20 novembre 2009
L'AUTRE CASSE DU SIECLE
Les élus locaux ne décolèrent pas depuis la présentation courageuse par Nicolas Sarkozy François Fillon du projet de suppression de la taxe professionnelle. En cause ? Le non remplacement (hormis pour l'exercice 2010) de la totalité du produit de cette fameuse TP, principale ressource de nombreuses collectivités.
Mais avant d'aller plus loin, résumons : la taxe professionnelle, payée par les entreprises, est composée de trois parties : une partie assise sur la masse salariale (déjà supprimée il y a quelques années par DSK), une partie assise sur les biens immobiliers (valeurs locatives) et enfin, pour schématiser, une troisième partie sur les équipements (machines outils, etc). Très contestée, unique au monde, elle a de toute évidence un effet pénalisant pour les entreprises, en particulier dans l'industrie. François Mitterrand, en son temps, avait parlé de "taxe imbécile", d'autant que la TP avait été créée par Jacques Chirac en 1975, afin de remplacer la patente.
Ce n'est donc pas tant sa suppression qui heurte aujourd'hui, mais le flou artistique qui règne sur les finances locales. Le président de la République, il faut le dire, n'y est pas allé par quatre chemins, rechignant à remplacer le produit de cette taxe en invoquant la gabegie des élus locaux !
De grâce. Monsieur 8.5 % de déficits publics (contre moins de 3 % à son arrivée) a beau jeu. Les Régions et les Départements sont, de par la loi, formellement tenus d'équilibrer leur budget. Eux. En clair, ils n'ont pas le droit de dépenser plus qu'ils ne gagnent. Ce qui ne les empêche pas, au passage, d'assurer environ 80 % des investissements publics en France...
En transférant depuis plusieurs années des dizaines de milliers de personnels (Atos par exemple) vers les collectivités locales, l'Etat s'est joyeusement défaussé et s'est bien gardé de transférer sur la durée toutes recettes fiscales correspondantes. Résultat : les collectivités locales n'ont pas d'autres choix que d'augmenter les impôts.
S'agissant de la part des régions, par exemple, il est bon de rappeler que leur poids dans le budget des ménages est tout relatif : sur une taxe d'habitation de 500 euros, 0 euro revient à la Région, contre environ 260 euros pour la commune et 130 euros pour le département. Pour une taxe foncière de 500 euros, le montant s'élève en moyenne à une trentaine d'euros contre 250 euros pour une commune et 130 pour le département.
Difficile de ne pas penser qu'en l'espèce, l'Etat cherche à se désendetter à bon compte, sur le dos des territoires, en opérant une recentralisation à peine déguisée. La levée de bouclier des élus locaux contre le très Jacobin Président rappelle les premières heures de la République. A l'heure d'une responsabilisation et d'une autonomie croissante des territoires dans toute l'Europe, ce n'est plus des années de retard que la France accumule. Mais des siècles.
22 octobre 2009
INTERRO SURPRISE, VOUS AVEZ 10 MINUTES
Dans un moment d' ___________, j'ai postulé pour des suppléances en lycée difficile, en HG.
C'est l'_______. Je ne m'attendais pas à ça. Les _____ me parlent de leurs ragnagnas. Les gars pêtent en cours. L'entrée d'une abeille provoque des émeutes. Les tables semblent habitées par des ______ tellement elles bougent toutes seules. A 17 ou 18 ans, ils en sont encore à confectionner des ________ de papier grosses comme ma main au scotch. J'ai vraiment l'impression que les élèves me prennent pour un ___. D'ailleurs, ils me prennent pour un ___. Ils me provoquent. J'aurais dû acheter une tenue de _______ américain et m'équiper, qui sait, d'une ______ de baseball.
Voilà, j'espère que vous allez bien travailler. Sinon, 3 heures de _______ mercredi, OK ?
VERS UN RETOURNEMENT DEMOGRAPHIQUE ?
Explosion démographique au Sud, dépopulation au Nord ? Et si ce schéma bien établi depuis la révolution industrielle du XIXe siècle était en train de basculer ?
Selon le démographe américain Philipp Longmann, " dans le monde entier, on fait de moins en moins d’enfants. La fécondité a diminué de moitié depuis 1972, dégringolant de 6 enfants par femmes à 2,9 aujourd’hui. Et, à en croire les démographes, elle continue de chuter, plus rapidement que jamais. La population mondiale continuera certes d’augmenter – passant des 6,8 milliards actuels à environ 9 milliards en 2050. Mais, à partir de la seconde moitié du siècle, elle amorcera une décrue spectaculaire".
Et de poursuivre : " Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce ne seront pas tant les pays industrialisés que les pays en développement qui donneront l’impulsion à cette transition inédite. Nous savons qu’en Europe la tendance démographique est marquée depuis des années par une baisse de natalité. Pour qu’une société se renouvelle, chaque femme doit mettre au monde 2,1 enfants."
Or, à en croire le rapport démographique de l’ONU pour 2002, en Europe, le taux de fécondité avoisine les 1.5 enfant par femme.
Mais voilà : plusieurs pays, à commencer par la France, viennent contredire l'image dominante d'une décrue inexorable de la natalité dans les pays développés. A la surprise générale, depuis la fin des années 90, la natalité remonte d'une année sur l'autre en France qui est ainsi passée de 1.6 à 2.02 enfants/femme en 2008. Le seuil de renouvellement (2.07) est à portée de main. En descendance finale, il serait même d'ores et déjà atteint. En Europe, seule l'Irlande affiche un tel taux de natalité.
Y-a-t'il là une exception française, comme il y a eu pendant la révolution industrielle du XIXe siècle une autre exception française, inverse cette fois ? Alors que le boum industriel s'est traduit partout en Europe du nord par une chute de la mortalité, tandis que la natalité se maintenait, la France avait vu les deux indicateurs fortement baisser en même temps. Résultat : la France, pays le plus peuplé d'Europe au XVIIIe siècle, avait vu sa population passer de 20 à 40 millions d'habitants en un siècle et demi, tandis qu'elle passait de 3 millions au Royaume-Uni au XVIIIe à... 40 millions en 1900.
Aujourd'hui, la France tiendrait sa "revanche" : à l'horizon 2050, elle pourrait retrouver son rang de pays le plus peuplé d'Europe, tandis que la population de l'Allemagne s'effondrerait de 82 à 75 millions d'habitants. La France pourrait toutefois être rejointe par le Royaume-Uni qui peut compter sur un fort apport migratoire.
Cas isolé que celui de l'Hexagone ? Pas sûr. Cas précurseur, sans doute. Depuis quelques années, un frémissement de la natalité s'opère dans d'autres pays d'Europe : Scandinavie, Pays-Bas, mais aussi, dans une moindre mesure, Espagne.
A l'inverse, certains pays du Tiers monde et nombre de pays émergeants voient leur natalité chuter : ainsi, en Tunisie, celle-ci est-elle passée sous le seuil de renouvellement (1.8 enfant/femme). La chute est tout aussi spectaculaire en Corée du Sud, à Singapour, en Chine, même au Brésil.
Une nouvelle théorie est en train de se faire jour : la natalité baisserait fortement au cours de la phase de développement socio-économique d'un pays, avant de remonter légèrement dans les pays les plus en pointe, où l'indice de développement humain (IDH) est le plus élevé : c'est précisément le cas de la Scandinavie, de l'Islande, de l'Irlande et de la France. La mise en place de politiques sociales très avancées, en particulier en matière de conciliation du travail des femmes avec la vie de famille (structures de garde et d'accueil des enfants, régimes sociaux...), permettrait cette inversion de tendance.
A ce jeu-là, peut-être, quand l'Afrique et l'Asie du sud entreront à leur tour dans la phase de transition économique, verront-nous ainsi la donne totalement s'inverser. A la fin du siècle, les pays développés feraient dès lors légèrement plus d'enfants que les pays du Sud. Et la terre trouverait enfin son équilibre avec, globalement, un niveau de natalité approchant le fameux seuil de renouvellement des générations de part et d'autre.
C'est une hypothèse certes optimiste, mais pas si irréaliste. Les sources de conflits, notamment migratoires, s'en trouveraient apaisées. L'économie mondiale mieux équilibrée.
Après tout, il n'est pas interdit de rêver et d'espérer.
Surtout, il n'est pas interdit de mettre en oeuvre une politique planétaire allant dans ce sens.
Les Etats savent bien le faire quand il s'agit de sauver le système financier...
13 octobre 2009
BACK ON THE WILD SIDE ?
Comment qualifier ces derniers mois, ces dernières années ? Une mue interminable. Une impression, parfois, de se mordre la queue. De faire marche arrière sur certains plans. De brûler des étapes sur d'autres. De garder en toutes circonstances à l'esprit l'essentiel. Mais à force de garder l'essentiel, de laisser tomber parfois, à tort, le superflu. D'avoir fait le vide de l'accessoire. J'ai l'impression, paradoxale, d'avoir soulevé des montagnes tout en butant sur des grains de sable.
26 juillet 2009
Tut... tut... tut...
Allo ?
Oui ?
Ben alors ce nouveau blog ?
Ben... Toujours dans les cartons. La bascule traîne. Le déménagement est plus réel que virtuel. Chaque chose en son temps... Mais je n'oublie pas. Du reste, la blogosphère commence à me tarauder de nouveau, c'est bon signe.
Allez hop, d'ici là, je rouvre les commentaires que je n'aurais pas dû fermer, du reste. Et promets bientôt une note plus complète sur les derniers aléas...
12 octobre 2008
QUINIPILY

Quinipily, Baud (Morbihan). Un nom charmant pour un lieu-dit qui l'est tout autant. Un parc splendide, aménagé sur plusieurs terrasses gigantesques de verdure. Le site surplombe la vallée du Blavet et avait, par ce magnifique temps d'hier, des airs d'Italie : Quinipily a la particularité d'abriter une statue de Vénus de 2.20 m qui trône sur un piédestal au-dessus d'une fontaine, face à la vallée.







