L'AUBERGE DES VOYAJOUEURS, MONTENEUF
LE LIEU DE PERDITION DES DRUIDES
Mythique ou ludique, la forêt de Brocéliande ? Pour qui part à la découverte de la fontaine de Barenton ou du tombeau de Merlin, cet incorrigible farceur, l'aventure s'apparente bien souvent à un véritable jeu de piste. Ici, les cartes topographiques reflètent un sens de l'imagination et de la facétie débordant : les villages s'appellent Folle pensée (du nom d'un ancien asile tenu par les druides), Pont du Secret, le Val sans retour ou le Pertuis néanti - tout un programme ! Mais les plus joueurs pourront aussi se délecter au Champ des tournois ou retourner en enfance à la fontaine de Jouvence... Et s'ils poussent leur joyeuse virée un peu plus au sud, ils atterriront sur l'étonnante mais plus moderne Auberge des Voyajoueurs, au lieu-dit Le Chaperon rouge !
Ils y feront à tout coup bonne pioche. L'Auberge des Voyajoueurs, avec ses dix chambres très spacieuses propices à la détente, propose également à ses visiteurs un incroyable assortiment de quelque 500 jeux : une trentaine de jeux de plein air et d'adresse comme le Kubb et ses quilles suédoises, mais surtout une myriade de jeux de salle issus des cinq continents ! Le cadre est superbe, l'architecture contemporaine très aérée avec ses pilotis et ses claustras de bois donnant sur le vaste étang du Chaperon rouge.
Bonne pioche !
On est accueilli ici par des salves d'éclats de rire provenant de l'un des deux espaces de jeu de 150 m2 : une salle côté bar, plus en retenue, et une salle au rez-de-jardin où les plus facétieux peuvent rire à gorge déployée. De quoi tout de suite se mettre dans l'ambiance !
Entre autres divertissements, le Carrom, jeu de pichenette indien ; le Puluc, un jeu à rebondissements guatémaltèque avec des dés à deux faces ; le Fandrona, des dames malgaches et son maniement un peu déroutant !
Aux côtés des jeux de société du monde, l'Auberge des Voyajoueurs propose un éventail de jeux d'ambiance contemporains incroyable et réactualisé en permanence. " En ce moment, Identik et Dixit, un jeu de description, plaisent beaucoup ", constate Anne-Sophie Hochet.
Aux manettes des Voyajoueurs, elle court les grands salons internationaux en quête de nouvelles trouvailles, comme à Essen, en Allemagne, ou bien à Cannes. " Je suis très joueuse par nature, indépendamment de mon nom de famille ", poursuit avec humour l'ancien agent de développement touristique. De la partie, la jeune femme a mis trois ans à assembler les pièces de son jouet à elle : proposer en milieu rural une auberge insolite et ludique.
La formule, qu'elle a elle-même imaginée de A à Z, a tout de suite fait tilt. Les visiteurs peuvent librement allier balades à leur convenance, de Brocéliance au golfe du Morbihan, et parties de jeux à l'auberge.
Suivez les éclats de rire...
Pour un peu que le temps ne soit pas de la fête, les salles sont vite prises d'assaut. Anne-Sophie Hochet et ses quatre salariés se plient en quatre pour conseiller les joueurs : " Nous proposons, les gens disposent. Nous sommes simplement là pour les orienter et les conseiller. Nous laissons les joueurs s'amuser entre eux, sans être intrusifs. "
La magie opère d'autant plus à l'Auberge des Voyajoueurs que le parti a été pris d'ouvrir les salles de jeu au public de passage. Pendant les vacances scolaires, l'établissement est ouvert sept jours sur sept, de 14 h à minuit. De quoi s'amuser toute l'année !
Info pratique : Auberge des Voyajoueurs, Le Chaperon Rouge, 56380 Monteneuf, auberge-des-voyajoueurs.com
Texte : Xavier Eveillé, droits réservés, extrait
Illustration : Clam.
LA TRAQUEUSE DE PHARES, AUDIERNE
Pour beaucoup, c'est un rêve. Touchez du doigt le mythique phare d'Ar Men. Insaisissable depuis le rivage du Cap Sizun, son éloignement en a fait l'un des phares les plus légendaires au monde. Il représentait un danger permanent pour ses bâtisseurs et la relève de ses gardiens. A bord de la vedette de Farandole 29, vous accostez le même jour sur l'île de Sein pour une escalade en haut du Grand phare, élégant avec sa tour marine et blanche. Du haut de ses cinquante mètres, la vue intégrale sur le caillou est surréaliste. On peine à imaginer qu'une centaine d'individus peuple à l'année ce petit bout de terre qui semble à peine effleurer des vagues. De triste mémoire, les Sénants ont dû grimper à trois reprises sur le toit de leur maison au XIXe siècle afin d'échapper aux déferlantes... Il faut dire que le goulet d'étranglement au point le plus étroit de l'île, en forme de papillon, fait tout juste cinquante mètres. Pour donner un ordre de grandeur, c'est comme si l'océan battait les deux façades opposées de votre jardin. On vous laisse imaginer ce que cela peut donner par tempête. On n'y tient pas longtemps sur une chaise longue...
Depuis le ponton A d'Audierne, la seule et unique vedette de la micro-compagnie Farandole29 part à l'assaut des phares à la journée ou à la demi-journée. A bord, c'est une femme qui défie les vagues. Fanny Lucas est marin de métier originaire de Plouhinec, tout comme une large partie de sa famille, également impliquée dans cette initiative géniale, lancée en 2008. Comptez alors 3 h pour le circuit Ar Men et 2 h 30 pour la Route des naufrageurs jusqu'à la pointe du Raz et le phare de la Vieille. La formule la plus complète, "Les Phares du bout du monde", vous embarquera à l'assaut des quatre phares qui cernent l'île de Sein : Ar Men à l'ouest de l'île, le Grand phare, au pied duquel vous déjeunerez - à moins de préférer l'un des établissements de l'île - et les deux gardiens du raz de Sein : Tévennec et sa cadette La Vieille, surnommée "l'Enfer" et située à moins de dix encablures de la non moins mythique Baie des Trépassés. L'avant dernier phare à avoir été automatisé il y a une quinzaine d'années n'est distant du continent que d'un tout petit mille marin...
Coucher de soleil et partie de pêche
Le traqueur de phares ne rechignera pas à vous proposer également deux autres formules elles aussi magiques : la sortie coucher de soleil (2 h 30) et la partie de pêche (à la journée ou à la demi-journée). Avec votre propre matériel ou celui prêté gracieusement par l'équipe de Farandole29. L'idée ? Faire d'un rocher deux coups en venant taquiner les phares et les poissons. Bar, julienne, maquereau et lieue abondent dans ces eaux tourmentées, de même que le tacaud. Le poisson du pauvre, très commun dans les années 50-60, est désormais plus prisé en raison de sa faible durée de conservation (six heures seulement). Plus difficilement commercialisable depuis les criées, il conviendra tout à fait au retour de pêche. Que l'on morde ou pas, une certitude : le navigateur rentrera aussi charmé qu'affamé par les embruns de la baie d'Audierne et du Raz de Sein.
Farandole, ponton A, 29 770 Audierne.
Texte : Xavier Eveillé, droits réservés, extrait du Guide de la Bretagne insolite et relax
Illustration : Gégé.

Agrandir le plan
L'AUTRE RIVE, BERRIEN
CLAIRIERE LIBERTAIRE EN FORÊT DE HUELGOAT
On se croirait à l'autre bout du centre-Bretagne, du côté de Tréhorenteuc ou de la forêt de Paimpont. Même paysage arthurien de landes abruptes et de forêts, mêmes vestiges de la grande Brocéliande, celle qui couvrait tout l'Argoat. Mais ici, l'esprit se révèle plus frondeur encore. Libertaire, même. Vous avez l'impression qu'il n'y a pas âme qui vive ici ? La gageure ! C'est un foisonnement. A l'image de cette végétation prolifique, dont on n'est pas près de couper la tête, les Bretons des Monts d'Arrée sont revêches. Et ce n'est pas Marc Ledret qui nous contredira : son café-librairie, prétendument perdu en pleine forêt de Huelgoat, est devenu un véritable centre-ressource parallèle avec ses conférences littéraires, ses concerts, ses expos, ses ateliers botaniques et même son implication dans un club d'investissement pour les jeunes du centre-Bretagne. Avec sa compagne d'origine catalane Katita Reynes, infirmière, Marc Ledret a fait de sa demeure aux airs de paradis perdu le lieu d'échange de toutes celles et ceux qui puisent leur force dans - rayez les mentions inutiles - la résistance, la rébellion, le développement local, la culture bretonne, les festoù-noz, l'agriculture bio, la botanique, le commerce équitable, l'auto-construction, les arts plastiques, la poésie, les livres, les bières bretonnes, les cakes salés et les patates au four.
" Ici, les gens sont capables de se foutre sur la gueule pour une histoire de talus. Mais quand des intérêts supérieurs sont en jeu, ils savent faire corps et se retrouver autour d'une même cause, s'étonne encore Marc Ledret. Surtout dans ce bastion des Bonnets rouges et des luttes sociales bretonnes."
Du Chaos de Huelgoat jaillit un terreau fertile
Le Breton du monde ne regrette pas d'être tombé dans la marmite des Monts d'Arrée il y a huit ans pour créer un lieu de développement au pays bien à lui. En la matière, L'Autre rive est une belle synthèse de toutes ses convictions. De vieux restes intacts de pérégrinations professionnelles aux frontières du cynisme : ingénieur, Marc Ledret a travaillé dans la recherche pharmacologique. Il en est sorti vacciné par la nocivité des médicaments - une bombe à retardement, selon lui - et se tourne alors vers l'humanitaire et l'éducation populaire : de l'Amoco Cadiz au Mali via le Cambodge, où il est chef de mission pour des Organisations non gouvernementales " mais où savoir se rendre indispensable passe parfois avant l'efficacité ".
A L'Autre rive, Marc Ledret trouve le champ libre à la mise en pratique de ses retours sur expérience. " Il suffit, du reste, de laisser les choses venir avec humilité. Je n'invente rien : c'est un remarquable terreau de talents. On y vient pour s'entraider, échanger ses savoirs. On y débat. "
Le visiteur y trouve plus que son compte, sans forcer nécessairement le militant qui sommeille en lui ! L'espace librairie, qui représente 45% de l'activité de l'Autre rive, vaut à lui seul le détour. Des murs de livres percés ça et là de trouées de verdure donnant sur les bois de Restidiou vraz. A savourer autour d'une limonade de sureau bio et d'un blinis de truite fumée. De Huelgoat, cela va de soi !
Infos pratiques : L'Autre rive, Restidiou vraz, Berrien, Internet : autrerive.hautetfort.com.
Texte : Xavier Eveillé, droits réservés, extrait
Illustration : Lefeuvre.

LE RUN AR PUÑS, CHÂTEAULIN
LE CAFE CONCERT A PAILLE HUMAINE
Trente-trois ans que le "Run" enflamme les soirées du Centre-Ouest Bretagne, à mi-chemin entre Brest et Quimper. Le café-concert, haut lieu de la scène bretonne, est né de la frustration d'une bande de copains constituée autour du groupe de folk progressif Ar Pilhaouerien (Les chiffonniers) dans les années soixante-dix : « Sortis des salles omnisports et de quelques cafés-cabarets, il n'y avait pas de scène pour venir écouter de la musique à une époque où elle explosait en Bretagne » comme le rappelle le fondateur du Run ar puñs, Jakez L'Haridon. « On n'avait pas envie d'écouter nos groupes seulement sur vinyles. » La ferme parentale fera l'affaire ! Aménagée en 1978, non sans peine, avec sa salle de 350 personnes et son bar à pression, elle devient rapidement l'une des références en faisant office de trait d'union entre musique bretonne et scène alternative.
Jusqu'à 350 personnes... au coin du feu
Le repaire des jeunes militants du Kreiz Breiz a gardé de sa fraîcheur brute de formatage. " C'est ce qui fait le charme du Run ar Puñs. Il surprend beaucoup les artistes par la proximité entre la scène et la salle qui est restée à taille humaine " et par son côté veillée près de la cheminée. " Ça nous a d'ailleurs valu des impros a capella au coin du feu surprenantes, comme avec la chanteuse italo-suédoise Maggio. " Le Run aime bien gratifier son public d'un répertoire tantôt intimiste tantôt explosif, souvent décalé. De Philippe Katerine aux Angevins Lo'jo, des Belges "calambouristes" comme ils se définissent eux-mêmes à Sttellla en passant par le Peuple de l'herbe ou Dub'in. Dans la campagne châteaulinoise, on est loin des grosses salles de spectacle hyper high tech d'inspiration anglo-saxonne " et souvent lisses, même lorsqu'elles en mettent plein la vue avec leurs décos très léchées ". Le supplément d'âme, toujours la même histoire. La petite étincelle qui ne se décrète pas et qui fait ou défait la réputation des scènes musicales. " La java, ça ne se décrète pas non plus ", plaide Jakez L'Haridon.
Et quand bien même, la fête ne se limite pas à cela. Le Run ar Puñs n'est pas uniquement un lieu qui vit de l'événementiel et d'une programmation. Chacun décline la fête à sa mesure, à l'ouverture comme de nuit. " Il est de plus en plus difficile de surprendre. C'est un travers de l'époque actuelle où il est aisé de se faire une petite idée de tout ", note Jakez. Le rapport à l'humain reste essentiel et en cela, tout ne se joue pas non plus devant une scène. Même boutique, même enveloppe, même esprit : au Run ar Puñs, la simplicité reste de mise. La clef de voûte musicale ? Un minimum de prétention pour un maximum d'effet !
Le Run ar Puñs, route de Pleyben, 29150 Châteaulin. Internet : runarpuns.com
Texte : Xavier Eveillé, droits réservés, extrait
Illustration : Clam.

Agrandir le plan
A MUTATION, MUTATION ET DEMIE
Est-ce une mutation ou un naufrage ? Des années, des décennies que l'on entend cette chanson : la presse fait sa mutation. Érosion des ventes papier, développement du webjournalisme sur lequel mise la quasi totalité des journaux sans encore, vraiment, en sentir les effets (les annonceurs rechignent à migrer vers le net)... Pour combien de temps encore, une telle mue ? Après les métiers du livre, ce sont de nouvelles cures d'amaigrissement qui s'annoncent. Dernière en date, celle du quotidien économique La Tribune, qui délaisse le support papier (et, au passage, plusieurs dizaines d'emplois) au profit du tout numérique, moins onéreux en terme de moyens techniques, certes, mais aussi humains.
C'est que l'essor de la presse sur le net se traduit par la disparition de certains corps de métiers comme celui de secrétaire de rédaction (SR). Ils sont même remplacés par des webmasters, issus bien souvent de filières relevant davantage de l'informatique que de l'information.
Hommes de lettres ou du HTML ?
Le phénomène rappelle en l'occurrence celui qu'a connu l'ensemble des métiers du Livre. A mes débuts, le mouvement était déjà bien engagé. Je me souviens avoir travaillé dans un quotidien régional en Bourgogne où la mise en page était effectuée en doublon par des ouvriers du Livre et des secrétaires de rédaction chacun dans son bocal, sans se parler. J'étais donc dans le camp des SR. J'effectuais la relecture, la titraille, l'organisation de la copie du jour puis la mise en page. Cette dernière n'était pas validée alors qu'elle était entièrement réalisée sur un logiciel maison ad-hoc. Simplement, on effectuait une sortie papier qui était confiée... aux ex typographes du Livre qui remontaient en page, à l'identique, ce que l'on venait nous-mêmes de faire. Du doublonnage pur et dur.
Seul avantage de cette bizarrerie de la presse écrite française, qui doit beaucoup au zèle déployé par le syndicat du Livre pour conserver des métiers pourtant obsolètes, la copie était relue au moins trois fois : par le rédacteur ou le correspondant de presse, par le SR et par les ouvriers du Livre. Avec la disparition successive des ouvriers du Livre et des SR, sous l'impulsion de la presse web, on en arrive bien souvent à une seule lecture : celle de l'auteur même du texte. A lui de savoir se relire.
Avec la presse web, on demande de moins en moins à un journaliste d'être un homme ou une femme de lettres, mais de plus en plus d'être un homme ou une femme du HTML. Ne cherchez plus, c'est l'une des principales raisons de cette floraison, de ce florilège de fautes d'orthographe et de syntaxe sur le net : l'instantanéité de ces nouveaux supports et la suppression du filtre du SR, qui relisait/retravaillait les textes avant validation.
Il faut ajouter à cela une autre problématique : un trop grand nombre de jeunes diplômés sort chaque année des écoles de journalisme ou de communication. Titularisé en 1998, j'ai obtenu ma première carte de presse en 1999. Elle porte le n° 86**1. La première carte de presse a été délivrée après guerre à un journaliste radio, Jacques Alexandre (au passage, il est décédé l'an dernier à l'âge de 90 ans). Aujourd'hui, nous en sommes de mémoire dans les 110 000, minimum. Autrement dit, depuis ma titularisation, 24 000 cartes ont été accordées (au moins, donc) sur une période de 13 ans alors que le nombre d'emplois disponibles s'est stabilisé avant même de baisser, particulièrement dans la presse écrite. Pour la première fois en 2011, d'ailleurs, le nombre de journalistes titulaires de la carte de presse tous supports confondus a baissé (36 800 cartes délivrées actives).
Aborder la face nord
Seule la presse audiovisuelle, grâce au boum de la TNT, du câble, du satellite, s'en sort bien. Non pas par le haut, mais au contraire parce que le lobby audiovisuel et les pouvoirs publics ont convenu d'émietter le marché publicitaire en gonflant artificiellement la filière audiovisuelle. Bref, en créant de l'offre là où il n'y avait pas de demande. Cela se traduit par un appauvrissement considérable du niveau de la télévision : de moins en moins de programmes frais, de plus en plus de rediffusions, des spéciales années 80 qui ne coûtent quasiment rien à produire... Rien ne justifie, le téléspectateur n'est pas dupe, une telle inflation de chaînes en tous genres.
Dans ce monde merveilleux de la presse française, se faire une place en indépendant relève probablement de l'inconscience. Ou du moins c'est un choix de vie, dont il faut accepter les règles, les contraintes.
Il y a bien évidemment de nombreuses façons d'aborder la face nord du journalisme qu'est le free-lance. A chacun la sienne. Dans l'intitulé, déjà. Il faut savoir que les journalistes titulaires en poste, en particulier les chefs de rubrique ou rédacteurs en chef, sont, de loin, les plus méprisants à notre encontre. Pas plus tard que la semaine dernière, une rédac chef de Rennes m'a appelé pour un CV que j'avais adressé il y a près de deux ans. Rien que le ton employé sent le mépris, la suffisance. Elle m'a demandé une liste de quatre-cinq sujets originaux sur des PME morbihannaises. Une fois cette sélection faite, qui a demandé pas mal de (re)prises de contact, de fouinage, et une fois le mail envoyé (et seulement une fois le mail envoyé - il est de troublantes coïncidences), je reçois une réponse également par mail me disant : " Ah ben en fait, désolé... Le projet de rubrique a évolué ". Ah, ils ont tous le même mot et décrochent rarement leur téléphone pour vous le dire. Traduisez : "Merci, c'est cool. En panne de sujets, je vais piocher dedans et économiser la pige que je ne vous paierai pas." Vous avez bossé pour rien. J'ai épluché les 500 derniers articles mis en ligne ces trois dernières années par cette rédactrice en chef par acquis de conscience, histoire de bien vérifier qu'elle n'avait pas elle-même déjà traité ces sujets sous cet angle. Je suis à peu près certain de retrouver au moins l'une de mes propositions dans sa liste ces prochains mois.
On est bien souvent leur paillasson atitré. De plus en plus souvent, je les envoie paître. Je commence à récuser le terme de pigiste, les reprend en disant : "Non, je ne suis pas pigiste, mais journaliste indépendant". Ils répondent : "Arf, journaliste indépendant !" comme si on leur sortait une énorme contradiction, voire un oxymore.
Oui, c'est sûr. Où est l'indépendance à exercer dans un journal qui vit de la publicité, des annonceurs, mais aussi des subventions de l'Etat pour le renouvellement des presses offset et autres.
Visiteurs virtuels & réels
Alors, plutôt que de servir ad vitam aeternam de paillasson et toujours attaché à ma liberté, mon autonomie, mon indépendance toute breizhoù, j'ai décidé d'explorer une autre façon de travailler, pas si éloignée finalement de celle des sites d'information financés par des donateurs. Faute d'être payé par des employeurs qui n'emploient pas, qui ont remplacé la traite par la maltraite, j'ai décidé d'aller vers l'autojournalisme, un prolongement du blog, au fond. Outre quelques incursion dans l'édition, je me suis lancé, en parallèle, dans un autre chantier d'autoconstruction en réalisant un gîte dans une maison ossature bois au Cap-Sizun (pourquoi le Cap, c'est une autre question que je pourrais également aborder). Cela vient de me prendre quasiment deux années qui elles-mêmes suivent de peu l'autoconstruction de ma propre maison d'habitation. Et j'ai décidé de lier ces deux activités, tout simplement. J'ai décidé de lier la fréquentation de ce blog à celui du gîte (aujourd'hui achevé - la photo ci-dessous date de l'été dernier). Plutôt que de recevoir des dons, il s'agit d'accueillir des visiteurs non plus virtuels mais bien réels, à la pointe du Raz. Une forme d'auto-mécénat, de tourisme militant ? Ce serait immodeste de dire "oui, et ce, au service de l'indépendance de nouveaux médias". Je sais que je n'en suis pas encore là. Beaucoup reste encore à construire, pierre par pierre. Ou plutôt, devrais-je dire, dalle d'OSB par dalle d'OSB.

EOLIENNES OFFSHORE : QUELLES RETOMBEES EN BRETAGNE ?

Alors que vient de se tenir cette semaine la dixième conférence régionale de la mer et du littoral en Bretagne, consacrée notamment à la future ferme éolienne offshore de la baie de Sant-Brieuc, quelles retombées sont-elles à attendre de la mise en place de cette filière dans la région ? Quelles perspectives s'ouvrent en matière d'emploi et de développement dans les dix années à venir, dans une Bretagne largement sous dimensionnée en terme de production d'électricité (environ 11 % de sa consommation annuelle seulement) ?
Avec un sérieux retard sur ses voisins européens, en particulier britanniques, le gouvernement français a lancé deux appels d'offre européens afin de doter enfin le pays d'une filière d'envergure (objectif : 6000 mégawatts d'ici 2020 contre, pour rappel, 13000 mégawatts déjà installés au Royaume-Uni en 2010). Le premier a abouti en 2011 à la sélection de quatre sites au large de Saint-Brieuc (à 17 km d'Erquy plus exactement), Fécamp, Saint-Nazaire et Courseulles-sur-Mer. Un projet au Tréport a finalement été reporté. Il rejoindra le second appel d'offre attendu pour ce deuxième semestre et prévoyant également une ferme offshore au large de Noirmoutier, en Vendée.
La France, deuxième potentiel d'Europe
Avec un potentiel de 200 TWh/an, la France dispose du deuxième plus grand potentiel éolien en mer d'Europe derrière le Royaume-Uni. Il se trouve essentiellement en Manche et dans la moitié nord du golfe de Gascogne. S'il était utilisé en totalité, ce ne sont pas moins de 31 % des besoins français en électricité qui pourraient ainsi être couverts à l'horizon 2040. Il faudrait pour cela installer environ 15 000 éoliennes d'une capacité moyenne de 5 mégawatts. En l'occurrence, les deux appels d'offre ne permettraient donc d'assurer que 8 % de ce potentiel.
Mais c'est bien évidemment déjà un début, d'autant que les retombées en terme d'emplois ne seront pas négligeables. S'agissant de la ferme au large de Saint-Brieuc, 140 emplois de maintenance sont attendus à Saint-Quai-Portrieux, Saint-Cast ou Saint-Brieuc. Pas moins de 2000 m² de bâtiments et 4000 m² d'entrepôts devront être construits à cet usage. La maintenance assurera du travail pendant les 25 à 30 années de vie de la ferme éolienne d'une capacité totale de 500 MW. A elle seule, l'exploitation de cette ferme permettra d'ailleurs de faire passer la production bretonne d'environ 11 à 18 % de sa consommation.
En amont, l'ingenierie, autour de l'Espagnol Iberdrola, d'Eole, RES, Areva et Tecnip, devrait se traduire par la création de 300 emplois dont 200 en Bretagne pendant deux à trois ans. Quant aux 300 pièces nécessaires à la construction de chaque éolienne, elles seront en majorité fabriquées localement, selon le cahier des charges. En revanche, c'est au Havre qu'elles seront assemblées par Areva.
La sous-production électrique bretonne entretenue ?
De son côté, le duo EDF-Alstom, qui a été retenu pour les trois lots de Fécamp, Courseulles et Saint-Nazaire, avance le nombre de 1000 emplois directs - et de 4000 avec les sous-traitants - autour de quatre usines prévues à Saint-Nazaire et Cherbourg. Plutôt rare par les temps qui courent, cela serait la première fois en 30 ans qu'Alstom ouvre une nouvelle usine sur le sol français.
Selon que l'on considère la Bretagne à quatre départements ou bien réunifiée, l'estimation, en terme de retombées, varie donc considérablement : limitée à la seule ferme de la baie de Saint-Brieuc, la Bretagne administrative tire beaucoup moins son épingle du jeu que ses voisins normands et ligériens, alors qu'associée au bassin nazairien, il en est tout autrement. Même en matière de développement des filières éoliennes offshore, et en dépit d'un solide savoir-faire à Brest et Lorient, qui ne bénéficient pour l'heure que de retombées secondaires, la Bretagne part avec l'handicap de sa position périphérique face aux bassins normands et ligériens, pourtant largement dotés en terme de capacité de production énergétique.
MERCI CANALBLOG :-)

Merci à toute l'équipe de Canalblog pour ce petit zoom sur mon ouvrage en rubrique tourisme et voyage...
Les libérés du 9 mai 1945
C'est près d'un an après le débarquement de Normandie que les Allemands capitulent pour de bon, alors qu'ils sont confinés dans les trois derniers foyers de combat à Lorient, Saint-Nazaire et Dunkerque. La reddition de la poche de Lorient est signée le 9 mai 1945 à Caudan, le surlendemain de la signature de la reddition de l'armée allemande à Reims (qui a elle-même fait l'objet d'une seconde signature officielle à Karlshorst, près de Berlin, le 8 mai).
Défendu par 100 000 hommes, le fameux Mur de l'Atlantique, héritage du puissant dispositif de l'Organisation Todt, aura donc tenu jusqu'au bout, au même titre que l'armée allemande en URSS, défaite elle aussi officiellement le 9 mai 1945. En ce sens, le pays de Lorient devrait célébrer l'armistice 1945 le même jour que les Russes.
Cette reddition ô combien tardive rappelle que, près d'un an après la libération de la Normandie ou de Paris, des prisonniers français, issus de la résistance, étaient encore détenus, comme l'illustre cette photo (Droits réservés) de ces combattants FFI de la poche de Lorient, condamnés à mort le 6 décembre 1944 et heureusement libérés le 9 mai 1945.

De nombreux bataillons, pour beaucoup morbihannais et finistériens, ont combattu en Bretagne, en particulier à la bataille de Saint-Marcel, en mai 1944. Le maquis de Saint-Marcel a été, pour ainsi dire, la première bataille "officielle" des Français contre les Allemands après le Débarquement.
Sous la poussée des armées de la Libération, notamment des Américains qui pénétrèrent en Bretagne selon un axe Avranches-Rennes, le commandant de la forteresse de Lorient, le général Fahrmbacher, quitta son quartier général de Pontivy pour se replier avec ses hommes, sur ordre d'Hitler, à Lorient. De là, à compter du 7 août 44, se figèrent les positions dans ce qu'il est convenu d'appeler la poche de Lorient. 26 000 soldats allemands et 20 000 civils français se retrouvèrent coupés du monde. Ponts et routes furent minés sur 50 km, de la Laïta à la frontière finistérienne, jusqu'à la presqu'île de Quiberon.
C'est autour de ce réduit lorientais que se structura la Résistance, organisée sous la houlette des généraux Rollins et Borgnis-Desbordes. Ce furent ainsi 4 000 hommes, essentiellement des FFI et d'anciens maquisards de Saint-Marcel, qui prirent position autour de la poche de Lorient.
Les duels d'artillerie ponctueront la vie des civils enfermés. C'est une dernière canonnade très intense à Guidel, à l'ouest de Lorient le 7 mai 1945, qui précipitera la capitulation de la garnison allemande, dont les stocks en munitions, en l'absence de possibilités de ravitaillement, s'épuisaient.
Le 7 mai à 20 h 12, le cessez-le-feu est signé dans l'actuel Bar breton, à Etel (photo DR), en présence du colonel Joppe, du lieutenant Boulla, des capitaines Villard et Naulleau, côté français, ainsi que du colonel américain Kaeting (à gauche) et du colonel allemand Borst (à droite), représentant le général Fahrmbacher.

La reddition officielle de la poche de Lorient se déroule quant à elle le 9 mai dans un champ de Caudan (nord de Lorient). A gauche, le général américain Hermann Cramer (66e division) accepte l'arme de reddition du lieutenant-général Fahrmbacher, chef des Kriegsmarine commandant la poche de Lorient (photo DR). Cet acte de capitulation se traduit aussitôt par la capture de quelque 26 000 soldats allemands. Il précède de deux jours la capitulation de la poche de Saint-Nazaire à Bouvron, en présence du même général américain Hermann Cramer, qui met définitivement un terme à la campagne de Libération du pays.

KERMINIHY, ERDEVEN, CE SAMEDI MATIN




Sur place, ce samedi, le plan Polmar est déjà déployé. Des dizaines et des dizaines de véhicules de la sécurité civile, des sapeurs pompiers (Eure-et-Loir, Morbihan, Côtes d'Armor, etc), plusieurs équipes de dépollution s'activent sous les allers et venues d'hélicoptères et même d'avions. Le cargo a perdu son fioul qui a souillé plusieurs kilomètres de plage en une fine pellicule. Selon des témoignages, le cargo serait promu à la casse. Il serait en l'occurrence prévu de le débiter sur place, ce qui prendrait entre trois et six mois.
UN PETIT PAS POUR L'HOMME, UN GRAND POUR L'HUMIDITE



LE GUIDE DE LA BRETAGNE INSOLITE ET RELAX

Le guide de la Bretagne insolite et relax, c'est aussi par ici ou par là.
En avant première, un extrait du Guide de la Bretagne insolite et relax.
Un ouvrage passionnant pour lequel j'ai réalisé l'ensemble des textes (224 pages, sélection et traitement des sujets). L'éditeur, Les Editions de la ligne pourpre, développe une approche très singulière alliant textes originaux et illustrations par des dessinateurs professionnels. Pas de photo, donc. Dans le cas présent, l'idée était de proposer un guide touristique complètement novateur axé sur des lieux de vie bretons atypiques et uniques : ça va du musée aux cafés/cabarets en passant par l'hébergement atypique ou les parcs de loisirs et autres découvertes nature.
Parmi eux, des découvertes surprenantes et pour beaucoup très peu voire pas du tout connu des grands médias (je pense au café submersible ou à la traqueuse de phares).
PURE MERVEILLE

Le poète ferrailleur, Lizio. L'univers d'un ancien tailleur de pierre et créateur de chars pour carnavaliers.

Depuis 20 ans, il plante ses grains de folie partout, à La Ville-Stéphant, en plein centre-Bretagne. La soixantaine d'automates faits de récup (brosses à balai, entonnoirs, engrenages, ressors, fourchettes...) ne lui a pas suffi. Il s'atèle à la construction de sept tours façon Alice au pays des merveilles.

Deux ont été réalisées à ce jour, dont une mesure 11,90 mètres. Du fait main, bien entendu...

Il va rejoindre les cent sites surprenants du guide touristique insolite sur la Bretagne que je suis en train d'écrire pour un éditeur de la région. J'aurai l'occasion de vous en reparler très bientôt !



















