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C'est un cycle de conférence au rythme d'une par mois que propose la Réserve naturelle des marais de Séné à l'Université de Bretagne sud. Les prochaines en date, le mercredi 20 mars, abordent deux thématiques environnementales : L'histoire d'une bouse et Les oiseaux polaires dans un monde en mutation. Elles font suite à une série de conférences sur la biodiversité, sur les grands mamifères ou encore sur les lacs marins entamée à l'automne dernier.

Derrière un titre un brin provocateur, L'histoire d'une bouse, animée par le biologiste et naturaliste Jean-Yves Monnat, explore le cheminement, de l'herbe à l'herbe, de la matière organique végétale. Contrairement à une idée reçue, les herbivores sont mal équipés pour digérer la cellulose, composant essentiel des végétaux et première source d'énergie chez les animaux terrestres. Un pis-aller, en somme ? Cette mauvaise digestion de la cellulose est à l'origine de la production considérable de bouses, de crottes et de crottins contenant des proportions considérables de matière organique encore utilisable...

Autre conférence de ce mercredi 20 mars, Les oiseaux polaires dans un monde en mutation, du chargé de recherche au CNRS Olivier Chastel, explore d'autres limites... géographiques, cette fois. Malgré leur éloignement des centres industriels, les zones polaires font désormais face, en plus du changement climatique, à une menace plus insidieuse: la présence croissante de polluants organiques persistants (pesticides, PCBs) et de métaux lourds (mercure). Dans les régions froides ces contaminants perdurent dans l’environnement pendant des décennies et s’accumulent dans les réserves graisseuses indispensables aux animaux polaires. Dans le cadre de cette conférence, les travaux que Olivier Chastel conduit au Centre d’études biologiques de Chizé sur l’impact des métaux lourds et des polluants organiques persistant sur la reproduction des oiseaux marins polaires aborderont les effets de ces contaminants. Ces recherches sont menées en Arctique, au Spitzberg et dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) avec le soutien de l’Institut polaire français, basé en Bretagne, à Plouzané, près de Brest.

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Rappelons que le Site inscrit du Golfe du Morbihan est le deuxième de Bretagne en superficie après celui des Monts d'Arrée. Créé en 1965, il constitue le plus ancien classement connu sur le secteur. Il couvre 20 000 hectares et englobe tout le golfe du Morbihan exceptée la partie nord de la rivière de Noyalo. Le périmètre actuel, hélas, ne correspond plus à la réalité du terrain, de nombreux secteurs naturels et agricoles ayant été gagnés par l'urbanisation galopante. Un nouveau périmètre est en cours de discussion. Il n'est pas à confondre avec la zone Natura 2000, réseau de sites ayant pour vocation de préserver le patrimoine naturel à l'échelle européenne. Dans le Golfe du Morbihan, les deux dispositifs ont été mis en place et coexistent de manière imbriquée. Aux côtés du plus emblématique Natura 2000, il y a de quoi en perdre son marin entre les ZPS directive oiseaux, les Zones spéciales de conservation, les ZSc directive habitats faune flore...

 

A noter par ailleurs l'existence de chantiers de réhabilitation, à Falguérec, puis à la Réserve naturelle de Séné, les dimanches d'hiver. Les équipes se sont essoufflées progressivement depuis les années 2000. La gestion de la végétation des haies et des prairies demeure un enjeu prioritaire de la réserve : le développement des haies, fourrés ou friches est la source de l'érosion de la diversité floristique et faunistique des prairies. Elle réduit la visibilité sur le marais pour le public et favorise la présence des prédateurs (renards, corneilles...) ce qui perturbe la reproduction des oiseaux.

Le dernier chantier, où il est recommandé de venir avec bottes, gants et outils et pique-nique est encadré et se tient ce samedi 10 mars, dernier rendez-vous de l'année...

Ce tour de l'horizon de l'actualité environnementale dans le Golfe du Morbihan et dans les marées de Séné, plus à l'Est, témoignent d'une prise de conscience croissance dans un secteur considéré parfois excessivement comme une riviera en devenir, dédiée au tourisme. 

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