B u h e z U r V a l a f e n n

Le blog d'un journaliste repenti

25 janvier 2007

UN GÉNOCIDE ? QUEL GÉNOCIDE ?



L'objet de cette note n'est pas politique. Elle n'a pas l'intention de servir un quelconque camp. Mais j'avais juste envie de revenir sur un thème trop souvent caricaturé, largement nourri d'idées reçues.

Il s'agit des guerres de Vendée et du génocide qui en suivit.

Les livres d'école et autres documents officiels ne portent pas forcément le même regard sur ce chapitre de l'histoire de France. La notion de génocide n'est d'ailleurs pas reconnue par l'Etat français. Il a pourtant porté sur plus de 100 000 600 000 victimes, ce qui en fait l'un des plus importants que l'Hexagone ait connu.

Sans revenir sur l'historique de cette insurrection, l'idée est plutôt d'évoquer des faits largement méconnus. Qui sait, par exemple, que le département de la Vendée a été rebaptisé par la Convention "Vendée-Vengé" ? Quels ouvrages officiels ou livres scolaires évoquent-ils par exemple la loi du 1er octobre 1793 qui ordonna l'extermination des "brigands", hommes, femmes, enfants ?

En réalité, l'ordre fut donné de mettre le feu à toutes les habitations des rebelles et de les tuer. Pillages, incendies, viols, massacres... Les armées républicaines ont organisé des représailles à grande échelle : les femmes étaient violées sur des sortes d'autels en pierre érigés bien en évidence sur le bord des routes. Certains témoignages ont fait état de soldats brandissant des enfants transpercés encore accrochés à leurs baïonnettes ou bien d'enfants pendus aux branches des arbres...



Alors, certes, l'histoire officielle a tout de même retenu certaines exactions ( il faut dire difficiles à cacher de par leur ampleur) telles les 4 000 noyades de Nantes, orchestrées par les généraux Turreau et Carrier. A cela, s'ajoutèrent d'autres exécutions à grande échelle : 2 000 Vendéens (dont une moitié de femmes) furent fusillés à Angers ; 1 500 sur l'Ile de Noirmoutier ; 1 800 près de Nantes au Gigant...

Turreau n'en resta pas là et présenta à la Convention le fameux plan d'extermination qui allait voir la mise en place des quelque 24 colonnes connues sous le nom de Colonnes infernales. Dès février 1794, la colonne du commandant Cordellier décima la campagne et tua 563 paysans aux Lucs-sur-Boulogne. En mars, ce sont 1 500 Vendéens qui furent massacrés par la colonne Crouzat. Etc.

Au bout du compte, environ 100 000 civils auraient ainsi été massacrés au nom de la République. Une République qui, rappelons-le, n'a jamais reconnu officiellement ce génocide.

1793-1797, ce n'est pas si vieux.
Pas trop tard encore, pour une reconnaissance. Celle de probables aïeux, car de brèves recherches généalogiques situent ma famille paternelle à Sainte-Florence, près des Herbiers. Mon nom de famille étant un adjectif de langue française peu répandu, il y a de grandes chances pour qu'il ait été attribué à un nourrisson orphelin des guerres de Vendée.

PRÉCISIONS. C'est pire que ce que je pensais. Renseignements pris sur le net et surtout dans le Quid : ce n'est pas 100 000 mais 600 000 victimes (contre 18 000 républicains) :

- 80 000 soldats chouans et vendéens.

- 210 000 civils exécutés.

- 300 000 civils morts de froid et de faim.

A noter que la Convention avait exclu la région vendéenne des lois de la guerre. Prisonniers et blessés étaient ainsi fusillés. Les cadavres n'étaient pas respectés mais envoyés à des tanneries de peau humaine à Meudon et au Pont-de-Cé (!!!).

La capitulation accordant la vie sauve aux combattants de Quiberon n'a pas été respectée et les prisonniers étaient en fait exécutés.

Reynald Secher a démontré que Turreau a appliqué des consignes organisant un authentique génocide (1/3 de la population de la région allant de la Vendée au Morbihan exterminée).

Turreau a été acquitté par un tribunal militaire.

Pas de Nuremberg. Rien. Et la République française s'en lave toujours les mains. Et presque tout le monde s'en fout.

C'est un peu comme si aujourd'hui l'Allemagne minimisait les crimes nazis et ne reconnaissait pas officiellement l'Holocauste.>

Posté par ar valafenn à 14:28 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

POUR UN CENTIME D'EURO...

C'est bien connu : les compagnies pétrolières se saignent les quatre veines pour nous proposer des prix sacrifiés. Les pauvres chéris.

Nan, je rigole.

Parce qu'en fait, je suis bien ingrat : car ce matin, j'ai eu droit à un cadeau royal de ma station service préférée !

Je vous explique. J'arrive à la pompe et je me sers en sans plomb. Mal réveillé, je loupe l'arrondi. Au lieu de prendre 16 euros, je prends 16,01 euros. Le gros nul. Dans ce genre de cas, il n'est pas rare qu'il y ait un type à une autre pompe qui vous regarde avec un air dédaigneux : HAN REGARDEZ-MOI CE BLAIREAU !!! IL A RATÉ L'ARRONDI !!!

Bien conscient de l'énooooorme accès de faiblesse dont je viens de faire preuve, je me pointe à la caisse. Avec uniquement du liquide pour régler mon demi-plein. Je lui présente un billet de 20 euros.

Le caissier, aimable comme s'il venait de subir un contrôle fiscal avec effet rétroactif sur 5 années, me lance : " VOUS N'AVEZ PAS UN CENTIME D'EURO ?????"

- Euh... non.

Et là, le gars me jette quatre pièces d'un euro tout en me lançant un " AU REVOIR ! " ferme et définitif...

Ingrat jusqu'au bout, je suis parti sans le remercier pour ce geste de bonté inconsidéré. Wouaw, putain ! Un centime d'euro de cadeau quand même ! C'est mon jour de chance ! Je vais pouvoir me payer une belle miette de baguette, trop coool !!!



Vous ne viendrez plus vous faire envoyer chier par hasard.

Posté par ar valafenn à 14:22 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LA MATERNELLE, çA NE RIGOLE PAS !



Selon une étude fort instructive de l'Insee parue fin 2006, le niveau d'un élève en maternelle et en CP est six fois plus déterminant que son milieu social dans la suite de sa scolarité.

Voilà qui va à l'encontre de la pensée de certains Gouvernants qui, il y a quelques années, avaient même souhaité s'inspirer du modèle allemand, où l'école n'est pas obligatoire avant 6 ans. En filigrane, leur intention était bien évidemment de réduire drastiquement le nombre d'enseignants.

En réalité, la maternelle s'avère déterminante, en dépit d'une idée reçue persistante, en particulier concernant l'acquisition de la lecture. En effet, pour beaucoup de parents, la vigilance est portée avant tout sur la classe du CP alors que le processus d'acquisition de la lecture démarre en réalité en grande section de maternelle voire en moyenne section.

Les textes officiels ont d'ailleurs élargi il y a quelques années déjà la période d'acquisition de la lecture qui va désormais de la grande section au CE1.

Dans ma famille, je connais un exemple assez révélateur de parents qui ont soudain accentué la pression sur les résultats scolaires de leur rejeton en CP après avoir totalement négligé la maternelle, qui était considérée pour eux comme une garderie améliorée. Résultat, les difficultés d'acquisition de la lecture ont été énormes. Actuellement en CE1, leur fils a toujours beaucoup de mal et risque de redoubler.

Déterminant dans l'acquisition des langues

Il en est de même bien évidemment pour l'acquisition des langues étrangères. La précocité est un facteur clef dans la maîtrise de plusieurs idiomes. Le nombre d'années de pratique n'est pas seulement en cause. Plusieurs études linguistiques ont constaté un basculement du mode d'acquisition vers l'âge de 7-8 ans.

Plusieurs explications à cela : avant 7-8 ans, les enfants raisonnent essentiellement par mimétisme et par tâtonnements. Ils cherchent à reproduire les sonorités entendues. Ils acquierent des habitudes d'apprentissage. De la même manière, au fond, qu'ils ont acquis leur langue maternelle.

Au-delà, l'acquisition tend à passer non plus par la reproduction, mais par le recours à des techniques, à des outils. Ils conceptualisent davantage leurs apprentissages, de manière souvent inconsciente. Plus ils vont avancer dans leur scolarité et plus cette tendance va s'accentuer.

Bien évidemment, les différences entre ces deux groupes d'élèves vont s'avérer considérables. Les premiers vont développer naturellement un accent bien plus proche de la langue étrangère enseignée que les seconds, déjà "prisonniers" de leur référent maternel. L'audace dans la prise de parole va être également sans commune mesure. Parce qu'à 3, 4 ou 5 ans, les enfants n'ont pas la même appréhension du regard des autres, du jugement des autres.

Sept-huit ans ? C'est à peine l'âge à partir duquel on commence à apprendre une langue étrangère en France. L'apprentissage de l'anglais commence à se généraliser au CE2, c'est-à-dire vers l'âge de 8 ans. Précisément après le basculement du mode d'acquisition... Ne parlons même pas de la 6e et encore moins de la 4e ! Il est bien évidemment trop tard. A ce stade, seule une petite minorité d'élèves va développer une bonne maîtrise des langues étrangères.

Tout cela fait bien entendu le succès des filières d'apprentissage alternatives, comme celles en breton, où la langue est enseignée dès la petite section. Outre le breton, la filière Dihun (enseignement catholique français-breton) a même généralisé l'apprentissage de l'anglais dès la moyenne section, qui plus est par une méthode originale (d'origine catalane), très ludique et exclusivement basée sur la reproduction de saynètes de théâtre pour enfants. Mon fils aîné, qui est en MS français-breton-anglais, a donc débuté cette méthode. Outre les progrès déjà impressionnants, c'est surtout le rapport à la langue qui est étonnant : les élèves n'ont tout bonnement pas l'impression de travailler, de rabâcher, mais de jouer. Alors qu'on leur demande d'apprendre trois langues en même temps et donc beaucoup plus de vocables que les monolingues...

Posté par ar valafenn à 14:20 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

GRAND QUIZ D'HIVER

Joyeux Noël et bonnes vacances à tous !

Mais ne partez pas tout de suite... Je vous ai concocté un petit jeu de saison : saurez-vous reconnaître toutes les régions françaises sous la neige ? Allez hop ! Au boulot ! Résultat du concours l'année prochaine !

Nedeleg laouen d'an holl !


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1. Alsace

2. Aquitaine

3. Auvergne

4. Bourgogne

5. Bretagne

6. Centre-Val de Loire

7. Champagne-Ardennes

8. Corse

9. Franche-Comté

10. Ile de France

11. Languedoc-Roussillon

12. Limousin

13. Lorraine

14. Midi-Pyrénées

15. Nord-Pas de Calais

16. Normandie

17. Picardie

18. Poitou-Charentes-Vendée

19. Provence-Alpes-Côte d'Azur

20. Rhône-Alpes

Posté par ar valafenn à 14:17 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

JE REVIENS DE L'AU-DELÀ



Au départ, cela ressemble à un banal ascenseur, devant lequel j'attends, seul.

La porte s'ouvre. Je pénètre dans l'ascenseur.

A l'intérieur : surprise. Je tombe nez à nez avec mon beau père, dont le décès il y a un peu plus de deux ans nous a beaucoup marqué.

Nous restons sans voix, face à face. Les portes se referment. L'ascenseur descend, descend, de plus en plus vite. Au point que nos pieds décollent du sol. Nous restons en lévitation ainsi pendant de longues secondes, sans se parler, comme happés par les entrailles de la terre.

Soudain, l'ascenseur s'immobilise. Nos pieds retouchent le sol, mais sans heurt, tout doucement.

La porte s'ouvre. Elle donne sur d'étranges escaliers métalliques qui semblent descendre encore plus bas. Les lieux ne sont pas sombres, pas inhospitaliers non plus. Une sorte d'entremêlement de poutres et de barres métalliques noyée dans un halo de lumière jaune et rouge.

Mon beau père ouvre alors la conversation par une série de jurons.

Tout va bien. Il est en pleine forme. Egal à lui-même.

Je peux me réveiller. Sereinement. Rassuré.

Posté par ar valafenn à 14:15 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

INITIATION CALENDAIRE

Eh oui, c'est grâce à un calendrier que je me suis initié !

J'avoue.

Et j'assume.

Tout a en fait débuté lors de mon arrivée à Auray.

Je venais de débarquer par le TGV avec un sac de voyage sur l'épaule. Sur le chemin de la gare au journal, j'avais trouvé une petite chambre d'hôtes. Dans le hall, il y avait d'abord eu cette carte de la Bretagne toute en breton avec des sirènes dénudées. J'avais déjà été surpris, attiré par cette affiche aux noms mystérieux : Bro Wened, Bro Gerne, Meurvor, Bro C'hall...

Une heure plus tard, arrivé à mon rendez-vous, c'était en prenant possession de mon bureau provisoire que j'avais véritablement été initié. Déjà émoustillé, j'avais trouvé sur la table, un calendrier en breton en guise de sous-main...

Genver,

C'hwevrer,

Meurzh,

Ebrel...

Fabuleux !

J'étais sous le charme. Je ne sais pas pourquoi. J'ai trouvé ces premiers mots séduisants, énigmatiques, attirants...

Mais le véritable déclic, celui qui m'a poussé à apprendre la langue, fut ce livre touristique, en apparence lui aussi anodin, de l'écrivain Pierre Jakez Hélias, Images de Bretagne (Editions Jos Le Doare). Page 9, un petit lexique de quelque 100 mots bretons usuels m'a tout de suite attiré.

Voilà comment cette initiation a débuté.

Initiation à une langue très poétique, très imagée, surprenante (comme bien d'autres langues, du reste).

Il y a par exemple ce mot : Sizhun (semaine), qui vient de Seizh (sept) et de Hunvre (rêve). Les sept rêves de la semaine...

Il y a encore Merc'heta (courir les filles) que l'on pourrait traduire par "filler", "femmer".

Kazh-koad (écureuil), littéralement Chat des bois.

Koroll, danse.

Diskar amzer (l'automne), littéralement Déclin du temps.

Lipous (gourmand, fin, alléchant).

Milendall (labyrinthe).

Kloched (guillemets).

Grozmolat (gromeler).

Karr tan (voiture), char de feu.

Karr nij (avion), char qui vole.

Kleger, FromfromGirl et Karagar sauraient mieux que moi trouver maints exemples amusants de la beauté, du charme de cette langue qui ne cesse de m'envoûter, depuis mon arrivée en septembre 1998, à Auray (des fesses)...

Posté par ar valafenn à 14:08 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

RÊVE CON


Encore un rêve con. C'est une spécialité chez moi. Genre rêver de mon cousin qui se fait retirer chez le dentiste des défenses d'éléphant à la place des dents.

Cette nuit, j'ai rêvé que je visitais une maison. En fait, je visitais une maison dans la région des Abers après l'avoir déjà achetée. Super malin, n'est-ce pas ? Et je découvrais sur place, horrifié, des fuites partout. Au faîtage, des sortes de ballons de baudruche avaient été placés pour boucher les trous.

Le problème, c'est que cela se dégonflait régulièrement. Du coup, l'agent immobilier allait les regonfler de temps à autre. Il était très doué pour ça : il arrivait à les regonfler en soufflant dessus à 3 mètres de distance...

J'étais super impressionné.

Posté par ar valafenn à 13:54 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

SANTEZ BARBA AR FAOUED

Une fois n'est pas coutume, quittons la côte bretonne, l'Armor, et rentrons un peu dans les terres, dans l'Argoat...

J'ai découvert tout récemment une fabuleuse chapelle dans un cadre tout aussi surprenant, digne d'un paysage à la Tolkien : la chapelle Sainte-Barbe, au Faouët, petite ville située à 30 minutes environ au nord de Lorient, à la frontière finistérienne.



La chapelle Sainte-Barbe est un joyau de la fin du XVe siècle dédiée à la sainte patronne des pompiers. Elle aurait été érigée au flanc d'un rocher, appelé Rochanmar, où le seigneur Jehan de Toulbodou aurait été sauvé de la foudre en invoquant Sainte-Barbe.



La chapelle Sainte-Barbe domine la vallée de l'Ellé. Une vue superbe et surprenante, puisque l'on y accède par en haut. On se trouve alors plus haut que le clocher même du monument.

Autre particularité, une cloche accueille les pèlerins sur le promontoire, face au superbe panorama qui s'offre sur l'Ellé. Il est assez amusant de jouer aux sonneurs... Décollage du sol garanti !

Pour descendre à la chapelle, plusieurs escaliers qui se séparent s'offrent aux visiteurs. Ils permettent tous d'accéder à Sainte-Barbe par des chemins différents.


Posté par ar valafenn à 13:52 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

MES CAUSES PERDUES

Je vous ai parlé récemment de mon incapacité notoire, durant ma prime jeunesse, à attraper la queue de Mickey.

J'ai hélas d'autres causes perdues.

Dans un autre registre, il y a le football. Un seul but marqué à l'école et au collège.

Contre mon camp.

Il faut dire que je n'appréciais guère la méthode employée par le prof de sport de collège (un clone de celui des BD du Petit Spirou) qui consistait à choisir deux chouchous footeux afin de créer les équipes. Chacun leur tour, ces branleurs capitaines tout désignés choisissaient leurs coéquipiers. Inutile de dire que j'étais la plupart du temps le dernier sélectionné. Généralement sous les soupirs du capitaine qui se serait bien passé d'un tel fardeau. Sympa...

Heureusement, il y avait la natation ! A chaque séance, je prenais ma revanche sur mes bourreaux de foot, généralement à bout de souffle dès les premières longueurs !

Plus tard, il y eut aussi l'espagnol. Impossible de m'y mettre, je ne sais trop pourquoi. Je fus contraint de m'y initier en première année d'Ecole de journalisme, à Toulouse. Proximité de l'Espagne oblige, la discipline était obligatoire. J'ai donc commencé l'espagnol à l'âge de 20 ans. Mais malgré son vocable bien souvent proche du français, cette langue est restée pour moi une énigme. C'est du reste à l'espagnol que je dois mes seules carottes de toute ma scolarité.

Mais même avec une impressionnante batterie de carottes griffonnées de façon quasi illisible sur mes feuilles de brouillon, elles ne me permirent d'atteindre que la note fatidique de 10/20 à l'exam de fin de première année. C'était dire l'ampleur des dégâts...


Posté par ar valafenn à 13:50 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

MÉGA GROSSE HONTE

Anecdote révélatrice sur l'état de la démocratie en France, sur la confiscation du pouvoir par notre élite de gérontos masculins.

C'était il y a environ un an à Belle-Ile. Il s'y tenait l'assemblée des Petites îles d'Europe du nord. Une association européenne de lobbying et de promotion rassemblant les îles de Scandinavie, du Royaume-Uni, d'Irlande ainsi que les Iles du Ponant (îles bretonnes+îles vendéennes+île de Ré).

Tout, absolument tout, fut pour moi un supplice. La délégation française était composée de vieux élus totalement hors du coup, baragouinant un anglais plus qu'approximatif, que même Louis de Funès n'aurait pu renier.

Techniquement, c'était pire. Impossible pour eux de faire fonctionner Power Point. C'était trop leur demander. Les jeunes employés de mairie ou de communautés de communes essayaient de rattraper péniblement le coup. Face à eux, dans les gradins de l'amphi du superbe auditorium du Palais (ahhh pour ça, on est très fort en France), les délégations scandinaves ou britanniques se regardaient sourire en coin. Certains étaient même au bord de l'hilarité.

Puis vint leur tour de parler de leurs îles. Contraste. Après nos vieux élus endimanchés, place aux jeunes. Et place aux femmes. Toutes et tous maîtrisant parfaitement leurs dossiers, la technique, l'anglais.

La grosse honte. Je m'enfonce dans mon fauteuil.

Mais le ponpon fut plus tard, quand chaque délégation en vint à présenter ses réalisations concrètes en terme de promotion et de développement de leurs îles.

Tour à tour, les Finlandais Finlandaises évoquent leur lobbying pour que les jeunes ménages qui souhaitent s'installer sur une île puissent obtenir des incitations fiscales. Les Ecossais Ecossaises évoquent leur projet d'éoliennes afin de réduire la dépendance énergétique de certaines îles. Les Irlandais Irlandaises présentent leur création de labels économiques et environnementaux, genre "produit sur l'île d'Aran", "produit à partir de matériaux naturels insulaires", etc.

Puis, vient le tour du directeur de l'asso française.

Le sosie de Jean Schultheis avec la même veste blanche ringarde. Vous savez, celui qui chanta "Confidence pour confidence, c'est moi que j'aime à travers vous...", tube que j'adore soit dit en passant !

Et là, le coup de grâce. L'asso n'a rien, ABSOLUMENT RIEN fait, RIEN à présenter. Le directeur part dans un speech verbeux. Que du vent. Des belles phrases, de grandes idées, de jolis concepts. Mais STRICTEMENT RIEN de concret !!!

Ah si.

L'asso a créé un poste de directrice directeur.

Posté par ar valafenn à 13:49 - Archives 20sixièmes... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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