mieux adaptés aux scaphandres sur l'Île longue. " Fondé par des passionnés d'histoire et de plongée, le musée s'attache également aux grands naufrages militaires de l'Atlantique du Nord-Est, région du monde où gît le plus grand nombre d'épaves. Il aborde le naufrage de l'U-171, un U-Boot qui a sauté sur une mine en face de Port-Tudy, et celui de plusieurs bâtiments de la Première Guerre mondiale.

" Le musée ne traite pas seulement des pages tragiques de l'histoire sous-marine ", insiste Christophe Cerrano qui a préparé avec son équipe un système d'audio-guide MP3 pour les enfants. Cela leur permet de visiter le musée en même temps que leurs parents, mais avec une autre façon d'aborder les choses, avec un langage et une tonalité plus ludique. Une évolution qui n'entend pas délaisser l'esprit premier du musée, qui est de s'appuyer sur de solides recherches d'historiens et sur le travail considérable de dizaines de bénévoles, à une époque où peu encore pariaient sur la reconversion de cette ville dans la ville.

 

iMusée sous marin, Tour Davis, Base sous marine de Keroman, 56100 Lorient, internet : tour-davis.com

& : Le guide de la Bretagne insolite & relax, extrait.

( : Jiluk